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elle 1 eût été , quand elle eût pris la figureque cette hypothèse demandoit, est-il biencertain quelle l’eût conservée ; Pour ne pointdissimuler ni diminuer la force de cette ob-jection , appuyons-la encore avant que d'enapprécier la valeur, par la réflexion suivante.La fluidité du sphéroïde demande une cer-taine régularité dans la disposition de sesparties, régularité que nous n "observons pasdans la terre que nous habitons. La sur-face du sphéroïde fluide devroit être ho-mogène ; celle de la terre est composée departies fluides & de parties solides, diffé-rentes par leur densité. Les bouleversemensévídens que la surface de la terre a essuyés,bouleversemens qui ne font cachés qu’à ceuxqui ne veulent pas les voir (& dont nousn’avons qu'une soibte , mais triste image ,dans celui que viennent d'éprouver Quito,le Portugal & l'Affique ), le changementévident des terres en mers & des mers enterres, Passablement du globe en certainslieux , son exhaussement en d'autres , toutcela n'a-t-il pas dû altérer considérablementla figure primitive ? ( Voye[ Géogra-phie physique , Terre , Tremble-ment de Terre , &c. la géographie deV arenius , & le premier volume de Vhistoirenaturelle de M. de Buffon). Or la figure pri-mitive de la terre étant une fois altérée , 8cla plus grande partie de la terre étant solide,qui nous assurera quelle ait conservé aucunerégularité dans la figure ni dans la distribu-tion de ses parties ? Il seroit d’autant plusdifficile de le croire , que cette distributionsemble, pour ainsi dire , frite au hazarddans la partie que nous pouvons connoîtrede i'intcrieur & de la surface de la terre ?La circularité apparente de l'ombre de laterre dans les éclipses de lune , ne prouveautre chose sinon que les méridiens &l'équareur font à peu près des cercles ; or ilfaut,que l’équateur soit exactement un cer-cle , pour que les méridiens soient sembla-bles. La circularité apparente de l'ombrene prouve point que les méridiens soientdes cercles exacts, puisque les mesures ontprouvé qu’ils n’en sont pas ; pourquoi prou-veroit-elíe la circularité parfaite de ['equa-teur? Les mêmes hauteurs du pôle observées,après avoir parcouru des distances égalessous différais méridiens, en partant de la.
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même latitude, ne prouvent rien non plus,puiíqu'il faudroit être certain qu'il n’y apoint d'erreur commise ni dans la mesureterrestre , ni dans ['observation astronomi-que ; or l’on fait que les erreurs sont inévi-tables dans ces mesures & dans ces opéra-tions. Enfin les réglés de la navigation quidirigent d’autant plus sûrement un vaisseau,qu’elles sont mieux pratiquées , prouventfeulement que la terre est à peu près sphé-rique , 8c non que l’équareur est un cercle.Car la pratique la plus exacte de ces réglésest elle-même sujette à beaucoup d'erreurs.
Voilà les raisons fur lesquelles on se fonde,pour douter de la régularité de la terreque nous habitons, 8c même pour lui don-ner une figure irréguliere. Mais n’y auroit-ilpas d'autres inconvéniens à admettre cetteirrégularité ? La rotation uniforme & cons-tance de la terre autour de son axe, ne sem-ble-t-elle pas prouver (comme l’onr déjaremarqué d’autres philosophes) que ses par-ties sont à peu près également distribuéesautour de son centre ? Il est vrai que ce phé-nomène pourroit absolument avoir lieu dans['hypothèse de la diífimilitude des méridiens,8c de la densité irréguliere des parties denotre globe ; mais alors l’axe de la rotationde la terre ne pafferoit pas par son centrede figure , & le rapport entre la durée desjours & des nuits à chaque latitude , neseroit pas tel que ['observation 8c le calculle donne ; ou si on vouloit que l’axe derotation passât par le centre de la terre,comme les observations semblent le prouver,il faudroit supposer dans les parties irrégu-lieres du globe un arrangement particulier ,dont la symmétrie seroit beaucoup plus singu-lière & plus surprenante, que la similitude desméridiens ne pourroit l'être, fur tout si cettesimilitude n’étoitque très-approchée, commeon le suppose dans les opérations astrono-miques , 8c non absolument rigoureuses.
D’ailleurs les phénomènes de la préceCsion des équinoxes, fi bien d’accord avec['hypothèse que les méridiens soient sembla-bles , & que ['arrangement des parties de laterre soit régulier , ne scmblent-ils pas prou-ver qu'en ester cette hypothèse est légitime ?Ces phénomènes auroient-ils également lieu,si les parties extérieures de notre globe étoiencdisposées fans ordre 8c fans loi ? Car la pré-