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par petites poignées d'un quarteron ou en-viron , on les iie très-iâches dans le milieupar une ficelle un peu forte, pour les pou-voir manier Sc remuer dans l’eau fans lesmêler. Après avoir imbibé d'eau toutes lespoignées , il.faut les mettre dans un vaisseaude bois ou de pierre , de la même façonqu’on met tremper ciu fil dans un cuvier. Onremplit ensuite le vaisseau d'eau où on laissele chanvre pendant plusieurs jours s’humec-ter 6c fe pénétrer autant qu'il faut pour endissoudre la gomme. Trois ou quatre jourssuffisent pour cette opération ; après quoi ilfaut tirer toutes les poignées parleurs ficelles,les tordre Sc les laver à la riviere pour lespurifier autant qu'il est possible de l'eau bour-beuse & gommée dont elles sortent : quandelles font ainsi dégorgées,on les rapporte chezfoi > êc on peut alors les battre fur une plan-che pour achever de diviíer toutes les partiesqui soroent encore restées trop enderes. Pourcet ester, on étend sor un banc de bois fort£c solide chaque poignée de ce chanvre ,après en avoir tait couler la ficelle , on latrappe dans toute fa longueur avec la tran-che d'un battoir ordinaire de blanchisseuse ,jusqu’à ce que les pattes Sc têtes les plusépaisses soient suffisamment divisées. Il nefaudroit pourtant pas battre avec excès cha-que poignée ; les fibres qui fe trouveroienttrop diviiées , ne conterveroient point assezde force pour résister aux peignes; 6c c'estune de ces attentions que la feule expériencepeut faire connoître. Il y a même tout Heude croire qu'en laissant le chanvre assezlong - temps dans l'eau pour obtenir la di-vision des fibres par la feule dissolution,on pourrait absolument fe dispenser de lebattre.
Après ce léger travail qui est cependantle plus long , il faut relaver à l'eau courantechaque poignée en la prenant bout pourbout, & l’on volt alors le succès de tout cetappareil. Toutes les fibres du chanvre ainsibattu fe divisent dans l’eau , fe lavent, sedégagent les unes des autres, Sc paraissentaussi parfaitement dressées que si elles avoientdéja passe dans le peigne ; plus l’eau est ra-pide , vive & belle, plus les fibres fe blan-chissent Sc fe purifient. Torique le chanvreparaît assez clair Sc entièrement purgé de fac/asse, pn le tire de l’eau le plus eu largeur
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qu'il est possible ; puis on le met sor uneperche au soleil égoutter Sc sécher.
Si cette méthode ne paraît pas assezprompte à ceux qui ne s'embarrasseroient pasde la dépense , ou qui trouveroient ces opé-rations trop pénibles dans les lieux où il ìí’ya pas d’eau courante, ils pourront employerles lessives ordinaires de cendres , soit qu’oales faste exprès, ou qu on veuille profiter decelles que l’on fait asiez souvent pour le linge.M. Marcandier qui a fait diverses expé-riences fur cet objet, & qui a reçu les ob-servations de quelques particuliers égalementzélés pour le bien public , a reconnu que laì gomme du chanvre , qu’on auroit bien laitI dégorger auparavant, n’est point contraireau linge avec lequel il fe trouverait mêlé,
1 qu’il lufHroit feulement de mettre une cou-j che de belle paille d’environ deux pouces1 d’épaisseur au fond du cuvier, pour filtreri & purifier l’eau dont cette paille retiendrait! Sc la bourbe 6c la gomme. Par cette légere1 précaution , les sels de la lessive ainsi dégagésexercent toute leur activité fur le chanvreou fur le linge que l’eau pénétré ; Sc l'on nes'est point apperçu qu’il s’y soit trouvé au-cune tache. On sent aisément que la chaleurde l’eau 6c l’alkali des cendres doivent opé-rer une dissolution bien plus prompte quecelle qui ne fe feroìt qu’à l’eau froide ; maisil ne fera pas moins nécessaire de battre lechanvre qui resterait encore trop entier , &de le laver au moins pour la derniere foisdans une eau courante 6c belle, pour le pur-ger totalement de l’eau de lessive 6c de fagomme.
De cette maniéré , les fibres du chanvre,comme autant de brins de soie, fe dégagent,fe divisent, fe purifient, s’afhnent, 6c ,feblanchissent, parce que la gomme qui étoicle seul principe de leur union , érak aussicelui de leur crasse , 6c des différentes cou-leurs qu’on volt au chanvre. Il a même paradans les expériences qu’on a faites, que lechanvre le plus noir 8c le plus rebuté , étoitcelui qui acquérait la plus grande perfectiondans les opérations de la nouvelle méthode.
Quand le chanvre est une fois bien sec ,on le plie avec précaution , en le tordant unpeu, pour que les fils ne puissent pas fe mêlerdavantage ; on le peut alors donner au chan-Yietu j pour en tirer le plin ou filajfe. Il iie