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Tome quatorzième.
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etiam invito domino , il demeure dès cet ins-tant libre de l’obligation quil avoir con-tractée , laquelle passe avec le fonds, à celuiqui y succédé.

L'hommage lige au contraire magis cohx-ret personce quam patrimonio ; 8c quoique laligence affecte le fonds, qui par la premiereérection y a été assujetti, le poíleffeur quis’en est fait investir, fe charge personnelle-ment du devoir de vastal lige ■ il y affectetous ses autres biens fans jamais pouvoir s’enaffranchir, non pas même en quittant le fieslige , ne pouvant jamais le faire fans le con-sentement de son seigneur,

Il y a aussi cela de particulier dans l'hom-mage que l’on rend pour un fief lige , quecet hommage , à chaque fois qu il est ren-du , doit être qualifié & hommage lige ; c’estpourquoi à chaque nouvelle réception enfoi, le vassal devoir en signe de sujétionmettre ses mains jointes en celles de ionseigneur, 6c ensuite être admis par lui aubaiser.

Les auteurs ne font pas trop d’accord furl’étymologie de ce mot lige.

Les uns ont écrit que le fies étoit appellélige à ligando , parce que le vastal étoit lié àson seigneur féodal, lui jurant & promettantune fidélité toute singulière. Jason, deusib.feud. n. 108,

D’autres, tels que Matheus , fur la décìsgog de Guypape , ont avancé que le fieslige avoir pris ce nom de l’effet 6c de lafuite des obligations fous lesquelles il avoirété originairement donné , en ce que ceuxqui s’en faifoient investir, étoient soumisëc engagés à des conditions plus onéreusesque celles qui étoient attachées aux fiessimples.

D’autres encore ont tenu que ce termelige venoit de la forme particulière qui ferendoit pour ces fortes de fiefs , savoir, queles pouces du vastal étoient liés 6c ses mainsjointes entre celles de son seigneur ; .opinionque Ragueau, au mot hommage lige , traiteavec raison de ridicule.

Quelques-uns ont soutenu que le mot ligetiroir ion origine de la ligne 6c confédéra-tion que quelques personnes font ensemble,en ce que les seigneurs 6c les vassaux fe li-guoient 6c confédéroient par ferment les unsaux autres; 6c fur ce fondement les fendisses

F I E

allemands prétendent que les fiefs liges ontcommencé en Italie, 6c qu’ils ont été ainsiappelles a lìga , mot itahen, qui selon euxsignifie ligue ; opinion que Dargentré paroîtavoir adoptée après Albert Krantz : maisBrodeau fur Paris, art. Ixiij , dit que lìga estun ancien mot françois, qui signifie collìga-tionem , pacem & confederationem , une ligue.

Mais il est constant que lìga n’est ni ita-lien ni françois ; une ligue en italien, c’estlega. D’ailleurs l’origine des fiefs liges nepeut venir d’italien , puisque les constitutionsnapolitaines, quoique postérieures en partieaux usages des fiefs , ne parlent point defiefs liges.

Le mot lìga n’est pas non plus gaulois;car les fiefs liges n’ayant commencé à êtreconnus que bien avant dans le xij e siecle,comme on le prouvera dans un moment,i! est aise de çonnoître par les auteurs de cetemps , que leur langage n’étoit point thiois.

Quelques-uns ont encore voulu tirer lemot lige du grec , à quoi il n’y a

aucune apparence , la langue grecque n’étantpas alors astez familière pour en tirer cetredénomination.

S. Antonin , fous l’an 1214, écrivant lamaniéré dont S. Jean d’Angely fe rendità Louis VIII, dit que l’abbé Ôc les bour-geois rendirent la ville au roi, ei ligam ex-hibent es fidelitatem. Le jésuite Maturus ex-plique ce mot liga par obficquium : mais S.Antonin qui vivoit jufqu’au milieu du xv esiecle, n’a parlé que fur la foi de Vincentde Beauvais, en son miroir historial, ou sousl’an 1224; il dit en parlant du même fait,legitimam façkntes ei fidelitatem ; ainsi oule texte a été corrompu, ou c’est une abré-viation qui a été mal rendue.

Parmi tant d’opinions controversées , lapremiere qui fait venir le mot lige à ligando ,paroît la plus naturelle.

Pour ce qui est de l’origine des fiefs liges ,ou du moins du temps où ils ont commencéà être qualifiés du surnom de liges ,1’époquen’en remonte guere plus haut que dans le xij esiecle, vers l’an 1130.

En ester, il n’en est fait aucune mentiondans les monumens qui no us restent dutemps des deux premières races de nos rois,tels que la loi lalique, les formules de Mar-culphe , 6c celles des auteurs anonymes ; ni