FOI
('infidélité négative, c’est-à-dire le défautde fui , lorsqu’on n’a pas résisté positive-ment aux lumières de la soi qui se présen-toient, n est pas un péché. C'est le senti-ment le plus communément reçuSuar. disp, xvij. ); & en effet, il leroit ridi-cule de prétendre qu’on peut pécher fansaucune espece d’actíon délibérée : or fin fi-dèle , négatif par l’hypothese , n’exerce au-cune sorte d’action délibérée relativement àla foi. C'est la principale raison qu’apporteSuarès dans 1 endroit cité ; ce qu’il appuyéencore de ce paliage qui semble décisif: j<-non venijsem ct loquutus eis fuijfem , peccatumnon haberent , Joa/i: i
D'après ce principe, ces hommes ne pé-tillent pas pour n'avoir pas eu la fui , maispour les contraventions à la loi qu'ils con-noilsent, & qui est écrite au fond de leurcœur : c'est la doctrine de S. Paul aux Ro-mains , quicumque Jìne lege peccaverunt , Jinelege peribunt , &C.
Cependant on fait fur cela une difficulté :si ces hommes obíervoient la loi naturelle,leur infidélité négative ne leur étant pas im-putée à péché, ils pourroient éviter la dam-nation , & par conséquent arriver au salutsans la foi ; 8c cette nécessité absolue de lafoi souffrira quelque atteinte.
On répond, i°. que cet argument est d'a-près une hypothèse qui n'a jamais lieu,parce que jamais un infidèle n'a observé laloi naturelle dans tous ses points. Cette ré-ponse ne me semble pas solide , parce quelt cet infidèle a des moyens suffi sans pourobserver la loi naturelle , s'il a même le se-cours de la grâce pour cela, il peut fortbien arriver qu'effectivement il l'observe :c'est ce que prouve clairement l'hypotheseque fait Celsius, de animab. Pag. lib. I. cap.xiij-, d'un petit payen qui, c ommençantà user de sa raison, observerait la loi natu-relle , & passerait un jour sans se rendrecoupable d’aucun péché mortel. Hypo-thèse assurément très-possible , 8c qu'on nepeut contester.
a°. S. Thomas répond que si ces hom-mes observoient la loi naturelle , Dieu leurenverrait plutôt un ange du ciel pour leurannoncer les vérités qu il est nécessairequ’ils croyent pour arriver au salut, ouqu’il userait de quelque moyen extraor-
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' dinaíre pour les conduire à la foi, 8c qu'ainsiils ne se sauveraient pas fans la foi ; ou s'ilsfermoient les yeux à la vérité après lavoirentrevue, leur infidélité cesserait d etre pu-rement négative.
Mais cette réponse n’est pas encore satis-faisante ; car on peut toujours demanderfi Dieu est obligé, par fa justice 8c fa bonté,d’envoyer cet ange ct d accorder ce secours ;s’il y est obligé , la gratuité de la grâce dela foi est en grand danger ; s'il n’y est pasobligé , on peut supposer qu’il n’employerapas ces moyens extraordinaires ; & dansce cas, il reste encore à demander si cetobservateur fidele de la 1 -oi naturelle sesauvera sans la foi , auquel cas la foi n’estpas nécessaire ; ou sera damné , ce qui estbi< n dur.
3 0 . Pour sauver en même temps & lanécessité & la gratuité de la foi , S. Thomasen un autre endroit soutient nettement queces honnêtes payens sont privés de ce secoursabsolument nécessaire pour croire , & sontdamnés en punition du péché originel, inpeenam orìginalis peccati.
On trouve cette réponse, fecunda secun-do , quœfi. fecunda , crt. 5 . Ce pere de-mande si la foi explicite est nécessaire ausalut: il se sait l’objection que souvent iln’est pas au pouvoir de l’homme d’avoir lafoi explicite , selon que dit S. Paul aux Ro-mains , ch. x. Quomodò credent in illwn quemnon audierunt ? quomodò audient fine prae-dicante ? quomodò autan prcedicabunt nifimittantur ? L’homme en question , dit-il, ^l’infidele dont nous parlons , & à qui l'évan-gile n’a pas été annoncé , ne peut pas croirefans le secours de la grâce , mais il le peutavec ce secours. Or ce secours est accordépar la pure miséricorde de Dieu , à ceux àqui il est accordé ; & quant à celui au-quel il est refusé , ce refus est toujours dansDieu un acte de justice, & pour l’hommela peine de ce péché précédent, 01 au-moins , dit-il, du péché originel, selon S.Aug. lib.decorr. ct gratiâ ,Ad multa teneturhomo quee non potefi jìne qratiá réparante. . ,ct fimiliter ad credendum articulos jìd i. . .quod quidem auxilium ( gratice ) , quibafeum -que divinitus datar mifericorditer ; quibusautem non datur ex jufiitiâ , non datur inpatnam prœcedentis peccati , ct faltem origi-,
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