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Tome quatorzième.
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par le ministère de France, qui a déja faitplus qu aucun autre pour la déterminationde la figure de la terre.

Au reste , en attendant que l’observationdirecte du pendule, ou la mesure immé-diate des degrés nous donne à cet égardles connoissancesqui nous manquent ; l’ar.a-logie, quelquefois si utile en physique , pour-roit nous éclairer jusqu a un certain pointfur l’objét dont il s’agit, en y employantles observations de k figure de jupiter. L’ap-pktissernent de cette planète observé dèsl’an r666 par M. Picard , avoir dé j a faitsoupçonner celui de la terre long-temps avantqu’on s’en fut invinciblement assuré par kcomparaison des degrés du Nord & de France.Des observations réitérées de cette mêmeplanète nous apprendroient aisément si sonéquateur est circulaire. Pour cela il suffiroitd’observer l’applatissement de jupiter dansdifférens temps. Comme son axe est à peuprès perpendiculaire à son orbite , & parconséquent à l’écliptique qui ne forme qu unangle d'un degré avec ['orbite de jupiter,il est évident que si l’équateur de jupiterest un cercle, le méridien de cette planète,perpendiculaire au rayon visuel tiré de iaterre, doit toujours être le même, & qu'ainsijupiter doit paraître toujours également ap-plati, dans quelque temps qu’on 1 observe.Ce seroit le contraire , si les méridiens dejupiter étoient dissemblables. Je fais que cetteobservation ne sera pas démonstrative parrapport à 1a similitude ou à la diííìmilitudedes méridiens de la terre. Mais enfin si lesméridiens de jupiter se trouvoient sembla-bles , comme j’ai lieu de le soupçonner parles questions que j’ai faites ià-dessus à untrès-habile astronome , on seroit , ce mesemble , assez bien fondé à croire , au dé-faut de preuves plus rigoureuses , que la terreaurait aussi ses méridiens semblables. Carles observations nous prouvent que la sur-face de jupiter est sujette à des altérationsfans comparaison plus considérables & plusfréquentes que celles de la terre, voye^ Ban-des , &c. or si ces altérations n'influoient enrien fur 1a figure de l’équateur de jupiter,'pourquoi la figure de l’équateur de k terreieroit-elle altérée par des mouvemens beau-coup moindres ?

Mais quand on s’assureroit même par les

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moyens que nous venons d’indiquer, queles méridiens font sensiblement semblables ,il resterait encore à examiner si ces méri-diens ont k figure d’ume ellipse, Jusqu’ici lathéorie n’a point donné formellement l’ex-ciulion aux autres figures ; elle s’est bornéeà montrer que la figure elliptique de la terres’accordoit avec les loix de l’hydrostatique :j’ai fait voir de plus, je le répete,dansktroisième partie de mes recherches fur le sys-tème du monde , qu’il y a une infinité d’au-tres figures qui s’accordent avec ces loix,fur-tout si on ne suppose pas la terre homo-gène. Ainsi en imaginant que le méridiende 1a terre ne soit pas elliptique , j’ai donnédans cette même troifiume partie de mes re-cherches , une méthode aussi simple qu’onpeut le desirer , pour déterminer géographi-quement & astronomiquement fans aucunehypothèse, k figure de la terre , par la me-sure de tant de degrés qu’on voudra de lati-tude & de longitude. Cette méthode estd’autant plus nécessaire à pratiquer , quenon-seulement la théorie , mais encore lesmesures actuelles , ne nous forcent pas àdonner à k terre la figure d’un sphéroïdeelliptique, car les cinq degrés du Nord, duPérou, de France , d’Italie, Sc du Cap, nes’accordent point avec cette figure : d’unautre côté les expériences du pendule s’ac-cordent assez bien à donner à k terre lafigure elliptique , mais elles la donnent plusapplade que de 4° : enfin ce dernier apla-tissement s’accorde assez bien avec les cinqdegrés suivans , celui du Nord, celui du Pé-rou , celui du Cap, le degré de France sup-posé de 57185 toiles, & le degré de lon-gitude meíuré à 45* zz' de latitude; maisle degré de France lupposé de 57074 toises,comme on le veut aujourd’hui, & le degréd’Italie , dérangent tout.

M. le Monnier cherchant à lever une par-tie de ces doutes, a entrepris de vérifier denouveau la base de M. Picard, pour pros-crire ou pour rétablir irrévocablement le de-gré de France fixé par les académiciens duNord à 57185 toises.

Si ce degré est rétabli, alors ce seroit auxastronomes à décider jusqu a quel point I’hy-pothèse elliptique seroit ébranlée par le degréd’Italie , le seul qui S'éloignerait alors decette hypothèse, Sc même de l’applatisse-

ment