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Tome quatorzième.
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FIL'

verbe, toutes ces expressions seroient fausse-ment appliquées à J. C. car il faut bien con-sidérer quilles lui font appliquées en tantqu'il est Fils de Dieu ; donc elles caracté-risent sa filiation : or ce n’est pas une filiationfondée fur la génération éternelle du verbe;donc c’est une filiation d’adoption pure &nullement naturelle, à moins qu'on neveuille regarder comme fils naturel un purhomme qui recevroit deDieusexister.ee horsdes voies ordinaires de la génération ; doncJ. C. n est pas Fils de Dieu au sens propre &naturel, comme l'entendent les catholiques.

Le P. Berruyer remarque d'abori quequelques théologiens ont traduit fa-clus ,y t toftlft, dans les passages que nous avonscités, par status , né, par la raison quefaâusest plus embarrassant.

Il prétend qu’on peut entendre à la lettreces expressions que íont tant valoir les soci-níens, ôc résoudre la difficulté proposée,en adoptant son explication ; parce que ,selon lui, il est vrai à la lettre que J. C.homme-Dieu a été fait dans le temps Fils deDieu , par f union que Dieu a mise dans letemps en fa personne entre la nature humaine& la nature divine.

Cette génération est vraiment naturelle ,dans un feus tout-à-frit différent de celleque les sociuiens nous proposent d’admettre :elle n’est pourtant pas la génération éternelledu verbe , quoiqu’elle la suppose ; ôc parconséquent en accordant, ce qu'on ne peutpas contester , que les passages allégués nepeuvent pas Rappliquer à la génération éter-nelle du verbe , on est encore en droit denier qu’ils doivent s'entendre d'une filiationnon-naturelle & de pure adoption.

5°. Enfin le P. Berruyer prétend que cetteexplication est nécessaire pour l'intelligencede beaucoup d'endroits du nouveau testa-ment : nous renvoyons le lecteur à son ou-vrage , pour ne pas augmenter trop considé-rablement cet article.

Le P. Berruyer prévient quelques objec-tions que pourroient lui faire ies scholasti-ques, par exemp. que dans son hypotheseJ.C.seroit fils de la trinité , fils des trois per-sonnes , fils de lu;-même , fils du S. Esprit ;en recourant à un principe reçu dans lesécoles, les actions de la Divinité au dffiors,ad extrà , ne font point attribuées aux trois

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J personnes ni à aucune d’elles en particulier,j mais à Dieu, comme un en nature.

Autre objection contre le P. Berruyer,qu'il y auroic deux fils dans son hypothèse :il nie cette conséquence appuyé sur cette rai-son , qu'il ne peut y avoir deux fils qu'aucas qu'il y auroit deux personnes, selon l’hé-résie de Nestoi ius ; Ôc que comme son opi-nion laisse subsister ôc suppose même l'unitéde personne en J. C. on ne peur pas lui fairele reproche d'admettre deux fils, quoiqu’iladmette en J. C. deux filiations.

Au reste , ce sixième sens de l’expressionFils de Dieu , suppose essentiellement lesdeux dogmes importans de la divinité duverbe , ôc de l’union hypostatique & subs-tantielle de la nature humaine en J. C. avecla nature divine ; ôc toute l’explication duP. Berruyer est d'après cette supposition.

Sur l’opinion qu'on vient d'exposer , oïla accusé le P. Berruyer de favoriser d'un côtéle nestorianisme , ôc de l’autre le socinia-nisme. Ils ajoutent que l'explication donnéepar le P. Berruyer est nouvelle. On ne latrouve employée , disent-ils , par aucun pereôc par aucun théologien dans les disputesavec les hérétiques ; on ne voit pas qu’aucunconcile s'en soit servi pour développer lesdogmes fondamentaux du christianisme ;les interprétés ôc les commentateurs ne don-nent pas aux passages allégués par le P. Ber-ruyer les sens qu’il y adapte , ùc. ÔC ce ca-ractère de nouveauté est un terrible argu-ment contre une opinion dansl'esprit d'uncatholique : néanmoins ce pere a trouvé desdéfenseurs. Nous n'entrerons pas dans lesraisons qui ont été apportées départ ôc d'ati-tre. Ces détails nous meneroient trop loin :d'ailleurs nous ne pourrions pas traiter cettematière , fans donner en quelque forte unedécision qu’il ne nous appartient pas de pro-noncer ; c’est à l’égliíè feule ôc aux premierspasteurs à nous éclairer fur des matières aussidélicates , Sc qui touchent de fi près à la sot.

Relativement à l’article Fils de Dieu , ilfaut voir les art. Trinité , Incarnation ,Ariens, Nestoriens, Sociniens. (h)

Fils de l’homme, (Théo!.) terme usitédans les écritures pour signifier homme , ÔCpropre à exprimer tantôt la nature humaine,Ôc tantôt fa fragilité.

, Quand ce mot est appliqué à Jesus-Christ }