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fer pense-r-on que les apostats, après 'avoirsuccombé à la rigueur des supplices , hono-rassent du fond du cœur Jupiter auquel ilsvenoient d’oífrir de l’encens, Sc cellaílèntde croire à J. C. auílìtôt qu’ils l’avoientblasphémé: ils n'avoient plus la vertu dela foi , la grâce de la foi ; mais ils ne pou-voient oter de leur esprit la persuasion dela mission de Jesus-Christ , qu'ils avoientsouvent vu confirmée par des miracles ; lesmotifs puillans qui les avoient amenés àla foi chrétienne , ne pouvoient pas leurparoître moins forts, parce qu'ils étoienteux-mêmes plus foibles, Sc leur persuasiondevoit rester absolument la même, au moinsdans les premiers momens , Sc jutqu’à ceque le désir de justifier leur apostasie leurfit fermer les yeux à la vérité.
La certitude qu’on a des vérités de lafoi n’est donc pas plus grande lorsqu'on.meurt pour les soutenir que lorsqu’on lescroit fans en vouloir être le martyr : parceque dans l’un &: dans l’autre cas, on nepeut que les regarder comme égalementvraies. Et par la même raison, la certitudede sujet des vérités de la foi , n'est pas plusgrande que celle qu'on a des vérités évi-dentes , ou même que celle des vérités dugenre moral, lorsque celle-ci a atteint ledegré de certitude qui exclut tout doute.
Passons maintenant à la certitude obj ective.
II n'y a nulle difficulté entre les théo-logiens fur cette espece de certitude, Sc l’ondemeure communément d’accord qu'elleappartient aux objets de la foi, comme àceux que la raison nous fait connoître , Scmême qu’elle appartient aux uns Sc auxautres dans le même degré. Il est vrai quequelques théologiens ont avancé que l’im-poílìbilíté que ce que Dieu atteste ne soitvéritable, est la plus grande qu’on puisseimaginer : Sc qu’eu égard à cette impossibili-té, les objets de la foi sont plus certains queceux des sciences; mais cette préteníion estrejetée par le plus grand nombre , Sc avecraison; car les vérités naturelles sont lesobjets de la connoissmce de Dieu , commeles vérités révélées de son témoignage. Oril est aussi impossible que Dieu se trompedans ce qu’il lait, que dans ce qu’il dit ìje ne m’arrête pas íur une chose si claire.
Quant à ceux qui prétendroient que lesTome XIF,
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objets de la foi ne sont pas aussi certainsque ceux de la raison, nous leur feronsremarquer que , dans la question dont ils’agit, on suppose la vérité, l’existence des; uns Sc des autres ; Sc que cette vérité,cette existence étant une fois supposées,ne sont pas susceptibles de plus Sc de moins.C’est ainsi que, quoique j’aye beaucoup plusde preuves de l’existence de Rome que d’un; fait rapporté par un ou deux témoins ; quoi-que la certitude de motif de mon adhésionà cette proposition Rome existe , soit plusgrande que celle de mon adhésion à cetautre fart; s’il est question de la certitudeobjective, Sc si nous supposons véritablele fait attesté par deux témoins, on doitregarder Sc l’existence de Rome Sc ce faitcomme deux choies également certaines.Et qu’on ne dise pas que les vérités de lafoi étant dans le genre moral, ne peuventpas s’élever au degré de certitude objec-tive qu’atteignent les vérités géométriquesSc métaphysiques : car je ne crains pas d’a-vancer que de deux propositions, vraiestoutes les deux , l’une dans l’ordre de lacertitude morale & l’autre de mathématique,s’il est question de la certitude objective »celle-ci n’est pas plus certaine que l’autre :que si cette proposition est un paradoxe »c’est la faute des philosophes, qui n'ayantpas conçu que cette certitude objective estla vérité même, ont fait deux expressionspour une même chose ; Sc d’après cela sesont jetés dans une question trbp clairepour être examinée, quand on la conçoitdans les termes naturels. En ester, c’est com-me si l’on demandoit s’il est aussi vrai queCésar a existé, qusil est vrai que deux &deux sont quatre ; or personne ne peuthésiter à répondre que l’un est aussi vraique l’autre, quoiqusil y ait ici deux genresde certitude dissérens. La certitude objec-tive des vérités de foi est donc encore é-gale à celle des vérités dont la raison nouspersuade.
Il nous reste à parler de la certitude demotif : c’est la feule qu’on puiste appelerproprement certitude j c’est la liaison dumotif fur lequel est fondée votre persua-sion , avec la vérité de la proposition quevous croyez ; de sorte que plus cette liai-son est forte, plus il est difficile que leFfffí