464 F I G
&c. il faut suppléer, dit Donat, is eunu-chus ; Pythias a dit eunuchum quem , parcsqu’elle avoir dans l’esprit dedijìi eunuchum ;enim ad dedijìi verbum retulit , dit Donat. Ily a deux propositions dans tous ces exem-ples ; il doit donc y avoir deux nominatifs :si l’un n’est pas exprimé , il faut le suppléer,parcs qu'il est réellement dans le sens ; Lcpuisqu’il n’est pas dans la phrase , il faut letirer du dehors , dit Donat , ajfumcndumextrinjècàs , pour faire la construction pleine :ainsi dans les exemples ci-deíTus, l’ordre esthcec urbs , quam urbem flatuo , ejì vejìra. Illeager , quem agrum vir habet , tollitur. Ille eu-nuchus , quem eunuchum dedijìi nobis , quasturbas dédit. Il en est de même de l'exem-ple tiré du prologue de l’Andrienne de 1e-rencc , populo ut placerent quas fecijfet fabu-las , la construction est ut fabules , quas fa-bulas fecijfet , placerent populo.
Ce qui fait bien voir la vérité & la fécon-dité du principe que nous avons établi aumot Construction , qu’il faut toujoursréduire à la forme de la proposition toutesles phrases particulières Sc tous les membresd’une période.
L’autre figure dont les grammairiens fontpiention avec aussi peu de raison , c’ést l’é-nallage , , permutatio. Le simple
changement des cas est une antiptose ; maiss’il y a un mode pour un autre mode quidevoir être selon l'analogie de la langue, s’ily a un temps pour un autre , ou un genrepour un autre genre , ou enfin s’il arrive àun mot quelque changement qui paroissecontraire aux réglés communes , c’est unénallage ; par exemple , dans l’Eunuque deTérence , Thrason qui venoit de faire unprésent à Thaïs , dit , magnas vero agere gra-tias Thaïs mihi , c’est-là un énallage, disentles commentateurs, agere , est pour agit ;mais en ces occasions on peut aisément fairela construction selon l’analogie ordinaire ,en suppléant quelque verbe au mot fini ,comme Thaïs tibì visa est agere, 5cc. ou cré-pit , ou non cejfat. Cette façon de parler parl’infinitif, met faction devant les yeux danstoute son étendue , & en marque la conti-nuité ; le mode fini est plus momentané :'ç’est aussi ce que la Fontaine , dans la fabledes deux rats, dit ;
FIG
Ze bruit cesse , on fe retire ,
Rats en campagne aujfi-tôt ,
Et le citadin de dire ,
Achevons tout notre rôt.
c’est comme s’il y avoir, & le citadin nece soit de dire ,fe mit h dire , &c. ou pourparler grammaticalement, le citadin fit l’ac-tion de dire. Et dans la premiers fable duliv. VIII , il dit :
Ainsi , dit le Renard , ù flatteurs d*applaudir.
la construction est les flatteurs ne cejferentd*applaudir , les flatteurs firent Vaclion d’ap-plaudir .
On doit regarder ces locutions commeautant d’idiatifmes consacrés par l’usage ; cesont des façons de parler de la constructionusuelle 5c élégante , mais que l’on peut ré-duire par imitation & par analogie à la formede la construction commune , au lieu derecourir à de prétendues figures contraires àtous les principes,
Au reste, inattention des copistes, 8çsouvent la négligence des auteurs mêmes,qui s’endorment quelquefois , comme on lçdit d’Homere , apportent des difficultés quel’on feroit mieux de reconnoître commeautant de fautes , plutôt que de vouloir ytrouver une régularité qui n’y est pas. Laprévention voit les choies comme elle vou-drait quelles fussent ; mais la raison ne lesvoit que telles quelles font.
Il y a des figures de mots qu'on appelletropes st. cause du changement qui arrive alorsà la signification propre du mot ; car tropevient dugrec, , converfio, changement,transformation ; t?ì m , verto. In tropo estnatives fignificationis commutatio , dit Marti-nius : ainsi toutes les fois qu’on donne à unmot un sens différent de celui pour lequel Ua été premièrement établi, c’est un trope.Ces écarts de la premiere signification damot íè font en bien des maniérés différen-tes , auxquelles les rhéteurs ont donné desnoms particuliers. Il y a un grand nombrede ces noms dont il est inutile de charger lamémoire ; c’est ici une des occasions où l’onpeut dire que le nom ne fait rien à la chose :mais il faut du moins connoître quel’expretsion est figurée , & en quoi elle est figurée:par exemple, quand le duc d’Anjou, petit-