Band 
Tome quatorzième.
Seite
720
JPEG-Download
 

720 F L U

ce nombre prodigieux de substances naîtune soûle de combinaisons , dont on peuts’astûrer qu’on ne connoît encore que leplus petit nombre , quelque grand que soitcelui qui a été tenté iusqu’ici. Mais si l’onne connoît que la moindre partie des com-binaisons qui peuvent être faites fur les sub-stances connues , quelle espérance de par-venir à la connoistànce de celles qui existentpeut-être inconnues dans le sein de la na-ture, 8c de celles que sart peut produire ?On trouve un grand nombre de ces com-binaisons dans différais ouvrages , & par-ticulièrement dans la lithogéognolie, si onles considéré en elles-mêmes, 8c par le tra-vail qu elles ont dû coûter. Mais si l’onvient à les comparer avec ce qui reste àfaire , la carrière est immense : & ces ou-vrages, 8c principalement celui de M. Pott,semblent n’exister que pour accuser la briè-veté de la vie. Quelle foule de réflexionsaccablantes ne doit pas offrir l'exercice deplusieurs genres , si un seul suffit pour cela ?

il y a des corps qui se fondent par eux-mêmes, 8c dont Faddition d’un autre corpsne fait qu’accélérer 8c faciliter la fusion :tels sont tous les métaux & demi-métaux,l.s métaux parfaits dont l'aggrégation se-roit rompue en molécules, à-travers les-quelles il n’y auroit aucune impureté , laplûpart des sels, toutes les terres & lespierres vitrescibles ; bien entendu que cet-te addition change leur nature , si elles’u-nit avec eux : on peut conséquemments’en paffer.

D autres n’entrent en fonte que par unintermède absolument nécessaire; dans cerang on place les métaux parfaits , dontl’aggrégation est rompue, & dont les mo-lécules ne peuvent avoir de contact mu-tuel , en conséquence de ce que leur sur-face est couverte de quelques ordures, com-me de pouífiere , de cendres, ou de cequ’elles sont unies aux acides. Dans le pre-mier cas , on employé le borax , le nitre ,le sel ammoniac , 8c le sel marin : le fluxblanc & l’alkali fixe fervent dans le se-cond. U est à remarquer que comme leborax donne à Por une pâleur qu’on nelui enlève que par le nitre ou le sel am-moniac , on mêle ordinairement le borax& le nitre, pour lui servir de fondant ,

F L U

ou le borax & le sel ammoniac, mais ja-mais le nitre & le sel ammoniac , parccqu’iís détonnent ensemble. On employéauífi quelquefois ces sels avec les métauximparfaits 8c leurs chaux ; mais ils en cal-cinent une partie, 8c même la vitrifient,comme il arrive de la part du borax , bienloin de réduire la chaux qui peut s’ytrouver. Voye^ les Flux. Ainsi donc on■ n/en peut faire aucun usage dans les estais,fans tomber dans l’erreur. Ces sels, leborax , le nitre , le sel ammoniac , le selmarin , l’alkali fixe , & le flux blanc net-toyait la surface des molécules des impu-retés qui s’y trouvent, & favorisent ainsila réunion en un régule, de celles qui sontjeu fonte. L’alkali fixe 8c le flux blanc,,que nous regtrdons presque comme lesmêmes , outre ces propriétés ayant presqueplus de rapport que ces métaux avec lesacides qui leur restent unis après la pré-cipitation ou concentration , les leur enlè-vent 8c favorisent par la même raison laréunion de leurs molécules : ainsi en pareilcas, ils ont un autre effet que celui de son-dant ; c’est celui d’absorbant. Ce premiereffet qui n’est que de surérogation dans laconjoncture prefènte , n’empêche pourtantpas qu’ils n’ayent auífi celui qui y est pro-pre. L’expérience a appris que le feu nese communique ni avec la même rapidité,ni avec le même degré d’intensité, auxcorps divisés qu’aux corps continus. Lessels, par l’interposition de leurs molécu-les fondues, remplissent les vuides, & com-muniquent le feu de proche en procheaux molécules métalliques, qu’ils aidentà la fusion. Mais il faut encore leur recon-noître une qualité particulière , par laquelleils agissent fur certaines substances ; d’oùil fuit qu’ils ont une triple action ; c’estpar les deux dernieres, que le borax est enusage pour souder For, l’argent, 8c le cuivre.Les artistes qui sont occupés du travail deces métaux, appliquent le plus exactementqu’ils peuvent, les plans de contact avivésdes pieces qu’ils veulent unir. Ils mettenttout-autour des paillons de soudure pourl’or 8c pour l’argent, & de la soudure engrenaille pour le cuivre ; ils saupoudrentcette soudure de borax, 8c portent leurspieces au feu, ou se servent de la lampe