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FLUTE, ( Mufliq . infl. des anc.) Pourqa une flûte produise un son, il fout qu’elleait une embouchure comme nos flûtes tra-versieres, un bocal comme nos cornets, unbiseau comme nos flûtes douces, ou enfinune anche comme nos haut-bois. De tousceux qui l'e font occupés des flûtes des an-ciens , aucun , que je sache, n’a recherchés’ils avoient toutes ces différentes efpecesde flûtes, ou s’ils n’en connoifloient quequelques-unes, & lesquelles ? il est vrai qued’habiles antiquaires modernes rapportentque quelques - unes des flûtes trouvées àHerculanum, ont des anches , & que lesanciens érigèrent une statue à Pronome leThébain , parce qu il avoit inventé cettepartie de la flûte , mais il ne nous appren-nent rien de plus. Il est vrai encore que fau-che est manifeste dans les destins de quel-ques flûtes anciennes ; mais il y en a d’autresqui le terminent en-haut par une espece debocal ; on en trouve même une à biseau.Enfin le P. Hardouin, dans les notes & lescorrections qu’il a jointes à fa belle éditionde Pline, parle bien des anches des anciens,mais il n’explique pas positivement si les an-ciens avoient uniquement des flûtes à an-che , ou s’ils en avoient austì d’autres ; il mesemble cependant que cette matière mérited’être éclaircie. Je vais tâcher de le foire,& je me flatte de pouvoir montrer que lesanciens n’avoient que des flûtes à anches ,mais quelles étoient de deux fortes ; f uneayant Fauche à découvert comme nos haut-bois ; l’autre ayant Fauche cachée à - peu-plés comme font les trompettes d’enfons.
Avant (feutrer en matière , il ne fera pashors de propos de remarquer que, suivantle témoignage de tous les auteurs Grecs &Latins, les anciens appeloient flûte un tuyaupercé de plusieurs trous latéraux , qu’onbouchoit avec les doigts, ou autrement, &qui fervoient à produire les différais tons:les autres instrumens à vent s’appeloientcor , trompette , buccine , liants ; je ne con-nois qu’une feule exception à cette réglé,Lest la fyringe, ou le sifflet de Pan, ins-trument composé de plusieurs tuyaux iné-gaux , & dont chacun donne un ton diffé-rent ; encore peut-on dire avec raison queles tuyaux inégaux de la fyringe tenoientlieu des trous latéraux des autres flûtes.
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La/âsie traversiere ne paroît pas avoir étéconnue des anciens , au moins aucun auteurn’en parle. Ils avoient à la vérité un t flûtesurnommée plagìaule , c’est-à-dire, oblique;mais Servius , dans fes remarques fur Vir-gile , dit à f occasion de ce vers,
A ut tibi curva choros tibia bacchi.
Hanc tibiam grceci vocant -a'hxytxvXov, LesGrecs appellent cette flûte ( curva tibia ) pla-giaule ? or les anciens ajouraient au boutde leurs flûtes une corne de veau pour enaugmenter le son ; cette corne étoit natu-rellement recourbée & rendoit par consé-quent la flûte même courbe, & voilà la cur-va-tibia de Virgile, 8c hplagiaule des Grecs.On volt de ces flûtes courbes fur plusieursmonumens anciens.
La vérité nf oblige cf ajouter que f ai trou-vé des efpeces de flûtes traveríieres , ouplutôt de vrais fifres fur deux bas - reliefsqui fe trouvent f un & Parure dans l’An-tiquité expliquée de Montraucon. Le pre-mier de ces bas-reliefs représente , suivantle savant bénédictin , f Amour & Psyché ,tous deux font portés par des centaures.L’amour tient à fa bouche un bâton quisemble être un fifre , & il est dans f atti-tude de quelqu’un qui joue de cet instru-ment : entre les deux centaures est un cupî-don ou génie ailé debout, jouant austì dufifre. Je soupçonne ce bas-relief d’être malcopié.
i°. Parce que Montfoucon dit positive-ment que le cupidon debout entre les cen-taures , tient un vase : or f instrument quetient f amour à cheval, ressemble exacte-ment au premier , & si l’un est un vase,l’autre austì en est un.
2 °. Parce que je n’ai vu fur aucun mo-nument l’amour jouant d’aucune espece deflûte ; l’on trouve bien des génies ailés jouantde cet instrument, mais non l’amour.
Le second de ces bas-reliefs que Mont-foucon a tiré de Boiílard, restêmble beau-coup au premier, 8c je le soupçonne de n’ê-tre que le premier altéré par les dessina-teurs ; au moins si ce soupçon n’est pasfondé , il est très-probableque ces centaures& ces cupidons lont une allégorie, & quel’un de ces bas-reliefs est imité de l’autre.
Au reste qu ou ne soit pas étonné si j’ac-