F ° ï
íement comme il croit l’autorité de l'églífe,par les motifs de crédibilité que le S. Espritmet dans son coeur , pour employer les ter-mes mêmes de M. Boíluet. Or comme lafoi à l’église universelle, quoiqu appuyeeíùr ces motifs de crédibilité independans del'autorité de l’égiííê , n en est pas moinsmise dans le coeur du fidele baptise , en memetemps que la foi en Dieu & en Jefus-Christ •selon M. Bossuet lui-même, la foi de ce fi-dele à la divinité des écritures pourra êtreauíli mise dans son cœur par l’esprit-saint,íâns l'intervention de 1 autorité de l’église.Je ne vois pas ce qu’on peut répondre à cela.
Je pourrois ajouter une remarque, en lasoumettant cependant au jugement des lec-teurs instruits. En supposant même que M.Eostuet parle de la foi raisonnée de la divi-nité des écritures , s’il soutient que cette foine peut être fondée que fur l’autorité mê-me de l’église, ce n’est-là qu’un argumentqu’il employé dans la chaleur de la dispute,pour prester plus for cernent la nécessité d'uneautorité infaillible. Son argument peut bienn'être pas solide, sans que fa cause en souf-fre : un tribunal suprême pour décider lespoints obscurs, difhciles, Sc controverses,n en est pas moins nécessaire, quoique lauestion générale , claire , Sc facile à déci-er, de la divinité des écritures, que tousles Chrétiens reçoivent, & celle de f infailli-bilité de l'église, ne puistent pas être portéesà ce même tribunal. Auíli voyons-nousque c'est en attaquant M. Bossuet fur ceprincipe qui semble opposé à notre analyse,ue le ministre Claude le preste avec le pluse force Sc de vivacité.i°. Mais dira-t-on , íl est toujours vraique selon votre analyse un adulte ne peutpas croire la divinité & l’inspiration des écri-tures fans les avoir lues. Or cela est con-traire aux principes de nos théologiens con-tre les protestans , Sc très - favorable à ceque ceux - ci soutiennent de la suffisancede Récriture pour régler la croyance desChrétiens.
De même, dans votre sentiment il seranécessaire pour croire à l’infàillibilité de l’é-glise , d'avoir lù les passages fur lesquels sonautorité est établie, Sc d'en avoir pénétréle sens.
Et comme le plus grand nombre des Chré-Tome XIV.
FOI 769
tiens ne lisent point l'écriture, faute de rem-plir cette condition ils ne croiront ni à ladivinité des livres saints, ni à ^infaillibilitéde l'Eglise.
Je répons i°. tout ce qu'on pourroit con-clure de nos principes , c'est qu'on ne croitpoint d’une foi raisonnée les deux dogmesde la divinité des écritures Sc de l’inîailli-bilité de régisse fans avoir lû les écritures ;Sc que ceux qui n’auront pas rempli cettecondition, n'auront point de motifs raison-nés de leur croyance : mais cela n'entraîneaucun inconvénient qui nous soit particu-lier ; il restera toujours aux simples cette au-tre foi dont nous ne parlons point dansnotre analyse , & que les théologiens ap-pellent infuse. Pour cette foi, il n’est pas be-soin d’avoir lû l’écriture , ni réfléchi sur le*principes de la croyance chrétienne.
Ceux qui nous font cette difficulté, pour-roient- ils assurer que les simples ont une per-suasion raisonnée de beaucoup d’autres prin-cipes non moins essentiels à croire ; l'infailli-bilité même de l’église , la croyent-ils d’unefoi raisonnée ? Si cette vérité n’est pointfondée sur la révélation , mais fur des mo-tifs de crédibilité, il faudra que ces hommesgrossiers y faflènt réflexion pour que leurfoi soit raisonnée ; & ces réflexions quellesqu’ellés soient, valables ou peu solides, peut-on assurer qu’ils les ont faites ?
z°. Pour que le chrétien se convainquede la divinité Sc de l'inspiration de l’Ecri-ture, il n’est pas nécessaire qu’il la lise. Nousavons représenté dans notre analyse cetteproposition, V Ecriture est laparole de Dieu ,comme étroitement Sc évidemment liéeavec celle-ci, la religion chrétienne est éma-née de Dieu ; cette liaison est évidente , Scles plus simples peuvent la saisir. Il n'y apoint de dogme plus esièntiel à la religionchrétienne, qu’elle enseigne plus expressé-ment , & qu’elle suppose plus nécessaire-ment ; de sorte que le fidele s’élèvera parla voie du raisonnement à la persuasion decette vérité , Y Ecriture sainte est la parole deDieu, en même temps qu’il parviendra àse convaincre de celle-ci, la religion chré-tienne est émanée de Dieu. Or pour acquérirune persuasion raisonnée de cette derniereproposition , le simple fidele n’; pas bss inde lire l’Ecritur. ; il suffit qu’il sache enE eeee