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Tome quatorzième.
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adversaires ; il en délibéré avec eux , il lesprend pour juges , pour leur faire mieuxsentir qu’ils ont tort.

L’énumération ou distribution, qui con-siste à parcourir en détail divers états , di-verses circonstances Sc diverses parties. Ondoit éviter les minuties dans 1’énumération.

La concession , par laquelle on accordequelque chose pour en tirer avantage : vousêtes riche , serves-vous de vos richesses ; maisfaites-en de bonnes œuvres.

La gradation , lorsqu on s’éleve commepar degrés de pensées en pensées , qui vonttoujours en augmentant : nous en avons faitmention en parlant du climax, káÍ/&Z > échel-le, degré.

La suspension, qui consiste à faire atten-dre une pensée qui surprend.

Il y a une figure qu’on appelle congeries ,1assemblage ; elle consiste à rassembler plu-sieurs pensées Sc plusieurs raisonnemens serrés j

La réticence consiste à paster sous silencedes pensées que Ion fait mieux connoître parce silence, que si on en parloir ouvertement.

L’interrogation , qui consiste à faire quel-ques demandes, qui donnent ensuite lieud'y répondre avec plus de force.

L’interruption , par laquelle l’orateur in-terrompe tout-à-coup son discours , pourentrer dans quelque mouvement pathétiqueplacé à propos.

Il y a une figure quon appelle optatio ,souhait ; on s'y exprime ordinairement parces paroles : ha , plût à Dieu que , &c. fiassele ciel ! puiffig- vous !

L'oblécration , par laquelle on conjureíes auditeurs au nom de leurs plus chersintérêts.

La périphrase , qui consiste à donner àune pensée , en l'exprimant par plusieursmots , plus de grâce Sc plus de force qu'ellen'eti auroit si on l’énonçoit simplement enun leul mot. Les idées accessoires que l’onsubstitue au mot propre, sont moins seches6c occupent l’imagination. C’est le goût,ce font les circonstances qui doivent déciderrentre le mot propre Sc la périphrase.

L'hyperbole est une exagération , soit enaugmentant ou en diminuant.

On met aussi au nombre dts figures l’ad-miration Sc les sentences, Sc quelques autresfaciles à remarquer.

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Les figures rendent le discours plus insi-nuant , plus agréable , plus vif, plus éner-gique, plus pathétique ; mais elles doiventêtre rares Sc bien amenées. Il faut laisser auxécoliers à faire des figures de commande.Les figures ne doivent être que l’effet dusentiment Sc des mouvemens naturels, 6c1 art n’y doit point paroître. V. Élocution.

Quand on a cultivé un heureux naturel,& qu’on s’est rempli de bons modelés , onsent ce qui est décent, ce qui est à propos,Sc ce que le bon sens adopte ou rejette. C’esten ce point , dit Horace , que consiste l’artd’écrire ; c’est du bon sens que lts ouvra-ges d’esprit doivent tirer tout leur prix. Eneffet pour bien écrire , il faut d'abord unsens droit :

Scribendireclì , sapere c fl princìpium Sc fions.

Hor. de arte po'èt. v. JOq.

. ... Laissons d l’Italie

De tous ces traits hriìlans Véclatante folie:

Tout doit tendre au bon sens .dit

Boileau.

Les honnêtes gens font blessés des figuresaffectées.

OJfcnduntur enim quibus efl cquus & pater& res,

Nec fil quid firiclì cìceris probat , aut nucisemtor

JEquis accipiunt animis , donant ve coronâ.

Hor. de arte poët, Zp8.

Aimcpdonc la raison , ajoute Boileau; quetoujours vos écrits

Empruntent d’elle feule ù leur luflre &leur prix.

Figure est aussi un terme de logique. Pourbien entendre ce mot , il faut se rappellerque tout syllogisme régulier est composé detrois termes. Faisons connoître par un exem-ple ce qu’on entend ici par terme. Suppo-sons qu’il s’agisse de prouver cette proposi-tion , un atome est divisible ; voilà déja deuxtermes qui font la matière du jugement,l’un est sujet, l'autre est attribut : atome estappellé le petit terme , parce qu’il est le moinsétendu , il ne se dit que de Y atome ; aulieu que divisible est le grand terme , pircequ’il se dit d’un grand nombre d’objets , ila une plus grande étendue.

Si la personne à qui je veux prouver queN n n 1