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Tome quatorzième.
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cicns du Nord de retour à Parts, crurent en1739 qu'il étoit nécessaire de faire quelquescorrections au degré de M, Picard, qu’ilsavoient déja réduit à 5692.5 toises. Voiciquelle étoit leur raison. La mesure de cedegré en général dépend, comme on sa déjadit, de deux observations, celle de la diffé-rence entre les hauteurs d’une étoile obser-vées aux deux extrémités du degré, 8c cellede la distance géographique entre les paral-lèles tracés aux deux extrémités du degré.On ne doutoit point que cette derniere distance n’eût été mesurée très-exactement parM. Picard ; mais on n’étoit pas aussi fur de^observation céleste : quelqu exact que fùtcet astronome, il ignoroit, ainsi qu'on fadéja remarqué, quelques mou ve mens obser-vés depuis dans les étoiles fixes ; il en avoirnégligé quelques autres. ainsi que la réfrac-tion : d’ailleurs les instrumens astronomi-ques modernes ont été portés à un degré deprécision qu’ils n’avoient pas de son temps.On recommença donc l’observation de l’am-plitude de l’arc céleste compris entre lesdeux extrémités du degré de Paris à Amiens ;& en conséquence au lieu de 57060 toisespour ce degré, on en trouva 57183 : ce de-gré nouveau, plus grand que M. Picard nel’avoit trouvé, étoit toujours beaucoup pluspetit que celui du Nord, 8c l’applatissementde la terre subíistoit : mais cet aplatisse-ment étoit un peu moindre que de 173 à174; il étoit de 177 à 178 , toujours néan-moins dans l’hypothese de la terre elliptique.

En 1740, ceux qui avoient soutenu d’a-bord l’alongement de la terre, ayant eu oc-casion de vérifier la base qui avoir servi à lamesure de M. Picard, prétendirent que cettebase étoit plus courte de près de six toisesque M. Picard ne l’avoit trouvée ; 8c en con-séquence admettant la correction faite àl’amplitude de l’arc de M. Picard par les aca-démiciens du Nord , ils fixerent le degré deM, Picard à 57074 toises ì , à 14 toises prèsde la longueur que M. Picard lui avoir don-née; ainsi les deux erreurs de M. Picarddans la mesure de la baie 8c dans celle del’arc céleste, formoient, selon eux, une es-pece de compensation.

Cependant plusieurs académiciens doutè-rent encore que M. Picard se fut trompé sur(k Me, M, de la Condamne nous paroît j

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avoir très-bien traité cette matière dans famesure des trois premiers degrés du méridien .,art. xxix , pag. Z4.6 &• suiv. Il ne croit pointque l’erreur de M. Picard, si en effet il y ena une, vienne , comme le pense M. Bou-guer , de ce que cet astronome avoir peut-être fait sa toise d’un -A-Z trop courte : sa rai-son est que la longueur du pendule à Paris,déterminée par M. Picard , différé à peinede ri de ligne de celle que M. de Mairan atrouvée dans ces derniers temps. Cela posé,on ne sauroit douter que la toise des deuxobservateurs n’ait été exactement la même jor la toise de M. de Mairan est aussi la mêmequi a servi à la mesure des degrés fous l’é-quateur & fous le cercle polaire, 8 c lamcmequ’on a employée pour vérifier en 1740 labase de M- Picard. Mais d’un autre côté M.Caísini a vérifié cette base jusqu’à cinq fois,& en différons temps, 8 c l’a toujours trou-vée plus courte de 6 toises que M. Picard.Plusieurs autres moyens directs 8 c indirects,dont M. de la Condamine fait mention,ont été employés pour vérifier cette base, 8 con l’a toujours trouvée plus courte de 6 toi-ses. M. de la Condamine soupconne quel’erreur de M. Picard, s’il y en a une , peutvenir, i°. de la longueur des perches de boisqu’il employoit , & dans laquelle il a pu íèglisser plusieurs erreurs fur lesquelles on étoitmoins en garde alors qu’on ne l’est aujour-d’hui; a°. de la maniéré dont on lesposoitsur le terrein. C’est un détail qu’il faut voirdans ion livre, 8 c auquel nous renvoyons,ne prenant point encore de parti fur l’erreurvraie ou finisse de M. Picard, jusqu’à ce quecette erreur soit constatée ou justifiée pleine-ment , comme elle le sera bientôt.

Cette incertitude sur la longueur du degréde M. Picard , rendoit nécessairement très-incertair.e la quantité de l’applatissement de laterre ; car en supposant la terre un sphéroïdeelliptique , on a vu qu’on pouvoit déterminerpar la mesure de deux degrés de latitude,la quantité de son applatissement ; & l’onn’avoit alors que deux degrés de latitude ,celui du Nord & celui de France , dont ledernier (chose très-singuliere) étoit beaucoupmoins connu que le premier après 80 ansde travail, la différence entre les deux va-leurs qu’on lui dounoit, étant de près de n»vises,