Band 
Tome quatorzième.
Seite
776
JPEG-Download
 

776 FOI

pourquoi nous renvoyons auíli à Xarticle'Mystères la question importante, íi larai Ion est contraire à la foi.

De la certitude de la soi. Nous ne pou-vons traiter ici de la certitude de la foi ,ue par la comparaison avec la certitudees vérités que la rai Ion fait connoître;car la question de la certitude ablolue desvérités de la foi , appartient aux articles Re-ligion, Révélation &c.

On demande íi la foi est autant, ou plus,ou moins certaine que la raison ; & cettequestion, conçue en ces termes généraux, estpresque inintelligible : foi , raison , certi-tude , tous ces termes ont besoin d etredéfinis.

On voit d’abord qu’il s’agit encore ici dela foi comme persuasion , & même de lapersuaíîon que renferme la foi proprementdite, fondée sur Fautorité de la parole deDieu , & non pas de la croyance des autresvérités qui appartiennent à la religion chré-tienne, & qui ne seroient pas crues parle motif de la révélation.

Cette persuasion peut être considérée,ou dans le sujet, dans l’esprit qui la re-çoit , ou relativement à l’objet sur lequelelle tombe, ou par rapport au motif surlequel elle est fondée.

On considéré aussi la certitude en géné-ral sous ces trois rapports différais? de-làles théologiens ont distingué la certitude desujet, la certitude objective, 6c la certi-tude de motif.

La certitude de sujet est la fermeté deFaísentimentqu’on donne à une vérité quel-conque.

Cette certitude , pour être raisonnable ,doit toujours être proportionnée à la forcedes motifs qui la font naître: autrementelle ne seroit pas distinguée de l’entêtementqu'on a quelquefois pour les erreurs les plusextravagantes. Il fuit de-là que la compa-raison que nous nous proposons de faireentre la certitude de la foi tk celle de laraison, ne peut pas s entendre de la cer-titude du sujet, íans y faire entrer en mê-me temps la certitude de motif, fans sup-poser que de part & d'autre les motifs depersuasion sont solides &au-desius de touteelpece de doute. Mais cette suppositionétant une fois faite, on peut demander

FOI

si I’adhésion aux vérités de la foi est plusforte que Fadhésion de Fesprit aux véritésque la raison démontre.

U semble d'abord que cette adhésion estplus forte du côté de la foi que de celuide la raison, tsorsonne n'est mort pour desvérités mathématiques , & les martyrs ontscellé de leur sang la foi qu'ils profeslbient.

Il y a bien de l'équivoque dans tout cela.L adhésion aux vérités de foi dont nousparlons ici, est une conviction intime,intérieure & tout-à- fait distinguée de la pro-fession qu’on peut foire de bouche & detout acte extérieur. Cette conviction n’at-teint les vérités de la fui que comme vraies& non pas comme utiles, comme néces-1 aires à soutenir hautement & à professerextérieurement. Le chrétien doit íans douteregarder les vérités de la foi de cette der-niere foçon; mais c'est abuser des termesque d'appeler la disposition de son espritune certitude , c’est plutôt un amour deces mêmes vérités. Il a la vertu & la grâcede foi s’il meurt plutôt que de démentirpar sos actions ou par ses paroles, la per-suasion dont il est plein ; mais il n'est paspour cela plus fortement persuadé de cesmêmes vérités que le géomètre de ses théo-rèmes , pour lesquels il ne voudroit pasmourir ; parce que le chrétien & notregéomètre regardent tous deuxcommevraiesles propositions qui sont l’objet de leur per-suasion. Or comme la vérité n’est pas su-sceptible de plus & de moins dans deux pro-positions bien constantes & bien prouvées,on ne peut pas raisonnablement regarderl'une comme plus vraie que l’autre.

Ce principe me conduit à dire aussi quela foi précisément comme persuasion n’é-toit pas plus grande dans les chrétiens quila confelsoient à la vue des supplices dansles martyres , que dans ceux que la craintefaisoit apostasier. En effet, les tyrans ne seproposoient pas d’arracher de Fesprit despremiers chrétiens la persuasion intime desdogmes de la religion , tk d’y faire succéderla croyance des divinités du paganisme ;on vouloit qu’un chrétien bénît Jupiter &sacrifiât aux dieux de l’empire ; ou bienon le puniísoit, parce qu’il ne profelloitpas la religion de Fempereur, mais fans. ie proposer de la lui foire croire. Lt en es-