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Tome quatorzième.
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celui qui la possede , elle est un vrai tré-sor , puisqu'elle fait ion bonheur.

Que lî quelques-uns de ces fous parois-soient pour la premiere fois chez une na-tion qui 11'eût jamais connu que la raison,il est vraisemblable qu'on les feroit enfer-mer. Mais parmi nous l’habitude de lesvoir les fait supporter ; quelques-unes deleurs folies nous font néceslaires , d’autresnous font utiles , presque toutes entrentdans l'ordre de la société , puisque cetordre n'est autre chose que la combinai-son des folies humaines. Que s’il en estquelques-unes qui y paroistent inutiles oumême contraires , elles font le partaged’un íî grand nombre d'individus , qu'il11'est pas possible de les en exclure. Maiselles ne changent pas de nature pour cela :chacun reconnoît pour folie celle qui n'estpas la sienne , Sc souvent la sienne propre,quand il la voir dans un autre.

Folie , ( Médecine. ) est une espece delésion dans les fonctions animales ; cettemaladie de l’efprit est si connue de tout lemonde , qu’il n'est aucun des plus fameuxnofigraphcs qui ait cru devoir en donnerune idée précise , une définition bien dis-tincte ; il n'en est traité expressément nullepart. Voye £ les œuvres de Sennert , deRiviere, d’Etmuller, d’Hoffman, de Boer-haave, ùc.

Comme la folie consiste dans une forted'égarement de la raison , dans une dé-pravation de la faculté pensante (dont l’a-bolition est ce q u'on appelle démence , voye £Démence ) ; dépravation qui a lieu avecdifférentes modifications dans le délire,dans la mélancolie , dans la manie : 011 aconfondu la folie avec l’une ou 1 autre deccs maladies , mais plus communémentavec la derniere de ces trois ; parce quela folie est comme le prélude de la manie,& a esièntiellement plus de rapport avecelle qu'avec aucune autre : de maniérécependant que la folie peut avoir lieu &subsister pendant longtems , pendant tou-te la vie même, fans être jamais suiviede la manie proprement dite.

L'erreur de l'entcndcment qui juge mal,durant la veille, de choies íur lesquellestout le monde pense de la même manié-ré , est le genre de ces trois maladies. On

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donne ordinairement à ce genre le 110mde délire ; quoiqu'on appelle aussi de cenom une de ses especes , dans laquellel'erreur dont il vient dette fait mention,est de peu de durée , & forme un symp-tôme de fievre , de maladie aiguë , qui,lorsqu’il porte à la fureur , est appelé pkré-nésie. Voy. Délire, Fievre, Phrénésie.

La folie est aussi distinguée de la m élan- ,colie , en ce que le délire dans celle-ci 'rend les malades inquiets , ne roule quefur un seul objet, ou sur un petit nombred’objets le plus souvent tristes , & n'est pasuniversel ; au lieu qu'il a cette derniere qua-lité , & qu'il est sans inquiétude & fanstristestè dans la folie & dans la manie ;ue dans celle-la par conséquent le mala-e est tranquille & s'oecupe de toute sorted’objets indifféremment avec la même ex-travagance , & que dans la manie le dé-lire est accompagné d’audace , de fureur ,toujours fans fievre ellentielle , ce qui distingue la manie de la phrénésie : & si lafureur dans celle-la est portée à l'extrême,on lui donne le nom de rage.

Ainsi la folie est à la manie par la mo-dération de ses effets , ce que la rage està la manie par l'intensité de la violencedes symptômes qui la caractérisent. On estdonc fondé à renvoyer à P article Manie ,tout ce qu’il y a à dire de ce s trois sortesde délire sons fievre , entre lesquels on nedoit distinguer la folie , que parce qu'ellcest sons violence , sons fureur , qui setrouvent toujours plus ou moins dans lesdeux autres especes ; on peut voir aussibien des choses qui ont rapport à toutesles trois dans Varticle Mélancolie, (d)

FOLIES d'Espagne , ( Mufiq. ) air dela danse du même nom, & qui étoit trèsà la mode ci-devant. L’air des folies d’Es-pagne palso alternativement du lent au vite,& du vite au lent. Quantité de musi-ciens , & entr'autres le fameux Corelli , sosont exercés à compoíer des variationsfur cet air.

§ FOLIGNY , Foligno , en latin Fui-ginium ou Eulgìnea , ( Gcogr. ) ville d'Italieen Ombrie , très-ancienne , municipe sousles Romains.

Elle s'agrandit au vm e . siecle , ayantété le refuge des habitans du Forum Fia*-