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dans la grenouille femelle les petîrs , qu'onappelle des œufs. Mais le mâle ne secondeces oeufs que lorfqu’ils íont sortis du ven-tre de leur mere : il n'a aucun organe ca-pable de porter une liqueur fécondante dansles énormes conduits remplis d'œufs de lafemelle. Les œufs que le mâle n'a pu fé-conder , ne sauraient être distingués deceux fur lesquels il a répandu ía liqueurprolifique ; ils ont donc , avant cette opé-ration du mâle , toute la perfection qu'onleur trouve après elle. M. Needham a vulaminai dans l’œuf de la tortue, dont lafécondation fe fait commj; celle de la gre-nouille ; Sc M. Rœfel l'a vérifiée dans lagrenouille verte des arbres. Dans toute cettevaste classe d'amphibies , le nouvel animalexiste donc dans la mere.
Harvey, dont certainement le témoi-gnage fait preuve fur un objet qu'il a lepremier éclairci, a vu la cicatricule dansdes œufs de poule qui n'avoient pas étéfécondés, dans des œufs de perroquets Scde cafuel : il en a vu sortir l'osseau fansque le mâle y ait contribué. M. Pallas avu une phalène pondre fans le secours dumâle. Il y a plus ; on a vu dans une viergeconstamment telle Sc reconnoistable parl'intégrité de son hymen, des dents, desossemens Sc des cheveux renfermés dansune tumeur du mésentère. Ce phénomènerapporté dans les mémoires de Vacadémie deSuede , a été observé depuis peu en Alle-magne. Un fœtus femelle > incapable assu-rément d'admettre le mâle, est né avecun fœtus formé au dedans de lui.
Les vierges n’accouchent point de l'ef-pece humaine, mais un fœtus formé dansleurs viscères fait une preuve équivalente,& rejoint à la clasiè des pucerons l'efpecela plus noble du régné animal. Il suffitque des parties reconnoissables de l’animalfé forment dans les organes de la vierge,fans avoir besoin de la fécondation ordi-naire du mâle.
En un mot, dans un très-grand nombre ;d'animaux , le fœtus fe forme fans qu'il 1existe d’animal mâle de la même efpece.Dans un nombre considérable d'autres ,le fœtus existe dans l'œuf de la femelle,avant que le mâle ait pu en approcher. Etdans toutes les dalles , il y a des exemples
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de parties animales formées dans la femellefans le secours du mâle.
Mais fl la femelle produit le fétus , com-me une partie d'elle-même qui fe détachedans un temps marqué , quelle est donc lanécessité du mâle, & que peut-il contri-buer pour la formation du fœtus ?
Nous laisserons parler les expériences :on en a fait un nombre considérable dansles plantes qui sont munies de parties ana-logues à celles de deux sexes : le hasardplus que la curiosité des physiciens , en afourni un certain nombre dans les hommes.
Dans les plantes, c'est principalementM. Kœlreuter qu'il faut écouter : il a faitavec une patience admirable un grand nom-bre d'expériences , en répandant fur lesparties femelles d’une plante la poussièreanalogue à la liqueur fécondante des ani-maux. Il a choisi pour ces expériences desplantes du même genre , mais de deux es-peces différentes : car les amours adultérésde deux plantes trop différentes par leurscaractères, ne font pas féconds.
Une efpece de jusquiame en ayant im-prégné une autre , il en est né une efpecemêlée , dont une partie des traits reílèm-bloit à la plante des étamines de laquelleon avoir pris la poussière , qu'on avoir ré-pandues fur les stigmates de l'autre, Sc uneautre à celle dont on avoir poudré lesstigmates. Plus on avoir pris la poussièremâle , ou plus souvent on avoir réitéréPaspersion de cette poussière , Sc plus laplante provenue de la graine imprégnée aressemblé à l’efpece qui avoir eu un fur-poids par dessus l'autre. La graine de cetteefpece de mulet avoir de la peine à con-server fa fécondité , qui cependant fe con-servent mieux du côté de la mere ; Sc lebâtard rentra dans l'efpece de la mere aprèsquelques générations. Souvent même lapoussière mâle ne change presque rien àl'efpece mêlée.
Dans ces expériences, ce n’étoit pas uneliqueur séminale de la fleur de la semelle,qui, mêlée avec la poussière du mâle étran-ger , produifoit une efpece mitoyenne. Laliqueur huileuse des stigmates ne produitrien , Sc ne change rien à la nouvelle plantequi provient de cet adultéré. C'étoient desgraines , bien certainement prééxistantes