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qu’on doit chercher l’origine da style figuré;Sc dans l’imitation, la source du plaisir qu’ilnous cause.
Pourquoi les mêmes pensées nous parais-sent - elles beaucoup plus vives quand ellesfont exprimées par une figure , que si ellesétolent enfermées dans des expressions toutessimples} Cela vient de ce que les expressionsfigurées marquent, outre la chose dont ils’agit, le mouvement & la passion de celuiqui parle, Sc impriment ainsi l'une Sc l’au-tre idée dans 1 esprit; au lieu que l'expressionsimple ne marque que la vérité toute nue.Par exemple , si ce demi-vers de Virgile,ufque adeò ne mori miferum ? étoit expriméfans figure , de cette forte , non efl ufque adeòmori miferum , il auroit fans doute beaucoupmoins de force. La raison estquelapremiereconstruction signifie beaucoup plus que laseconde ; car elle exprime non - seulementcette pensée, que la mort n'efipas un fi grandmal que l'on s’imagine , mais elle représentede plus l’idée d’une personne qui se raiditcontre la mort, Sc qui l’envisage sans effroi ;image beaucoup plus vive que n’est la penséemême à laquelle elle est jointe : il n’est doncpas étrange quelle frappe davantage, parceque l’ame s’instruit par les images des véri-tés , mais elle ne s’émeut guere que par Li-mage des mouvemens.
Au reste les figures, après avoir tiré leurpremiere origine de la nature, des bornesd’un langage simple , & de la grossièretédes conceptions, ont contribué dans la fuiteà l’ornement du discours, de même que leshabits, qu’on a cherché d’abord par la né-cessité de se couvrir, ont avec le temps servide parure. La conduite de l’homme a tou-jours été de changer ses besoins & ses néces-sités en parade & en luxe , toutes les foisqu’il a pu le faire. Les figures devinrent l’or-nement du discours, quand les hommes eu-rent acquis des connoitfances affez étenduesdes arts & des sciences , pour en tirer desimages qui, fans nuire à la clarté , étoientaussi riantes, aussi nobles, aussi sublimesque la matière le demandoit. Enfin, commeon abuse de tout, on crut trouver de gran-des beautés à surcharger le style d’ornemens ;pour lors le fond ne devint plus que l’ac-ceíloire , Sc l’art tomba dans ía décadence.
Il est certain néanmoins que l’emploi des
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figures bien ménagé , décore le discours,l’anime, le soutient, lui donne de 1 éléva-tion , touche le cœur, réveille l’esprit, 1 e-branle & le frappe vivement. La poésie sur-tout est en possession de s’en servir, elle adroit d’en étendre l’usage plus loin que laprose ; elle peut enfin personnifier noble-ment les chose inanimées. Aristote, Ccéron,Quintilien , Longin ; Sc , pour nommer en-core de plus grands maîtres , le goût Sc legénie , vous apprendront l’art de placer lesfigures , de les diversifier , de les multiplierà propos, de les cacher, de les négliger, deles omettre, &c. Tout cela n’est point demon sujet ; je me contenterai seulement deremarquer que comme les figures signifientordinairement avec les choses , les mouve-mens que nous ressentons en les recevant Scen parlant, on peut juger affez bien par cetteréglé générale, de l’usage que l’on doit enfaire, Sc des sujets auxquels elles font pro-pres. U est visible qu’il est ridicule de s’enservir dans les matières que l’on regarde d’unœil tranquille , Sc qui ne produisent aucunmouvement dans l’esprit ; car puisque lesfigures expriment les mouvemens de notreame , celles que l’on met dans les sujets oùl’ame ne s’émeut point, font des mouve-mens contre nature, Sc des eípeces de con-vulsions. (M. le chevalier DE Jaucourt.)
Figure , terme de rhétorique , de logi-que & de grammaire. Ce mot vient de fingere,dans le sens à’efformarc, componere , former,disposer , arranger. C’est dans ce sens queScaliger dit que la figure n’est autre choiequ’une disposition particulière d’un ou deplusieurs mots : nihil alìud efi figura quamtermini aut terminorum difpofitio. Seal. exercit.Ixj, c. j. A quoi on peut ajouter, i°. quecette disposition particulière est relative àl’état primitif Sc pour ainsi dire fondamentaldes mots ou des phrases. Les différens écartsque l’on fait dans cet état primitif, Sc lesdifférentes altérations qu’on y apporte , fonrles différentes figures de mots Sc de pensées.C’est ainsi qu’en grammaire les divers modesSc les différens temps des verbes supposenttoujours le thême du verbe, c’est - à-dire lapremiere personne de l’indicati-f; tott», estle thême de ce verbe. Ainsi les mots Sc lesphrases sont pris dans leur état simple , lors-qu’on les prend selon leur premiere destina-