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dans les ouvrages de Grégoire de Tours ,Frédégaire , Nitard , Thegan , Frodoard ,Aymoin, Flodoard ; ni même dans les ca-niculaires de Charlemagne , de Louis leDébonnaire & de Charles le Chauve, quoi-que les usages des fiefs , tant simples que dedignité , qui se pratiquoient alors en France,& les devoirs réciproques des seigneurs ôcdes vassaux, y íoient assez détaillés.
On ne voit même point que les termesde lige , lígmce Ôc ligdté , fussent encore usi-tés fous les quatre premiers roi de la troisièmerace, dont le dernier, qui fut Philippe I,m®urut en 1108.
. Fulbert, chancelier de France , élevé àl’évêché de Chartres en iccy, Sc que l’ona regardé comme un homme consommédans la jurisprudence féodale de son siecle,ne parle point des fit f s liges dans ses épîtres,quoique dans plusieurs il traite des fiefs, ôcnotamment dans la 101 e . qui comprend enabrégé les devoirs réciproques du vassal & duseigneur.
Les fragmens des auteurs qui ont écritfous Henri I ôc fous Philippe I, n’en disentpas davantage, non plus que Yves, évêquede Chartres fous Philippe I &c fous Louisle Gros. Sugger , abbé de Saint - Denis ,n’en dit rien dans la vie de Louis leGros, ni dans les mémoires qu il a laissésdes choses les plus importantes qui fe fontpassées de son temps , quoiqu’il y donneplusieurs éclairciííemens fur les usages desfiefs.
On trouve dans le livre des fiefs un cha-pitre exprès de feudo ligio ; mais il est eslen-tiel d’obferver que ce chapitre n’est pointde Gérard le Noir, ni de Obertus de Horto.Ces deux jurisconsultes , qui vivoient vers lemilieu du xij e siecle , ne font auteurs quedes trois premiers livres des fiefs , dans les-quels il n est rien dit du fief lige.
Le chapitre dont on vient de parler ,fait partie du quatrième livre, dans lequelon a ramassé les écrits de plusieurs feudistesanonymes; & par les constitutions qui yfont citées de Frédéric I, dit Barberouffe ,qui tint l’empire jufqu’en 1190, il paroîtque ces auteurs ne peuvent être au plutôtque de la fin du xij* siecle, ou du com-mencement du xiij e ; aussi Dumolin fur l’an-tienne coutume de Paris , Z. 1, gl. 5 , n.
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IX , dit que ce mot lige est larharius feudo ;qu’il étoit encore inconnu du temps dès li-vres des fi fis , ôc qu’il fut ensuite introduitpour exprimer qu’on fe rejidoit homme d’unautre.
Il y a lieu de croire que la dénomination& les devoirs du fi fi lige furent introduitsd'abord en France ; que ce fut fous le régnéde Louis VI, dit le Gros , lequel régna de-puis l’an 1108 juíqu’en 1137.
Ce prince fut obligé de réprimer 1 ’in-íolence des principaux vaílaux de la cou-ronne, leíquels refufoient absolument de luifaire hommage de leurs terres ; ou s’ils'luiprêtoient ferment de fidélité, il fe mettoier.cpeu en peine de l’enfreindre, s’imaginantêtre libres de s’en départir, íelon que leursintérêts particuliers ou ceux de leurs alliéssembloient le demander.
Ce fut fans doute le motif qui porta Louisle Gros à revêtir l’hommage de solemnitésplus rigoureuses que celles qui avoíent étépratiquées jufqu’alors , ôc d’obiiger sis va sitaux de fe reconnoître sis hommes liges; d’oùleurs fiefs furent appellés fiefs liges , pour lesdistinguer des fiefs simples subordonnés àceux-ci, dont aucun n’avoit encore la qua-lité ni les attributs de fief lige.
C’est aussi probablement ce que l’abbéSugger a eu en vue , lorfqu’il a parlé desprécautions singulières que Louis le Grosprit pour s’assurer de la fidélité de Foul-ques , comte d’Anjou : l’hommage fut suivide sirmens réitérés, on donna au roi plu-sieurs otages ; & dans fhommage lige faiten 1190 par Thibaut, comte de Champa-gne , à Philippe - Auguste , le ferment futfait sor l’hostie & sor l’évangile : plusieurspersonnes qualifiées fe rendirent aussi avecferment, cautions de la fidélité du vassal,jufqu’à promettre de fe rendre prisonniersdans les lieux spécifiés, au cas que dansle temps convenu le vassal n’amendât passon manque de fidélité , & d’y garder,prison jufqu’à ce qu’il l’eût réparé. Enfinle comte fe soumit à la puissance ecclésias-tique , afin que fa terre pût être mise eninterdit fi-tót que le délai feroit expiré, s’iln’avoit amendé fa faute.
Cette formule d’hommage étant toutenouvelle , ôc beaucoup plus onéreuse quela formule ordinaire, il fallut un nom par-