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Tome quatorzième.
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feuilles ont deux pouces & demi de long ,deux de large , &c se terminent en pointe ;elles sont d'un verd luisant : le fruit est petitôc n'est pas bon à manger.

Le figuier n°. y est un petit arbre qui atteintfur un tronc vigoureux ôc droit à vingt piesde haut : les feuilles font larges, ovales, roi-des ; elles ont environ quatorze pouces delong fur un pié de large ; elles font d uneconsistance épaisie , très-douces autoucher,arrondies par le bout, 8 c dentées vers lepétiole ; le dessus est d'un verd luisant ; ledesious est de couleur glauque ou verd demer : il croît naturellement dans l'Inde.

La dixieme efpece est une production desIndes occidentales ; ce figuier s'éleve à vingtpiés de haut ; les branches font couvertesd’une écorce blanche ; les feuilles font d’unverd brillant par le dessus, ôc d'un verd pâtéen dessous : les fruits font d'un pourpreobscur , naiílent vers les bouts & aux côtésdes branches, où ils font attachés immédia-tement ; ils font environ de la forme & de lagrosseur d'un gros pois gris, ôc ne font pasmangeables.

Toutes ces eípeces fe multiplient aisémentde marcottes, de boutures ôc de rejets, ôcdemandent le traitement qui convient auxplantes de leurs climats respectifs. Les bou-tures fe font en été : il faut les laisier expo-sées à l’air dans un endroit ombragé pendantdeux ou trois jours , afin de sécher la cou-pure , fans quoi elles pourriroient. Peut-êtreue cette précaution feroit essentielle à l'égardes boutures de mûriers & de tous les arbresdont il exsude du lait, des résines ou une feveabondante.

Nous allons maintenant nous occuper desfiguiers dont les fruits font bons à manger.

Pline, livre XIII, chapitre 7 , parle denotre figuier n°. %. Miller dit que son fruitest peu estimé ; mais Pline en fait plus decas : nous ne pouvons nous empêcher derapporter ce qu’il en dit de plus essentiel ; ladescription qu'il en donne est entièrementsemblable à la nôtre. Sa figue, dit cet au-teur , est très-douce j elle n'a point de grainsau-dedans ( ceci demande d’être vérifié Leest fort difficile à croire) : pour la faire mû-rir , il faut la gratter avec des ongles de fer.( Cette efpece de caprification feroit fort sin-guliers , si elle écoit indispensable pour la

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maturation d’un fruit qui croît fous le climatqui lui est propre. ) Ce fruit mûrit quatrejours après cette opération, ôc l’on trouveen le cueillant un second fruit qui commenceà pousser fous celui qui est mur (ne feroit-cepas plutôt à côté ; ). On en fait ainsi jusqu asept cueillettes par an. Si faute d'être grattéil ne mûrit point, le fruit nouveau ne laissepas de pousser quatre fois en été fous celuiqui n'est pas mûr. Cette obscurité de Plinesemble éclairer ce passage : il me paroît qu’ilen résulte que ce figuier rapporterait de lui—même quatre récoltes de figues mûres pen-dant l’été ; ôc qu’au moyen d'uhe opérationqui hâte fa maturité , il en rapporte sept.Nous observerons que cette méthode , quis'est pratiquée diversement, est de la plushaute antiquité. Le prophète Amos piquoitdes figues sauvages, ôc c'étoit un de fes mé-tiers , chapitre 7 , verset Z 4. On trouve dansla traduction de M. de Saci, qu’il en man-geoit, ôc non qu'il les piquoit. Le mot hé-braïque a-t-il pu produire une pareille équi-voque ? Continuons d’extraire Pline. Lebois du sycomore ( c’est toujours le figuierd’Egypte n°. çc ) est des plus utiles : il a celade particulier , que dès qu’il est coupé , onle met dans les étangs ( c'est ainsi que s'ex-prime notre nouveau traducteur) , ôc quec'est là fa maniéré de sécher : d’abord il vaau fond, mais quand il est sec il nage furl’eau , de maniéré que cet élément qui hu-mecte tous les autres bois , suce au contrairecelui dont nous parlons ( on conçoit qu’ilpeut le sucer ; mais que l’eau ne remplace pasla feve en s’insinuant dans fes canaux , c'estfur quoi nos physiciens doivent prononcerd'après l’expénence ). Lorfqu'il commence ànager fur l'eau, c’est une marque qu'il estbon à mettre en œuvre. L'arbre qu’on ap-pelle , dans l’ifle de Crète figuier de Chypre( c’est toujours Pline qui parle ) , reílemble,juíqu'à un certain point, au sycomore ; car ila ion fruit attaché au tronc & aux grosses, branches ; mais il poulie des bourgeons fansaucunes feuilles ; la racine est semblable àcelle du peuplier , & sir feuille à celle del'orme ( quelle contradiction ! 11 est dit plushaut qu’il pousse des bourgeons fans aucunesfeuilles -, ne peut-on pas entendre , par cetteexpression du texte , sed & germina emìttitsine ullissoliis , qu’il pousse les germes oa