FOL
Ce comté peut se glorifier d avoir donnele jour à Bayle. Il naquit à Caria t le 8 No-vembre 1647, & mourut a Roterdam laplume à la main le 18 decembre 1706 :Ion diclionn. hiftor. est le premier ouvragede raisonnement en ce genre, ou 1 on pmsteapprendre à penser : mais il faut abandon-ner, comme dit M. de Voltaire , les arti-cles de ce vaste recueil, qui ne contiennentque de petits faits, indignes à la fois dugénie de Ba>le , d’un lecteur grave , & dela postérité. {D. J.)
FOKIEN , ( Géog . ) province maritimede la Chine, & la onzième de cet empire.Elle a f océan des Indes à Best & au lud-est ; la province de Quanton, au sud-ouest;celle de Kiansi à l‘ouest, & celle de Tche-kian, au nord, selon M. de Liste. V. le P.Martini dans son Atlas de la Chine. Long.234, 1 q,9 ; fat. 43, 30, itc. ( D. J. )
FOL ou FOU , f. m. vqyep Folie.
Fol , & depuis Fou , ( Littérat. mod. )bouffon de cour entretenu aux dépens duprince.
L usage des rois d’avoir des fous ou desbouffons à leur cour , pour les divertir parleurs bons mots, leurs gestes , leurs plaisan-teries , ou leurs impertinences : cet usage ,dis-je , tout ridicule qu’il est , remonte as-sez haut dans Phistoire moderne.
A u commencement du neuvieme siécle,Fempereur Théophile avoir pour fou unnommé Daudery , qui par son indiscrétionpensa cauler les plus cuisanschagrins à Pim-pératrice Théodora. Il s’avisa d’entrer unjour brusquement dans le cabinet de cetteprincesse, lorsqu’elle faisoit ses prières de-vant un oratoire orné de très-beiles imagesqu’elle gardoiten grand secret, pour éviterque Fempereur , qui étoit Iconoclaste , eneût connoistance. Daudery , qui n’avoit ja-mais vu (limages, lui demanda vivementce que c’étoit : à quoi Théodora réponditque c’éroit des poupées qifelle préparoitpour donner à ses filles : fur cela Dauderyvint dire au dîner de Fempereur, qu il avoirtrouvé Pimpératrice occupée à baiser lesplus jolies poupées du monde. Théodoraeut bien de la peine à se tirer de ce mau-vais pas : mais elle fit fi bien châtier le foude Fempereur, qu elle le corrigea pour ja-
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mais de parler de tout ce qui pourroit laregarder.
Après Pexpédition des croisades, on vitla mode d’avoir des fous s établir dans tou-tes les cours de PEurope, dans celles d’Ita-lie, d’Ailem’lgue, d'Angleterre, & de Fran-ce. Ici les princes du bon air voulurentavoir des fous à leur fuite, qui leur servis-sent de joiiet & d’amusement. Là les gran-des maisons íe protutoient un fol qu onhabiìloit ridiculement , afin que Phéritierprésomptif eút occasion de se divertir deles discours ou de ses bévues. En Italie ,Nicolas 111 , marquis d’Est & de Ferrare,avoir à fa cour un fou ou bouffon nomméGonelle , qui devint célébré par ses repartiôs.
; E11 France , on poustà la chose plus loin
que par-tout ailleurs : car Pemploi de fou àla cour y fut érigé en titre d office parti-culier. On conserve dans les archives deTroies en Champagne une lettre de Char-les V., qui écrivit au maire Sc aux éche-vins , que son fou étant mort, ils enflentà lui envoyer un autre fou , suivant la cou-tume, A S. Maurice de Senlis , on lit cetteépitaphe: “ Cy gist Thévenin de Saint-Lé-gier, fou du roi notre sire, qui trépassa lepremier Juillet 1374: priez Dieu pour Pâ-me de ly ”.
Le fou de François I. nommé Tribmlet ,disoit que Charles-Quint étoit plus fou quelui de passer par France pour aller aux Pays-bas ; mais, lui dit François I. Si je le laissepasser ! En ce cas , dit Triboulet, j’effaceraison nom de mes tablettes , & j’y mettrai levôtre. Cependant Charles-Quint avoit raisonde ne pas hésiter , en se rendant dans lesPays-Bas, de passer en France fur Binyita-tion d’un monarque qui, après la bataillede Pavie, mandoit à la duchesse d’Angou-lême : tout e(l perdu , hormis l’honneur.
Le dernier, fou de cour dont il soit parlédans notre histoire, est le fameux l’Angely,que M. le Prince amena des Pays-Bas, &qu’il se fit un plaisir de donner à Louis XI V.Mais FAngely étoit un f h u plein desprit,qui trouva le secret de plaire aux uns , dese faire craindre des autres, & d’amallerpar cette adresse une somme de vingt-cinqmille écus de ce temps-là. On fait à ce sujetles deux vers de Defpréaux , & le bon motde Marigny, qui étant un jour au dîner duM m m m m 1