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rendre furieux des gens ivres , & qui com-mencent à se harceler. Cependant lorsqueleur premier feu est passé , pour peu que lehautbois joue fur un ton plus grave , &ralentisse la mesure , on les verra tomberinsenlîblement dans le sommeil, auquel lesvapeurs du vin ne les ont que trop disposés.Quelqu’un s’aviseroit-il, pour un semblableestes, de se recrier sur le charme & sur laperfection d’une telle musique ; On me per-mettra de ne concevoir pas une idée beau-coup plus avantageuse de la flûte , ou , sil’on veut, du hautbois, dont Pythagore 5cDamon se servirent en pareils cas.
Les effets de la flûte de Timothée ou deCelle d’Antigénide fur Alexandre, qu’ont-ilsde si surprenant ? N’est-il pas naturel qu’unprince jeune 5c belliqueux , extrêmementieníible à l’harmonie, Sc que le vin com-mence à échauffer , se leve brusquement detable, entendant sonner un bruit de guerre,prenne ses armes 5c se mette à danser lapyrrhique , qui étoit une danse impétueuse,où l’on faisoit tous les mou vemens militaires,soit pour l’attaque, soit pour la défense ? Est-il néceílaire pour cela de supposer dans cesmusiciens un art "extraordinaire , ou dansleur flûte un si haut degré de perfection ;On voit dans le festin de Seuthe, prince deThrace , décrit par Xénophon , des Céra-lontins sonner la charge avec des flûtes Scdes trompettes de cuir de bœuf crud ; 5cSeuthe lui-même sortir de table en poussantun cri de guerre , 5c danser avec autant devitesse 5e de légéreté, que s’ileûtétéquestiond’éviter un dard. Jugera-t-on de-là que cesCérasontins étoient d’excellens maîtres enmuíique ?
L’histoire parle d’un joueur de harpe quivìvoit fous Eric II, roi de Danemark , 5cqui, au rapport de Saxon le grammairien,conduiíoit ses auditeurs par degré , juíqu'àla fureur. Il s’agit maintenant d’un siécled ignorance 5c de barbarie , ou la musiqueextrêmement dégénérée, ne laissoit pas néan-moins , toute imparfaite qu’elle étoit, d’ex-citer les passions avec la même vivacité quedans le siecle d’Alexandre. Concluons queles effets attribués à la flûte des anciens , neprouvent point seuls l’extrème supériorité deIon jeu , parce que la musique la plus simple,la plus informe , Sc la plus barbare, comme
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la pîuá Composée , la plus régulière 5c lamieux concertée, peut opérer dans certainesconjonctures, les prétendues merveilles donril s’agit ici.
C’est assez parler des flûtes anciennes, deleurs dénominations, de la variété de leursairs , de leurs usages , Sc de leurs effets :on trouvera cette matière discutée plus àfond dans les ouvrages de Meutsius Sc deGaspard Bartholiu , de tibiis vctcrum , Scdans le dialogue de Plutarque fur la musique,traduit en français avec les savantes remar-ques de M. Burette , qui ornent les mémoiresde l’académie royale des inscriptions, (M. leChcv. de Jaucourt.)
Flûte double, (inflrum. de Mufiq.) Ladouble flûte ou la flûte à deux tiges étoit uninstrument domestique en usage chez lesanciens, 5c fur laquelle le musicien seulpouvoit exécuter une forte de concert.
La double flûte étoit composée de deuxflûtes unies, de maniéré qu’elles n’avoientordinairement qu’une embouchure com-mune pour les deux tuyaux. Ces flûtes étoientou égales ou inégales, soit pour la longueur ,soit pour le diamètre ou la grosseur. Lesflûtes égales rendoient un même ion : lesinégales rendoient des sons différens, l'ungrave , l’autre aigu. La symphonie quirésultoit de l’union des deux flûtes égales ,étoit ou l’uniflon , lorsque les deux mainsdu joueur touchoient en même temps lesmêmes trous fur chaque flûte, ou la tierce,lorsque les deux mains touchoient différenstrous. La diversité des sons, produite parl’inégalité des flûtes , ne pouvoit être quede deux especes , suivant que ces flûtesétoient à l’octave , ou seulement à la tierce ;5c dans l’un Sc l’autre cas, les mains dujoueur touchoient en même temps les mêmestrous fur chaque flûte , 5C formoient parconséquent un concert ou à l’octave ou àla tierce.
Au reste Apulée dans ses florìdes attribueà Hyagnis l'invention de la double flûte. CetHyagnis étoit pere de Marsias > 5c pissegénéralement pourl’inventeur de l’harmoniephrygienne. Il florifíoit à Célenes ville dePhrygie , la i xyifl année de la chroniquede Paros, 1506 ans avant J. C. (M, le Chev>de Jaucourt J
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