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Encore quelques réflexions. J J ai cléjaaverti que je ne m’aflervilsois à aucun ordre.
Celui qui, en supposant la nécessité dela foi en J. C. pour le lalut, diroit quedes payens &' des sauvages font élevésà cette connoissimce par un secours extra-ordinaire de Dieu & par la grâce , &qu’ils ont reçu le don de la foi , diroit unechose peu vraisemblable, mais ìïavanceroitrien de contraire à la doctrine chrétienne :car la doctrine chrétienne nsost pas que horsceux qui font viíìblement de leglise , &qui ont entendu tk reçu la parole de Ré-vangile, tous les autres péril! en t éternel-lement ; c’est íeulement que celui qui necroit point íera condamné ; que celui quine fera point de leglise par la foi n’entrerapoint dans le royaume des cieux : mais ellene décide pas que hors ceux qui font vi-siblement de leglise , & qui ont reçu parles moyens ordinaires la prédication delevangile, aucun n ait la foi : en un motcette proposition , hors 1 ‘église & fans la foipoint de salut , liest pas la môme que celle-ci , hors de Véglise visible point de foi. Ledogme de la nécessité de la foi ne reçoitdonc aucune atteinte de Ropinion de ceuxqui dilent que des payens tk des sauvagesíe lont lauvés par la foi.
Mais, dit-on , ces gens-là ne peuventpas croire , selon ce paslàge de S. Paul :quomodo credent , fi non aitdierunt ; quomodoaudient , fine predicante ? ils sont donc sau-vés fans la foi ?
Ces théologiens répondent, que les payens& les sauvages en question ne peuvent pascroire par les voies ordinaires ; mais querien n’empêche que Dieu n éclaire leur es-prit extraordinairement ; que personne nepeut borner la puislànce & la bonté de Dieujusqsoà décider qu'íl n'accorde jamais cessecours extraordinaires , tk qudî est bienplus raisonnable de le penser, que de s obs-tiner à croire que tous ceux à qui Révan-gile n'a pas été préché, & qui font la plusgrande partie du genre humain, pétillentéternellement , fans qu'un seul arrive ausalut que Dieu veut pourtant accorder àtous.
Cependant onvoit que Rhypothèsédece se-cours extraordinaire est absolument gratuite.
On éprouve quelque difficulté à concilier.
FOI
ensemble la nécessité & la gratuité de la fol.
Si la foi est nécessaire ; & si tous les hom-mes ont des moyens sustìsans pour arriverau salut, il est clair que Dieu donne à tousles hommes des moyens suffisons pour ar-river à la foi.
Des moyens sussisans pour arriver à lafoi , sont ceux dont le bon usoge amenecertainement & infailliblement le don de lafoi , autrement ces moyens ne- léroient pasiuffisons ; de sorte que celui qui use deces moyens, autant qu'il est en lui, reçoittoujours la grâce de la .fi, selon cet axio-me : facienti quod in fe cfl cum ipfo gratiteauxilio , Deus non denegat gratiam. Les in-fidèles ont donc des moyens dont le bonusoge les conduirait infailliblement à lagrâce de la foi. Qu son prenne garde queje ne dis pas que ces moyens soient pu-rement naturels.
Mais , dira-t-on , s'il y a des moyensdont le bon usage conduirait infaillible-ment à la foi , il peut y avoir des circons-tances dans lesquelles Dieu ne peut pas fedispenser , à raison môme de sa justice oudu. moins à raison de so bonté , d accorderle don de la foi ; & cela posé, commentest-il vrai que la foi est une grâce, qu’elleest purement gratuite , tk que Dieu nela doit à personne ?
Je réponds, i°. si par impossible les deuxdogmes de la gratuité de la grâce & de lasuffisance des moyens que Dieu donne auxhommes pour le salut, étoient incompa-tibles , il soudroit conserver ce dernier,Sc abandonner lautre.
2°. Notre doctrine est une suite mani-feste du principe que nous avons cité, &•qui parait bien raisonnable, facienti omnequod in fe efi, &c. car il fuit delà que Rin-hdele qui uíé , autant qu*il est en lui , desgrâces qui précédent, la foi , obtient tou-jours la grâce d efoi.
3 e . Dans Rhypotheso que nous faisons ,csost la grâce, à laquelle notre infidèle ré-pond , qui amene la grâce de la foi. Or ledogme de la gratuité, de la foi,, ssoppofebien à ce que les seules forces de la na-ture Rappellent, mais non pas 'à ce que lafidélité aux premières grâces amene cellede la fii.
. Quoique la foi soit néceílaire au soin:,