Ss2 F O N
phénomène dont il est question ; quoiquecette théorie ingénieuse ait obtenu le suf-frage de M. Euler lui-même , peu d’accordd’adieurs, ainsi que moi, avec M. DanMBernouTu fur la nature des courbes que for-me une corde vibrante.
D autres auteurs expliquent ainsi la mul-tiplicité des sons rendus par une même cor-de. Il y a , disent-ils, dans Pair des partiesde différent ressort, différemment tendues,Sc qui par conséquent doivent frire leursvibrations les unes plus lentement, les autresplus v te. Quand on met une corde en vi-bration , cette corde communique princi-palement son mouvement aux parties de Pairqui font tendues au même degré qrPeile,Sc qui par conséquent doivent faire leursvibrations en même temps; de maniéré queces vibrations tommei cent & s’achèvenravec celles de la corde , & par conséquentles favorisent entierement & constamment,Sc en font favorisées de même. Après cesparties de Pair , celles dont les vibrationspeuvent le moins trouble r celles de la corde,Sc en être le moins troublées , font cellesqui font le double de vibrations dans lemême nmps , parce que ces vibrations re-commencent de deux en deux avec cellesde la corde. Le mouvement que ces partiesde Pair reçoivent par le mouvement de lacorde doit donc y persévérer aussi quelquetemps , quoique moins fortement que dansles premières. Par la même raison , les par-ties de Pair qui feroient trois, quatre, cinq,L c. vibrations dans le même temps, doi-vent aussi participer un peu au mouvementde la corde : mais ce mouvement doit tou-jours aller en diminuant de force , jusqu ace qu’enfin il soit insensible. Cette hypo-thèse est ingénieuse : mais je demande i°.pourquoi on n entend que des sens plusaigus que le sen principal ; pourquoi onn’entend point Poctave au-desious, la dou-zième au-delìous , la dix-septieme majeureau-deísous ? Il semble q u on devroit danscette hypothèse les entendre du moins aussidistinctement que les sons au-desi'ous. Carles parties d air qui sent, par exemple, unevibration pendant trois vibrations de la cordeprincipale , sent dans le même cas par rap-port à la concurrence de leurs mouvemens,que celles qui font trois vibrations tandis
F O N
que la corde en fait une. D’ailleurs Inexpé-rience prouve que si l’on fair résonner unecorde , Sc qu’on ait en même temps prèsd’elle quatre autres cordes tendues, doncla premiere soit le tiers , la seconde le cin-quième de la grande , la troisième triple,la quatrième quintuple ; les deux premièresde ces cordes résonneront au bruit de laprincipale ; les deux autres ne feront quefrémir fans résonner , Sc sc diviseront seu-lement en frémissant l’une en trois, Pautreen cinq parties égales à la premiere. Or dansPhypothese présente , il semble que ces deuxdernieres cordes devroient résonner bienplutôt que les deux autres. En effet, celles-ci sont principalement ébranlées & for-cées à résonner par des patries d air dont lesvibrations se sont en trois fois , en cinq foismoins de temps que celles de la corde prin-cipale ; les deux autres qui se divisent enparties égales à la corde principale , sontévidemment ébranlées (je parle dans Phy-pothese dont il s’agit ) par les parties d’airdont la vibration est la plus forte, par cellesqui sont à Punition de la corde principale.Pourquoi ne font-elles que frémir , tandisque les autres résonnent ? Enfin, il me sem-ble que la concurrence plus ou moins gran-de des vibrations est ici un principe absolu-ment illusoire. Pour le montrer , supposonsd’abord qu’une corde fisie deux vibrationspendant qu’une corde double en fait une.Je remarque , cequ’il est très-aisé de voir ,que les vibrations ne seront réellement con-courantes , c’dl-à-dire , commençantes enmême temps, Sc se faisant dans le me me sens ,qu’après deux vibrations de la grande cordeSc quatre de la petite : ainsi dans le tempsque la grande corde fait deux vibrations,les vibrations de cette grande corde serontmoitié troublées par des vibrations contrai-res , moitié favorisées par des vibrationsdans le même sens. Prenons maintenant unecorde qui fisilè cinq vibrations pendant quela grande en fait une : il est encore aisé devoir que les vibrations seront vraiment con-courantes à la fin d’une vibration de la gran-de corde > Sc que pendant cette vibration ,elle aura été troublée par deux vibrationscontraires de la petite corde , & favoriséepar trois vibrations dans le même sins , &en général troublée vendant la nlus petite