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Tome quatorzième.
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áìre des corps durs composes de partiesliées entr'elles, Sc formant un tout quirésiste à fa séparation : ils ne peuvent agirsur les autres, tant qu ils resteront fous cet-te forme ; il leur faut donc un agent qui.change cet état, & leur donne une divi-sion Sc une atténuation capables de leurtaire pénétrer les pores de ceux qu’ils peu-vent diiloudre ; cet agent c'est le feu , ap-pliqué aux sels Sc aux métaux avec la for-ce requise pour chacun d’eux en particu-lier , Sc selon l'art que nous détailleronsaux articles Fourneau & Vaisseau: ils’insinue à-travers leurs pores, les dilate,désunit leurs molécules intégrantes, & sou-vent les principes constituant ces molécu-les , Sc les fait rouler les unes fur les au-tres, comme celles d’un fluide auquel ilsressemblent pour lors. En pareille circons-tance il faut le regarder comme un fluideactif qui se mêle intimement & uniformé-ment avec les corps qu'il pénétré , & quien est divisé mutuellement : on ne peutmieux comparer sa présence dans un corpsqu'il rend fluide , qu’à celle d 1 u n grain d’orqu on a fondu avec cent mille grains d'ar-gent pur. La docimastique nous démon-tre que chaque grain de cet argent con-tient une quantité d’or proportionnelle, c'est-à-dire un cent-millieme de grain d or : ladivision de cet or fera encore plus grande,si on le mêle avec une plus grande quan-tité d’argcnt ; Sc l'on n'en connoît pointles bornes : il faut que le feu réduise cetor à ses molécules intégrantes; ces molé-cules doivent être d'une finesse extraordi-naire , pour qu’elles puissent se distribueruniformément dans toute la malle dë l’ar-gent. Quelle doit donc être la finesse ducorps qui a eu la faculté de les désunir,& de les porter par toute la masse qu'il aparcourue , ébranlée Sc bouleversée ? MaisÀ ‘ n’est pas nécessaire, pour que cette dis-tribution uniforme du feu dans le corps leplus dur, ait lieu,.que ce corps en soitdissous, c'est-à-dire que ses élémens soientséparés les uns des autres , pour lui laitierle passage libre : il est aussi uniformémentdistribué dans celui qu'il ne commencequ’à échauffer au-dessus du degré de laglace. Quelle prodigieuse finesse ne suppose pas, à plus forte raison, cette liber-

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té du passage qu’il se fraye dans les po-res resserrés de ces corps ; Cette derniereconsidération porte à croire que rien n'é-chappe à son action.

Il est vrai que les molécules des métauxles plus durs résistent à leur désunion ; Scla preuve en est tirée de la figure globu-leuse qu’ils s’efforcent de garder, commele mercure dans le temps même que lefeu produit faction contraire : maisl’exer-cice de cette force est au moins diminué ,pour ne pas dire absolument interrompu,tant que dure la même violence du feu.Il n’est pas possible de mêler intimementdeux ou plusieurs malles quelconques, qu’el-les ne soient dissoutes en leurs moléculesintégrantes. Que devient donc cette pré-tendue cohérence qu’on avoir soupçonnéerésister à la séparation des élémens, quandun corps divité Sc pousse par l’activité dufeu, se glisse avec un autre entre des par-ties dans lesquelles on avoir soupçonnéune résistance à leur séparation?

C’est donc au feu , comme seul instru-ment de la division des corps, qu’on doitattribuer l’exercice de cette disposition qu’ilsont à se dissoudre les uns les autres: c'està lui qu'ondoit la production de ces phé-nomènes merveilleux qui naissent de la com-binaison de plusieurs substances. Qui pour-roit refuser le titre d'agent universel de lanature à cet être qui en est le princi-pe vivifiant?

Inexpérience a appris que tous ou pres-que tous les sels étoient des fondans : ain-si le borax , le nitre, le sel ammoniac, lesel gemme, ou le sel marin, les vitriols,le mercure sublimé corrosif, les deux alka-lis fixes, le soufre Sc son foie, le sel deClauber, le tartre vitriolé , le sel fusiblede l’urine, Sc enfin la plupart des sels com-poses d'acides devenus concrets par unebase quelconque, sont des fondans. Voye çSel. Les uns ne mettent en fonte quequelques substances connues jufqu'ici ; lesautres y en mettent plusieurs: ceux-ci agis-sent par un de leurs principes seulement,ceux-là par tous les deux. Ils exercent leursactions fur les terres, les pierres , les ver-res, les demi-métaux, les métaux , leurschaux , leurs précipités , leurs verres , Sctoutes ces matières fur elles mcmcs.-De