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nous en occuperons, lorsque nousáurons ditun mot des efpeces suivantes.
La secondeespece est indigène du Levant:elle y forme un grand arbre ; ses feuilles fontlarges, semblables à celles du mûrier noir ;elle procure un ombrage salutaire dans cescontrées brûlantes : c’est le vrai sycomore oufiguier de Pharaon. Le fruit croît sur le troncSc sur les plus grosses branches, contre l’or-dre commun , les autres arbres le portantfur les mêmes branches : il est de la grosseurdes figues ordinaires , mais peu estimé.
La troisième espece croît naturellementdans l’Inde ; elle formé un arbre qui s’élevefur un tronc boiseux , à une hauteur consi-dérable. Ce tronc se divise en nombre debranches menues ; les feuilles ressemblent àcelles du peuplier noir ; elles font d’un verd-clair Sc attachées par d’aflez longs pétioles.Le fruit naît fur le dessus des branches ; ilest petit Sc rond , Sc n'est de nulle valeur.Cet arbre est sacré dans l’Inde ; personnen’ose l’y détruire : quelques-uns 1 appellentl'arbre de Dieu des Indes. Le culte renduaux arbres est de k plus haute antiquité : oncroyoit que la divinité habjtoit singulière-ment fous les voûtes des forêts ; le silence yrégné au loin ; il n’est interrompu que parles vents , qui frémiflent dans les ondes deleur feuillage. Au sein de leurs ombres im-posantes , la méditation prend un caractèregrave qui éleve l’ame vers la divinité ; c’estde cette maniéré qu'elle y réside en effet,puiíquelle s’y manifeste. De cette idéepremière on a paíle à d’autres idées moinsvraies : de-là ces chênes, qui rendoient desoracles à Dodone; de-là les Dryades, Ama-dryades , Sec. Voye^ Pline , chapitre des ar-bres sacrés : Lucain, dans fa belle descriptionde la forêt deMarseilie , & le Tasse, danscelle de la forêt enchantée.
La quatrième espece s’éleve for plusieurstiges, à la hauteur de trente ou quarantepiés : c es tiges se divisent en nombre debranches qui poussent des racines de leurpartie inférieure : k, plupart de ces racinesplongent fosqu’à terre Sc s enfoncent dans lefol -, de forte que cet arbre forme, aux lieuxoù il çroîr naturellement, un tissa impéné-trable , par l’enkcement de ses branches Scde ses racines. Les Indiens & les Baniansferment, des branches de cet arbre, desTuait X1K
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arcades régulières, & posent au-dessous leurspagode» : voilà leur temple. Les feuilles fontépaisses & unies ; le fruit est petit Sc rond ; iln’est de nul usage.
La cinquième espece habite les deux In-des ; elle y forme un arbre qui atteint for untronc boiseux, à la hauteur de quarantepiés : les feuilles ont environ six pouces delong for deux de large , ôc se terminent enpointe obtuse ; elles sont d’un verd obseur& unies par le destus ; mais le défions estd’un verd tendre & veiné : le fruit en estpetit & mauvais. Les branches dc cer arbrepoussent des racines de leur partie inférieure( fans doute de leur insertion ) , qui vontquelquefois gagner la terre : cela prouve quecette partie est en général bien propre àpousser des racines ( Voye^ Bouture. ) Ilseroit très-intéreflant d’examincr si les racinesqui ne gagnent pas la terre font de quelqueutilité à ces arbres , Sc si elles font pourvuesde suçoirs capables de pomper les partiesnutritives de l'air. Il seroit bon aussi de cou-per toutes les racines des branches d’un dcces figuiers , on verroit s'il en est affbibli parle haut, & par conséquent si ces racines su-périeures contribuent à l’açcroiísemenc dcses branches ; enfin il faudroit s’afiurer si lesracines inférieures & naturelles ont k mêmegrosseur Sc la même étendue que celles desarbres de k même taille, Sc s’il n’y a pasdans leur constitution Sc dans celle des vais-seaux féveux , quelqu'organisation particu-lière qui s’oppose à lelan de k seve.
Le Figuier n°. 6 croît dans les Indes occi-dentales ; il s’éknce à trente ou quarantepiés, Sc se divise en nombre de branche*déliées , qui poussent des racines ainsi que kprécédent : les fouilles ont huit ou neufpoucesde long for deux de large ; elles se termineuren pointe : le fruit est petit , rond , bleu , Scn'est pas mangeable.
L’espece n*. 7 est indigène de l’Indc ; elley forme un petit arbre qui s’éleve à vingt-cimfpiés : les feuilles font ovales Sc pointues Scd’un verd luisant : le fruit est petit ; il naîcen grappes des cotés des branches Sc ne f#mange point.
Lç figuier n?. 8 est originaire des mêmescontrées ; ce n’est qu’un buisson à branchestraînantes, qui poussent des racines de leursjoints comme les coulons du fraisier : le»
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