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s(sc{ d y obscurité pour aveugler les réprouvés , '6* ajfe{ de clarté pour les condamner & lesrendre inexcusables.
En général, quoique les preuves du genremoral, lorsqu elles font portées à un certaindegré d’évidence , entraînent le consente-ment avec beaucoup de force, il est: cepen-dant vrai qu’elles n'exercent pas fur Tespritun empire aussi puissant que celles qui sontde Tordre métaphysique. La possibilité ab-solue du contraire que les preuves mora-les laissent toujours subsister, suffit pourdonner lieu à ^incrédulité. Cest ainsi qu’ona vu au commencement de ce siecíe un sa-vant , appuyé de conjectures légéres , révo-quer en doute des faits établis fur les preu-ves morales les plus complettes.
Voilà ce que nous avions à dire de lafoi considérée comme vertu.
I,a foi est encore une grâce . Ceci a besoind’explication ; car on ne voit pas d'abord ceque peut avoir de commun avec la grâce,une persuasion qu un certain concours depreuves produit dans 1 esprit. Voici donccomment cela peut s’entendre.
i°. La foi est une grâce extérieure , c’est-à-dire que Dieu sait une grande grâce, uneextrême faveur à ceux qu’il place dans descirconstances où les vérités chrétiennes en-trent plus facilement dans leur ame, & oùles préjugés riopposent point à la foi des«bstacles trop grands. j
i°. La foi est une grâce intérieure. Si l’hom-me a besoin du concours de Dieu pour lamoindre action, ce concours lui est néces-saire pour arriver à la persuasion des véritésde la foi. Or ce concours est surnaturel.
On n’a pas encore expliqué bien nette-ment ce qu’on doit entendre par ce mot,Holden dit que les actes de foi font divins& surnaturels , tant à cause qu’ils font ap-puyés fur la révélation divine , que parcequ’ils ont pour objet des mystères & deschoses divines fort au-destus de Tordre dela nature. Liv. I. chap. ij. Cela s’entend asterbien. Mais les théologiens regardent cetteexplication comme insuffisante , & ils exi-gent qu’on dise encore que Tacte de fui estsurnaturel entitativement. Voye£ Grâce &Surnaturel.
La foi riest pas la premiere grâce ; carDieu donne des grâces aux infidèles pour
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arriver a la foi : c’est la doctrine catholique.
Dans les définitions & les divisions qu'orta données de la foi , on a aster ordinaire-ment confondu la foi comme persuasion,comme grâce & comme vertu : c’est pour-quoi nous al ons faire quelques remarquesfur ces définitions & ces divisions.
On définit la foi , une vertu divinementinfuse, une lumière surnaturelle, un secours,un don de Dieu qui nous fait acquiescerfermement aux vérités révélées, par le motifmême de Tautorité de Dieu.
Je crois qu’il làudroit dire que c’est unepersuasion ferme des vérités révélées parDieu , fondée fur Tautorité de Dieu même,sauf à faire entendre ensuite que cette per-suasion est méritoire, & quelle est une ver-tu ; que nous avons besoin d’un secourssurnaturel pour nous y élever, & quelleest une grâce en ce sens. On voit au con-traire dans la définition communément re-çue , la vertu de la foi , la grâce de la foiLc la persuasion que renferme la foi , en-tièrement confondues.
Quelques théologiens ajoutent dans cettedéfinition, après ces mots révélées par Dieu ,ceux-ci, & proposées par l’Eglise.
Mais Juenin remarque que cette addi-tion n’est pas essentielle à la définition dela foi ; & que quoique TEglise propose com-munément les choses révélées comme telles,on peut cependant croire un dogme fansque TEglise le propose. Cette question dé-pend de l’examen de celle-ci, quand & com-ment P Eglise propofe-t-elle aux fideles un dog-me comme révélé ? On doit en trouver lasolution aux articles Eglise & Ré vélation.
On divise la foi i°. en habituelle & ac-tuelle , & cette division peut s’entendre dela foi considérée fous les trois rapports, depersuasion, de grâce & de vertu. Mais qu’est-ce que la foi habituelle ? Est-ce une qualitéhabituelle dans le sens de la philosophie d’A-ristote î C’est sur quoi TEglise ria point pro-noncé définitivement. Cependant, depuis lafin du douzième íìecle, les théologiens seíont servis du terme d ‘habitude pour expli-que* ce que l’Egliíe enseigne sur la naturede la grâce sanctifiante qui est répandue enTáîfie par les lacremens , à savoir que c’estquelque chose d’interne ou d'inhérent Scdistingué des actes.