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Tome quatorzième.
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7§3 FOI

c est d’une maniéré différente. L'église fixe'la croyance des fidèles par rapport aux pre-miers , Sc elle la suppose par rapport auxseconds ; tout comme elle suppose en s'as-semblant, que la religion chrétienne est éma-née de Dieu , Sc que son infaillibilité estdéjà crue des fideles à qui elle propose sesdédiions.

Quant au pastage de S. Augustin : i°.entendu à la lettre, il prouveroit beaucouptrop j puifqu'il s’ensaivroit qu’onnepour-roit point amener u 1 incrédule à la croyan-ce de la vérité & de la divinité des écritu-res, sans employer l'autorité divine de l'église.

Je dis , sans employer l’autorité divine ;car il faut distinguer l'autorité naturelle dontjouit toute société dans les choses qui la re-gardent , & qu’on ne peut rcfuíér à l'égliseconíidérée comme une société purement hu-maine , de l'autorité divine qu'elle a reçuede J. C. & de l’Eíprit-íàint qui dicte sesdécisions. C'est de cette derniere especed'autorité que les théologiens parlent, lorl-qu'ils disent que l'église est juge du corpsmême des écritures. En effet, ('autorité de,l’église considérée fous ('autre point de vue,entre parmi les motifs de crédibilité qui éta-;bliffent en même temps la divinité de lareligion chrétienne : cette remarque est im- :portante , & j'aurois dû la faire plutôt ;mais ele me fournit ici une explication toutenaturelle du passage dont il s’agit. Je dis-donc :

i°. Quede texte de S. Augustin doit êtretraduit ainsi : " Je ne crois à l'évangile, queparce que je m'aííure que l'église univer-selle considérée comme une société pure-ment humaine, a conservé & nous a trans-mis fans corruption & fans altération lesvéritables écrits des premiers disciples deJ. C. Que si cette société , qui ne peut passe tromper dans des choses qui la touchentde si près, regardoit les évangiles commedes livres supposés & contraires à fa doc-trine , je ne croirois point aux évangilesEnfin si l'on veut absolument que S. Au-gustin parle là de l’autorité divine de l’E-glise, on pourra croire qu'il ne parle qued'une partie des évangiles , en supposant('infaillibilité de l'église établie sur les autres.

Je pâlie à ce qu'on nous oppose de M.Bostuet ; & je trouve que ce prélat ne nous

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est pas contraire : il dit bien que les fidelessimples Sc grossiers reçoivent l'écriture desmains de l'église , avant de s etre convain-cus par les écritures même que cette égliseest infaillible; & c'est-là un fait qu’on nesauroit nier : mais il ne dit pas qu'en la re-cevant ainsi ils suivent l’ordre du raisonne-ment ; ce n’est point ('analyse de la fui qu’ilse propose de faire dans ('endroit qu’on acité. En effet, preste par le ministre Clauded’expliquer par quel motif le fidele croit à('infaillibilité de l'église, au moment qu'ilreçoit d’elle les écritures, il dit, qu’il nes’agit pas d’ajftgner ce motif ; qu’il y en afans doute que le S. Esprit met dans le cœurdu fidele baptisé ; qu'il n’est question entrelui & M. Claude que du moyen extérieurdont Dieu se sert pour lui faire croire ré-criture. Or nous ne parlons ici que du motifraisonné qui fait naître cette persuasion, &point du tout de ce moyen extérieur que jeconviens bien être pour les fideles simples& grossiers l'autorité de l'église : & M. Bos-suet prétend si peu faire ('analyse de la foi >Sc assigner les motifs raisonnés qui fontcroire le fidele à ('écriture, qu’il rappellepar-tout le ministre Claude à la foi infuse,que le fidele a reçue dans le baptême, de('infaillibilité de l’église Sc de la divinité del'écriture ; foi , dit-il, que le S. Esprit luia mise dans le cœur , en même temps quela foi en Dieu & en Jésus - Christ. Or nousne parlons pas ici -de la foi infuse, maisseulement de la persuasion raisonnée querenferme la foi d'un adulte qui Rappro-che de Dieu par la voie du raisonnement.

Encore une réflexion. M. Bostuet placeensemble & en même temps dans ('espritde cet adulte, Sc la foi de la divinité desécritures, & la foi de ('existence de DieuSc de ((infaillibilité de l’église: cependant ilest impossible de soutenir que la persuasionde ces deux dernieres vérités ait pour mo-tifs raisonnés l'autorité même de l'église. Ilfaut donc convenir que M. Bostuet ne parlepas des motifs raisonnés , & qu'il ne pré-tend pas plus assigner ces motifs, loríqu'ilparle de la divinité du corps des écritures,que lorsqu’il parle de ces deux autres prin-cipes. On peut donc dire que le fidele dontparle M. Bostuet croit la divinité des écri-tures , fans ('intervention de l’église , préci-sément