F I G
fils dê Louis XIV 3 fut appelle à la couronned’Espagne , le roi dit, il n y a plus de Pyré-nées ; personne ne prit ce mot à la lettre &dans le sens propre : on ne crut point quele roi eût voulu dire que les Pyrénées a voientété abymées ou anéanties ; tout le mondeentendit le sens figuré , il n’y a plus de Py-rénées , c’est-à-dire , plus de séparation, plusde divisions , plus de guerre entre la France &l’Espagne ; on íè contenta de saisir lc sensde ces paroles ; mais les personnes instruitesy reconnurent une métaphore.
Les principaux tropes dont on entend sou-vent parler , font la métaphore , 1 allégorie,l’alluiion, l’ironie , le sarcasme, qui est uneraillerie piquante & amere, irrìfio amaru-lenta , dit Robertson ; la catachreíe , abus,extension ou imitation , comme quand ondit ferré d*argent , aller a cheval sur un bâ-ton ; l’hyperbole , la synecdoque, la méto-nymie , l’eupliémisme qui est fort en usageparmi les honnêtes gens, & qui consiste àdéguiser des idées désagréables , odieuses ,tristes ou peu honnêtes , fous des termesplus convenables &c plus décens. L’ironie estun trope ; car puisque l’ironie fait entendrele contraire de ce qu’on dit, il est évidentque les mots dont on fe sert dans l’ironie, neíbnt pas pris dans le sens propre & primitif.Ainsi , quand Boileau , satyre IX, dit :
Je le déclare donc , Quinault es un Virgile ,
il vouloir faire entendre précisément le con-traire. On trouvera en sa place dans ce dic-tionnaire , le nom de chaque trope particu-lier , avec une explication suffisante. Nousrenvoyons aussi au mot Trope , pour parlerde l’origine , de l’usage & de l’abus destropes.
Il y a une derniere forte de sgures demots, qu’il ne faut point confondre aveccelles dont nous venons de parler ; \ts figuresdont il s’agit ne íbnt point des tropes, puis-que les mots y conservent leur significationpropre. Ce ne sont point des figures de pen-sées , puisque ce n’est que des mots qu’ellestirent ce qu’tlles font ; par exemple, dans larépétition , le mot se prend dans fa signifi-cation ordinaire ; mais si vous ne répétezpas le mot, il n’y a plus défiguré qu’on puisseappeller répétition.
U y a plusieurs fortes de répétitions aux-Tvme XIV.
F I G 4<5y,
quélle? les rhéteurs ont pris la peine de don.ner assez inutilement des noms particuliersIls appellent climax , lorsque le mot est ré-pété , pour passer comme par degrés d’uneidée à s une autre : cette figure est regardéecomme une figure de mots, à cause de larépétition des mots, & on la regarde commevent figure de pensée, loríqu’on s’éleved’unapensée à une autre : par exemple , aux dis-cours il ajoutait les prières , aux prières lessoumissions , aux fourni [fions les promesses , &c.
La synonymie est un assemblage de motsqui ont une signification à peu près sembla-ble , comme ces quatre mots de la secondeCatilinaire de Cicéron : abiit , excej/ìt ,eva-fit , erupìt ; “ il s’est en allé , il s’est retiré,il s’est évadé, il a disparu Voici quelquesautres figures de mots.
L'onomatopée, ivcwnm/x , c’est la trans-formation d’un mot qui exprime le son dela choie ; , nomen , & mií» , sacio ;
c’est une imitation du son naturel de ce quele mot signifie , comme le glouglou de labouteille , 8i en latin , bilbire , bìlbit ampho -ra, la bouteille fait glouglou ; tinnitus asris ,le tintement des métaux , le cliquetis desarmes, des épées ; le trictrac, qu’on appeUloit autrefois ticlac , forte de jeu ainsi nom-mé , du bruit que font les dames , & les désdont on fe sert. Taratantara , le bruit de latompette ; ce mot se trouve dans un ancienvers d’Ennius, que Servius a rapporté :
At tuba terríbili sonitu taratantara dixit .
Voyez Servius Jur le gog vers du IXliv.de /'Enéide. Boubarì, aboyer , íe dit desgros chiens ; mutire , íè dit des chiens quigrondent : mu canum efi undè mutire , ditChorisius.
Les noms de plusieurs animaux font tirésde leur cri : upupa, une hupe ; cuculus, qu’onprononçoit coucoulous , un coucou , oiseau ;hirundo, une hirondelle ; ulula , une chouet-te ; bubo , un hibou ; graculus , une especeparticulière de corneille.
Paranomafie , ressemblance que les motsont entr'eux; c’est une espece de jeu de mots :amantes sunt amentes , les amans font insen-sés. ha. figure n’est que dans le latin , com-me dans cet autre exemple, cum leclum petisde letho cogita , “ pensez à la mort quandvous entrez dans votre lit
M n n