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j ai fait voir enfiii qu’en supposant le spué- 1roïie fluide Sc hétérogène, 8c les couchesde niveau ou non , il poarroit très-bien êtreen équilibre fans avoir la figure elliptique ;Sc j’ai donné l’équation qui exprime la figurede íes différentes couches.
Ce n’est pas tout. J’ai supposé que dansce sphéroïde les méridiens ne fufíent pas sem-blables , que non-seulement chaque couchey différât des autres en densité, mais quetous les points d’une même couche diífé-raílent en densité entr’eux ; & j’enseigne laméthode de trouver l’attraction des partiesdu sphéroïde dans cette hypothèse si géné-rale; méthode qui pourroit être sort utiledans la fuite , si la terre se trouvoit avoir eneffet une figure irréguliere. Il ne nous resteplus qu’à examiner cette derniere opinion,Sc les raisons qu’on peut avoir pour la soute-nir ou pour la combattre.
M. de Buffon est le premier (que je sache)qui ait avancé que la terre a vraisemblable-ment de grandes irrégularités dans fa figure ,Sc que ses méridiens ne font pas semblables.Voye ç hijì. nat. tom. I, p. i 6 y & suiv, M. dela Condamine ne s’eft pas éloigné de cetteidée dans l’ouvrage même où il rend comptede la mesure du degré à l’équateur , png.2.6ÌÌ. M. de Maupertuis qui l'avoit d’abordcombattue dans ses élémens de géographie,semble depuis l’avoir adoptée dans ses Lettresfur le progrès des sciences ; enfin le P. Bof-covich , dans f ouvrage qu’il a publié en1775 fur la mesure du degré en Italie ,non feulement penche à croire que les méri-diens de la terre ne font pas semblables ,mais en paroît même afîez fortement con-vaincu, à cause de la différence qui se trouveentre le degré d’Itaiie 8 c celui de France àla même latitude.
Il est certain premièrement que les obser-vations astronomiques ne prouvent point in-vinciblement la régularité de la terre Sc lasimilitude de ses méridiens. On suppose à lavérité dans ces observations que la ligne duzénith ou du fil à-plomb (ce qui est la mêmechose) passe par l’axe de la terre ; quelle estperpendiculaire à l’horizon ; Sc que le méri-dien , c’est-à-dire , le plan où le soleil sitrouve à midi, & qui passe par la ligne dezénith, paílè aussi par laxe de la terre 3 mais.
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j*ai prouve dans la troisième partie de mesrecherches fur le fyfifme du monde ( Sc je croisavoir fait le premier cette remarque) , qu'au-cune de ces suppositions n’est démontréerigoureusement, qu’il est comme impossiblede s’aífurer par l’observation de la vérité dela premiere 8 c de la troisième , Sc qu’il estau moins extrêmement difficile de s’asiurtrde la vérité de la seconde. Cependant il fautavouer en même temps que ces trois suppo-sitions étant astèz naturelles, la feule diffi-culté ou l’impoísibilité même d’en constaterrigoureusement la vérité, n’est pas une raisonpour les proscrire, sur-tout si les observa-tions n’y font pas sensiblement contraires.La question íè réduit donc à savoir, si lamesure du degré faite récemment en Italie ,est une preuve suffisante de la difsimilitudedes méridiens. Cette difsimilitude une foisavouée , la terre ne seroit plus un solide derévolution ; Sc non-seulement il demeure -toit très-incertain si la ligne du zénith paílèpar l’axe de la terre, Sc si elle est perpendi-culaire à l’horizon , mais le contraire seroitmême beaucoup plus probable. En ce cas ladirection du fil à-plomb n’indiqueroit pluscelle de la perpendiculaire à la surface de laterre, ni celle du plan du méridien ; l’ob -servation de la distance des étoiles au zénithne donneroit plus la vraie mesure du degré ,Sc toutes les opérations faites jufqu’à préfet) cpour déterminer la figure de la terre Sc lalongueur du degré à différentes latitudes,seroient en pure perte. Cette question ,comme l’on voir, mérite un sérieux exa-men ; envisageons - la d’abord par le cotéphysique.
Si la terre avoit été particulièrement fluideSc homogène , la gravitation mutuelle deses parties , combinée avec la rotation autourde son axe , lui eût certainement donné laforme d’un sphéroïde applati, dont tous lesméridiens eussent été semblables : si la terreeût été originairement formée de fluides dedifférentes densités , ces fluides cherchantà se mettre en équilibre entr'eux , fe seroientaussi dispofës de la même maniéré danschacun des plans qui auroient paílè par l’axede rotation du sphéroïde, Sc par conséquentles méridiens eussent encore été semblables.Mais est-il bien prouvé, dira-t-on , que laterre ait été originairement fluide ; 8 c quand