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très-rare qu’on soit obligé d’avoir recours àce filtre.
Outre les différentes maniérés de filtrerque nous avons décrites , 8c qui font lesplus usitées, il y en a encore une dont onie sert quelquefois, & qu’on appelle filtra-tion a la languette : elle se sait de la maniérésuivante : on coupe des morceaux de drap
{ mreil à celui dont on fait les blanchets , dea longueur d’un pié , plus ou moins, & dela largeur de deux ou trois travers de doigts :on les trempe dans de seau pour les bienimbiber, 8c on les exprime fortement, aprèsquoi on en fait tremper un bout dans la li-queur que l’on veut clarifier , 8c on saisiependre l’autre bout hors du vase jusqu’àdeux ou trois pouces au-desious de la sur-face de la liqueur; si ce vaisseau est fortlarge , on met plusieurs de ces languettes,ëc on a foin qu’il y ait fous chaque! boutun petit vase pour recevoir ce qui en dé-gouttera : la liqueur qui étoit dans le grandvaisseaux montera le long des morceaux dedrap comme dans un syphon , & tomberaclaire goutte à goutte dans les récipiens.Cette façon de filtrer est peu usitée , lesmorceau de drap retiennent beaucoup dela liqueur , 8c par conséquent occasionnentde la perte ; ajoutez à cela que les feces nese desiëchent pas si bien que par les autresvoies ci-dessus indiquées. Nous ne nous enservons donc plus, si ce n’est pour séparer leshuiles qui nagent fur l’eau , auquel cas onsubstitue à la languette de drap une mechede coton trempée dans une huile analogue àcelle qu’on veut séparer.
Ce que 'nous avons dit jusqu’ici des diffé-rons filtres , 8c de la maniéré de s’en servir,n’a eu pour objet que la clarification des li-queurs , & la séparation des feces inutilesqui les troublent, & qu il faut rejeter : maisces filtres ont encore un autre avantage ; ilsfont des instrumens propres à séparer desmatières non dissoutes, d’avec un liquide quiles délavoit 8c les tenoit suspendues, & donton n’a pas besoin ; lorsqu on veut, parexemple, dessécher un précipité quelconque,qui a été exactement lavé & édulcoré , onle verse sur un filtre de papier , soutenu d’uncarrelet ou d’un entonnoir ; l’eau s’écoule, &U matière précipitée reste fur le papier, s’yégoutte parfaitement, 8í s’y rasiemble en
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une masse que l’on peut facilement diviserpar petits morceaux , 8c faire sécher selonl’art. Voye^ Dessiccation. Cette espece defiltration est presque toujours préliminaire àla dessiccation des précipités vrais ou faux( voye[ Précipité ) , des chaux métalliques,des terres , L'c. qui ont eu besoin d’êtrelavées.
Quelques auteurs ont voulu mettre la fil-tration au nombre des distillations : Geberétoit de ce sentiment ; mais qui est-ce quin’en sent pas la différence ? Foyer Distil-lation.
Filtration en grand. Dans les travaux dela halotechnie (on appelle ainsi la partie de lachymie qui traite les sels), où on a des quan-tités immenses de liqueurs à filtrer, on nes’amuse pas à le faire avec les filtres, dontnous avons parlé ci-dessus, 8c qui ne con-viennent que dans nos laboratoires , oùnous n’avons jamais que des quantités mé-diocres de sels à clarifier : on a donc recoursà une autre espece de filtre beaucoup pluscommode, beaucoup plus solide, 8c qu’onpeut charger tout à la fois d’une grandequantité de matière.
Tous ceux qui ont vu faire la lessive,ont vu cette fi'tration : en effet, celle quefont les salpêtriers pour clarifier leur lessi-ve , les gens qui s’occupent à faire la potassepour clarifier la dissolution du sel alkali fixequ’ils tirent des cendres, ne différé point de' la lessive ordinaire , qui est en usage pourle blanchissage du linge. Voye[ Salpêtre6’ Potasse. Si l’on avoir, par exemple, unetrès-grande quantité de cendre à lessiver ,c’est-à-dire, dont on voulût tirer le sel alkalifixe , il saudroit, d’une seule 8c même opé-ration , faire la dissolution & la filtration dece sel, 8c c’est ce que font les ouvriers dontnous parlions tout à l’heure. On prendra untonneau plus ou moins grand, selon la quan-tité de cendre que l’on veut lessiver ; on feraà la partie inférieure de ce tonneau , un troud’un pouce environ de diamètre > on rem-plira ce trou avec la paille, que l’on assu-jettira avec une petite cheville de bois; on pla-cera ce tonneau fur un trépié ou autre machinepour l’élever au point d’avoir l’aisance demettre dessous un vase propre à recevoir laliqueur qui passera ; on emplira ce tonneaude cendre, ne laissant de yuide que ce qu’il