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Tome quatorzième.
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n’en est par-là que plus estimable : elle joint '«bailleurs à ce mérite, celui detre faite avecbeaucoup d'intelligence & de clarté. Pluson relit ces trois excellens ouvrages, pluson est embarrassé auquel on doit donner lapréférence, 8c plus on applaudit au juge-ment que Pacadémie en a porté en les cou-ronnant tous trois.

Je crois qu on me permettra de donneraussi dans cet article une idée de la ma-niéré dont j'ai traité la question dont il s'a-git dans mes réflexions fur lu cause desvents , que Pacadémie royale des Sciencesde Pruiíe a honorées de son suffrage en1746. Comme je ne considéré guere danscette piece que l'attraction de la lune & dusoleil íur la maffe de Pair , il est éviduit queles mêmes principes peuvent Rappliquer auflux 8c reflux. Je commence donc, ce quepersonne n'avoit fait avant moi, par déter-miner les oscillations d'un fluide qui cou-vrirait la terre à une petite profondeur,8c qui seroit attiré par le soleil ou par lalune. On peut par cette théorie comparerees oscillations à celles d’une pendule, dontil est aisé de déterminer la longueur. Jefais voir ensuite que le célébré M. DanielBernouiili s'est trompé dans 1 équation qu i!a donnée pour Pélévation des eaux , ensupposant la terre composée de couchesdifféremment denses ; & je démontre qu iln'est point néceílàire pour expliquer Pélé-vation des eaux, d'avoìr recours à ces dif-férentes couches ; qu’il suffit seulement desupposer que la partie fluide de la terre n’aitpas la même densité que la partie solide :enfin je donne le moyen de déterminer lavîtesté 8c Pélévation des particules du fluide,én ayant égard à Pinertie , & d’une mi-ni re , ce semble, beaucoup moins hypo-thétique que M. Euler. C'est par ce moyenque je trouve qtflun fluide qui couvriraitla terre , dose avoir del'est à Pouest un mou-vement continuel. Uarticle Vent présen-tera un plus grand détail fur I'ouvragedont i! s'agit.

Ce mouvement de la mer d’orient enoccident est très-scniible dans tous les dé-troits : par exemple, au détroit de Magel-lan 1 1 f lux élève les eaux à plus de 10 piésde hauteur , 8c cette intumescence dure íixheures ; au lieu que le reflux ne dure que

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deux heures, & Peau coule vers Poccident :ce qui prouve que le reflux n'est pas égalau flux , 8c que de tous deux il résulteun mouvement vers Poccident , maisbeaucoup plus fort dans le temps du fluxque dans celui du reflux : c'est par cetteraison que dans les hautes mers éloignéesde toute terre, les marées ne font gueresensibles que par le mouvement généralqui en résulte , c'est-à-dire par ce mouve-ment d'orient en occident. Ce mouvementest sur-tout remarquable dans certains dé-troits & certains golfes ; dans le détroit desManilles, dans le golfe du Mexique , dancelui de Paria, &c. Voyez Varniii geogra -phia , 8c Vhifì. nat, de M. de Buffon , tome I.P-439-

Les marées font plus sortes dans la ZoneTorride , entre les Tropiques, que dans lereste de l’Océan , fans doute parce que limer fous la Zone Torride est plus libre, 8cmoins gênée par les terres. Elles font aussi,plus sensibles dans les lieux qui s'étendentd'orient en occident, dans les golfes quifont longs & étroits, 8c fur les cotes oùil y a des îles 8c des promontoires. Leplus grand flux qu'oa connoifle pour cesfortes de détroits , est à lune des embou-chures du fleuve Indus, où í’eau s'éièvcde 30 piés. Il est aussi fort remarquableauprès de Malaga ,' dans le détroit de laSonde , dans la mer Rouge ; dans la baiede Hudíon , à 5 5 degrés de latitude sep-tentrionale , où il s'élève à 15 piés ; àl'embouchure du fleuve Saint-Laurent,fur les cotes de la Chine 8c du Japon ,&c. Ibid.

Il y a des endroits où la mer a un mou-vement contraire , savoir d'occident enorient , comme dans le détroit de Gi-braltar , & fur les côtes de Guinée. Comouvement peut être occasionné par descauses particulières ; mais st est bon de re-marquer en général, comme je l'ai prouvé, dans mes réflexions fur la cause des vents ,qu'à une certaine distance de l'équateur lemouvement de l'est à Pouest doit se chan-ger eu un mouvement de Pouest à l'est,ou du moins en un mouvement qui par-ticipe de Pouest , avec quelques modifica-tions que l'on peut voir dans la piece citéeart. Ixx. n°. 5, mais comme le motive-