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roi, dit à quelqu’un , en voyant l’Angelyqui amufoit Louis XIV. par ses bons mots:“ De tous nous autres fous qui avons suiviM. le Prince, il n’y a que l’Angely qui aitfiait fortune Cependant les railleries pi-quantes de l’Angely le firent à la fin chas-ser de la cour ; & depuis , cette espece defous n’y a plus paru. L’Angely disoit qu’iln’alloit pas au sermon, parce qu’il n’aimaitpas le brailler , & qu’il n’entendait pas le rai-sonner. ( D. J.)
Fol Appel, ( Jurisprud .) est: celui quiest interjeté témérairement & fans cause,ni moyens valables. L’amende du fol appel ,proprement dit, est la grosso amende à la-quelle on condamne celui que l’on déclarenon redevable dans Ion appel. Voyet^ l’or-donnance de 1^39- art - 9&- & ée praticien deFerriere, tit. des appellat. Cependant quel-ques-uns entendent par fol appel tout appeldans lequel l’appelant succombe ; & paramende du fol appel ils entendent auílì l’a-mende ordinaire à laquelle en ce cas oncondamne l’appelant. ( A )
FOLIATION , s. f. ( Bot. ) c’est propre-ment l’afiemblage des feuilles ou pétales co-lorés qui composent la fleur même.
FOLIE, s. f. ( Morale .) S’écarter de laraison , lans le savoir, parce qu’on est pri-vé d idées , c’est être imbécille ; s’écarter dela raison le sachant, mais à regret, parcequ’on est esclave d’une passion violente,c’est êtr tfoible: mais s’en écarter avec con-fiance , & dans la ferme persuasion qu’onla suit, voilà, ce me semble, ce qu’on ap-pelle être fou. Tels font du moins ces mal-heureux qu’on enferme, & qui peut-êtrene diffèrent du reste des hommes, que par-ce que leurs folies font d’une espece moinscommune, & qu’elles n’entrent pas dansl’ordre de la société.
Mais puisque la folie n’est qu’une priva-tion , pour en acquérir des idées plus dis-tinctes , tâchons de connoître ion contrai-re. Qu’est-ce que la raison ; Ce qu’on ap-pelle ainsi , au-moins dans un sens contrai-re à la folie , n’ell autre chose en généralque la connoiflance du vrai ; non de cevrai que Fauteur de la nature a réservépour lui seul, qu’il a mis loua de la portée de notre esprit , ou dont la connoiíïàn-ce exige des combinaisons multipliées ;,
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mais de ce vrai sensible, de ce vrai quiest à la portée de tous les hommes , ctqu’ils ont la faculté de connoître , parcequ’il leur est nécessiire , soit pour la con-servation de leur être , soit pour leur bon-heur particulier , soit pour le bien généralde la société.
Le vrai est physique ou moral : le vraiphysique consiste dans le juste rapport denos sensations avec les objets phyliques,ce qui arrive quand ces objets nous affec-tent de la même maniéré que le reste deshommes : par exemple , c’est une folie qued’entendre les concerts des anges commecertains enthousiastes, ou de voir, commedom Quichotte, des géans au lieu demoulins à vent, & l’armée d’Alifanfaron,au lieu d’un troupeau de moutons.
Le vrai moral consiste dans la justeflèdes rapports que nous voyons, soit entreles objets moraux , soit entre ces objets ctnous. Il résulte de-là que toute erreur quinous entraîne est folie. Ce font donc devéritables folies que tous les travers de no-tre esprit, toutes les illusions de l’amourpropre, ct toutes nos passions , quand ellesfont portées jusqu’à l’aveuglement ; carl’aveuglement est le caractère distinctif dela folie. Qu’un homme commette une ac-tion criminelle , avec connoiflance de cau-se , c’est un scélérat ; qu’il la commette,persuadé qu’elle est juste , c’tst un feu. Cequ’on appelle dans la société dire ou fairedes folies , ce n’est pas être fou , car onles donne pour ce qu’elles font. C’est peut-être sagellè , si 1 on veut faire attention àla foibìelse de notre nature. Quelque hautque nous fassions sonner les avantages denotre raison , il est aisé de ’ oir qu’elle estpour nous un fardeau pénible, ct que,pour en soulager notre a*e , nous avonsbesoin de temps-en-temps au moins del’apparence de la folie.
La folie paro t venir qu; lquefois de l’al-tération de Famé qui si* communique auxorganes du corps , quelquefois du déran-gement des organes du corps qui influefur les opérations de Famé ; c’est ce qu’ilest fort difficile de démêler. Quelle qu’ensoit la cause , les effets sont les mêmes.
Suivant la définition que j’ai don ée dela sotie physique ct morale, il y a mille