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Les jeunes gens aiment ces sortes de figu-res ; mais il faut se ressouvenir de ce queMolière en dit dans le Misantrope.
Ce fiyle figuré dont on fuit vanité,
Sort du bon car acier t & de la vérité.
Ce nejlquejeux de mot s,qu’officiât ion pure,Et ce n’ejlpoint ainsi que parle la nature.
Voici deux autres figures qui ont du rap-port à celles dont nous venons de parler :l’une s’appelle fimiliter cadens , c’est quandles différens membres ou incises d’une pé-riode finissent par des cas ou par des tempsdont la terminaison est semblable.
L’autre figure qu'on appelle fimiliter defi-nens , n’est différente de la précédente , queparce qn’i! ne s’y agit ni d’une ressemblancede cas ou de temps : mais il suffit que lesmembres ou incises aient une désinencesemblable , comme facere fortiter , & vi-vere turpiter. On trouve un grand nombred’exemples de ces deux figures : ubi amatur,non laboratur , dit S. Augustin ; “ quand legoût y est, il n’y a plus de peine ».
Il y a encore l'isocolon , c'est-à-direLégalité dans les membres ou dans les inci-ses d'une période ; ce mot vient de ,égaie , Sc xaÁif , membre ; lorsque les diffè-re n s membres d’une période ont un nom-bre de syllabes à peu près égal
Enfin observons ce qu'on appelle poíy-fynieton , ’rólim } de rtztï.vs , multus,tvi, cum , Sc nu , ligo , lorsque les mem-bres ou incises d'une période ion t jointsensemble par la même conjonction répétée :ni les caresses , ni les menaces , ni ks sup-plices , ni les récompenses , rien ne le ferachanger de sentiment. Il est évident qu’il n'ya en ces figures , ni tropes m. figures depenfees.
Il nous reste à parler des figures de pen-sées ou de discours que les maîtres de l'àrtappellent figures de sentences , figuras fenten-tiarum , sckemata ; , firme , habit,
habitude , attitude ; , habeo , Sc ,
plus usité.
Elles consistent dans la pensée, dans lesentiment , dans le tour d’esprif ; en forte'que l'on conserve Xo. figure, quelles que soientles paroles dont on fê sert pour L'exprimer. '
Les figures ou expressions figurées ontchacune une forme particulière qui leur est
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propre , 8c qui les distingue les unes des au-tres ; par exemple l’antithèse est d.stlnguée> des autres maniérés de parler -, en ce que lesmots qui forment l'antithefe ont une signi-fication opposée l’une à l'autre , commequand S. Paul dit : " on nous maudit, Scnous bénissons ; on nous persécute, Sc noussouffrons la persécution ; on prononce desblasphèmes contre nous , Sc nous répondonspar des prières ». I, car. c. iv, v. iz.
“ Jesus-Christ s’est fait fils de l’homme,dit S. Cyprien , pour nous faire en fa n s deDieu ; il a été bleue pour guérir nos plaies ;il s est fait esclave , pour nous rendre libres;il est mort pour nous faire vivre ». Ainsiquand on trouve des exemples de ces sortesd’oppoíïtions, on les rapporte à l’antithefe.
L'apostrophe est différente des autres figu-res ; parce que ce n'est que dans l’apostro-phe qu’on adresse tout d'un coup la paroleà quelque personne présente ou absente : cen'est que dans la prosopopée que l’on faitparler les morts, les absens, ou les êtres ina-nimés. Il en est de même des ttutïtsfigu-res ; elhcs ont chacune leur caractère parti-culier , qui les distingue des autres astem-blages de mots.
Les grammairiens Sc les rhéteurs ont faitdes classes particulières de ces différentesmaniérés, Sc ont donné le nom de figuresde pensées à celles qui énoncent les penséessous une forme particulière qui les distingueles unes des autres , & de tout ce qui n'estque phrase ou expression.
Nous ne pouvons que recueillir ici lesnoms des principales de ces figures , nousréservant de parler en son lieu de chacuneen particulier : nous avons déja fait mentionde l'antithefe , de l'apostrophe , & de laprosopopée.
L’exclamation ; c’est ainsi que S. Paul ,après avoir parlé de ses foibleffes, s’écrie tmalheureux que je fuis , qui me délivrera dece corps mortel ? Ad Rom. cap. vif,.
L'épiphoneme ou sentence courte , parlaquelle on conclut un raisonnement.
La description des personnes , du lieu xdu temps.
L'incerrogation , qui consiste à s’interro-ger soi-même & à se répondre.
La communication , quand l'òrateur ex-pose amicalement ses raisons à ses propres