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Tome quatorzième.
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maux pondent, ils accouchent de véritablesanimaux semblables à eux-mêmes ; ils ren-dent du moins des œufs dont il fore desanimaux leurs semblables.

Les pucerons , classe abondante d’insec-tes, naissent avec des fœtus dans le corps ,& ces petits fœtus font eux-mêmes gros d’unnombre d’embryons : on ignore la fin dela progression. Les pucerons enfermés dansla veine d’une feuille dorme, ou fous unetaise de verre, accouchent & donnent lavie à des êtres semblables à eux-mêmes,fans avoir pu connoître de mâle. Aucun faitn est plus avéré. Le puceron cyclope des-eaux marécageuses, plusieurs animaux tes-tacés , &c d’autres du genre des polypes, •les oursins, les orties marines, les étoilesde cet élément , jouissent tous du mêmeprivilège ; tous ces animaux conçoivent desœufs parfaits au-dedans d’eux-mêmes , &ces œufs produisent des animaux , fansqu'on puisse soupçonner un mâle d’y avoircontribué. Tous les individus de ces classesfont femelles, ils produisent tous des œufstk des fœtus fans aucun secours étranger.

Une claíïè plus simple encore fe multi-plie fans le secours des œufs. Les anguillesdu vinaigre , celles de la colle farineuse, ontle ventre rempli d animaux en vie. qui sor-tent de leurs corps dans leurs temps , &qui n ont jamais eu besoin du secours d’unmâle. L’animal à globules est rempli deboulettes vivantes semblables à lui-même :elles sortent par une fente du ventre en-tr’ouvert de leur mere. :

Les polypes d’eau douce fe rapprochentencore davantage de la classe des végétaux :ils n’ont besoin ni de sexe , ni d’œufs; unepetite verrue s’élève fur leur surface , elles’agrandit, se détache , & devient un nou-vel animal. Un grand nombre de vers aqua-tiques ont le même privilège : ils se multi-plient par des parties d'eux-mêmes qui fedétachent par la division même de leurcorps , dont chaque partie redevient unanimal.

Cette gradation prouve évidemment quele sexe mâle n est pas dcl’eflence de la géné-ration ; qu’il est étranger aux animaux sim-ples ; & qu’il ne commence à fe montrerque dans des animaux plus composés. Sidonc la femelle de tant de minions d’ani-

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maux lait pondre des animaux vivans , oudes œufs, ou se multiplier par une partied’elle-même , sans aucune liqueur fécon-dante , il est clair que la femelle fournit lefœtus , feule dans plusieurs dallés, & aidéepar le mâle dans d’autres. Nous verronsbientôt ce que le mâle peut y contribuer,j II y a cependant des preuves plus directesencore. Dans les oiseaux , le jaune de l’œufse trouve dans lova re de la même gran-deur que dans un œuf dont il va éclorreun poulet ; il n acquiert plus de volume quepar le blanc dont il est enveloppé. Cet œuffait partie de la mere fans doute , ses hu-meurs font celles de la poule. Elle' pond. son œuf ; le- voilà devenu un être séparé.On y apperçoit bientôt un nouvel être ,c’est le petit animal qui doit en naître. Cetanimal a néceílàirement existé dans l’œufmême : car la membrane qui tapisse l’œuf& celle qui renferme le jaune reçoiventleurs artères de celle du fœtus , elles ren-voyent leurs veines dans les siennes. L’ar-tere méíentérique du fœtus produit les vais-seaux les plus fins qui marchent fur la con-vexité des plis du jaune , & qui donnentdes branches qui remontent vers les vallonsinterceptés entre ces petites collines.

Il y a plus , le jaune est uni à l’intestindu poulet par un canal, dont la membraneest d’un coté celle du jaune , & de l’autrel’intestin même ; le jaune est donc dans levrai un appendice énorme de l’intestin dupoulet, il est une partie de l’animal, ceiont ses vaisseaux qui le nourrissent.

Si donc le jaune est une partie du pou-let , fi le jaune est une partie de la merelui-même , il a préexisté à toute approche 'du mâle. La certitude de la formation desœufs dans les animaux qui n’ont aucunmâle dans leur espece , rend cette démons-tration aisée à comprendre. La poule nedifféré du puceron que par le besoin qu’al’embryon du poulet d’être tiré d’une es-pece d’engourdiííèment par la liqueur fé-condante , &c le puceron sort d’un étatd’accroiíîèment imperceptible , sans aucunsecours étranger.

Pour appuyer davantage un phénomène -quiparo.tra paradoxe , parce qu’il est nou- -veau, nous y ajoutons les expériences d’un aexcellent observateur, M, Spalknzani a vu ?