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persuasion ; car cela posé , cette même per-suasion pourra être méritoire, & le refuspourra en être criminel. Or voici ce qu onpeut dire fur cela.
Quoique les idées qui font jetees dans no-tre ame d'après l'im pression des objets ex-térieurs j ne soient point fous 1 empire de laliberté au premier moment ou elles y en-trent à mesure qu elles nous deviennent plusfamilières, nous acquérons fur elles le pou-voir de les appeler ou de les éloigner, Scde les comparer à notre gré , au moins horsdes cas des grandes paillons ; & tout celatient farts doute en grande partie au mécha-nifme de nos organes. Or, du pouvoir quenous avons d'appeler, d’écarter & de com-parer à notre gré les idées , fuit manifeste-ment fempire que nous avons fur notre per-suasion : car toute persuasion résulte de lacomparaison de deux idées ; Sc si nous écar-tons les idées dont la comparaison nous con-duirait à la persuasion de certaines vérités,nous fermerons par-là f entrée de notre es-prit à la persuasion de ces mêmes vérités.
Mais , pourra-t-on dire , lorlque nousécartons ces idées, la persuasion est déjà en-trée dans notre ame ; car nous ne les écar-tons que pour ne pas faire la comparaisonqui nous y conduirait. Nous savons doncque cette comparaison nous conduirait à lapersuasion ; mais cela posé , nous sommesdéjà persuadés , & nous ne foisons que nousdispenser de réfléchir fur notre persuasion.
Je répons qu'en faisant cette instance , onconviendrait que la persuasion réfléchie estlibre. Or un théologien peut soutenir avecbeaucoup de vraisemblance que la foi estune persuasion réfléchie ; Sc Ion voir quedans ce sentiment il est facile de concevoircomment elle est méritoire, Sc commentelle est une vertu.
Mais fons considérer ici la foi en parti-culier, on peut dire que toute persuasionen général est libre, entant que réfléchie,quoiqu elle ne le soit pas entant que directe.Il y a une premiere vue de l'esprit jetée ra-pidement fur les idées & fur les motifs dela persuasion, qui suffit pour soupçonnerla liaison des idées & b solidité des motifs,Se qui ne suffit pas pour en convaincre. Cesoupçon n'est rien autre chose qu’un senti-ment confus z c est b vue mal terminée d'un
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objet qui nous épouvante dans ['éloigne -ment, que nous reconnoiflons, Sc que nouscraignons de fixer. Dans cet état on n’a pasfur la liaison des idées , le degré d'attentionnécessaire pour former un jugement décidé,Sc pour avoir une persuasion réfléchie. Orje croirais volontiers que l’exercice de laliberté n a pas lieu dans ce premier moment:auíïì n'est-ce pas alors que la persuasion desvérités de la foi est méritoire. L'incrédulele plus obstiné peut sentir confusément la.vérité des motifs de crédibilité qui condui-sent à la religion , & ne pas en être per-suadé ; Sc les remords Sc les inquiétudesdont on dit que ces gens-là font tourmen-tés , prennent leur source dans ce sentimentconfus.
r.". Voici encore une autre maniéré d'ex-pliquer comment la persuasion est libre. Lesvérités de la religion sont établies par despreuves , Sc combattues par des objections.La persuasion résulte de 1 a conviction in-time , de 1a force de celles-là, & de la foi-bleflè de celles - ci. Il est certain que celuiqui détournera son esprit de la considéra-tion des preuves pour Rattacher aux diffi-cultés qui les combattent, quoique les dif-ficultés soient foibles Sc les preuves fortes *opposera très-librement des obstacles à la.persuasion; Sc c'est ce que nous voyons ar-river tous les jours,.
I.a volonté , dit Paschal, ejl un des prin-cipaux organes de la créance , non qu’elle:forme la créance , mais garce que les choses:paroijfent vraies ou fausses, selon la force parlaquelle on les regarde. La volonté qui féplaîtà l’une plus qu’à Vautre , détourne l’espritde considérer les qualités de celle qu’elle n’aime:pas : & ainsi l’efprit marchant d’une pieceavec la volonté , s’arrête à considérer la facequ’elle aime ; & en jugeant par ce qu’elle yvolt, il réglé insensiblement fa créance suivantl’inclination de la vo'onté.
3 0 . Toute cette difficulté supposé quel'évidence des preuves de la religion, est telle,,qu'on ne peut pas ne pas s'y rendre aussi-tôt qu'on les comprend : or c'est cc qui 11'estpoint. Ecoutons encore Pasohal fur ce su-jet : II y a dit-il, dans l’économie généralele la religion , ajfe^ de lumière pour ceux quene défirent que de voir , & affi £ d’obscurité■pour ceux qui ont une disposition contraire.,.