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jusqu à ce que vous ayez emporté toutlenitre : séchez votre matière ; íaite-la déton-ner de nouveau avec son poids égal denitre : lavez & détonnez une troisièmefois : enfin réduisez en poudre subtile lajmslè résultante de cette troisième opéra-tion : mettez-la dans une cucurbite ; versezdessus de bon esprit de vin : bouchez-bienexactement votre vaisseau : pendant l’espaced’un mois que vous le tiendrez en diges-tion , vous y mettrez de nouvel esprit-de-vin neuf ou dix fois, & ferez brûler celuiqui aura digéré dessus: séchez lentementvotre préparation ; calcinez-la ensuite pen-dant un jour entier dans un creuset rou-ge : portez cette poudre dans un lieu hu-mide , où vous la taillerez tomber en dé-faillance sur une table de pierre ou de ver-re , ou dans des blancs d’ceufs durcis : ils’en fait une liqueur qu’on seche & conver-tit de nouveau en poudre.
Voilà certainement une préparation quicoûte bien du temps , des peines, & de1 ’efprit-de-vin : mais que résulte-t-il detout ce merveilleux appareil ? On entrevoirà-travers l'obscurité de cette description ,que la premiere. détonation donne un foie( faux ) de Rullandus, que les lavages dé-pouillent du tartre vitriolé , Sc de Ion foied'antimoine : ensorte que le soufre grossierreste avec une matière vitreuse que Ker-kringius appelle la poudre de Rullandus,Voje[ son foie à fart. Antimoine. La se-conde fournit après le lavage une cérused’antimoine , selon les modernes , ou an-timoine diaphorétique , qui ne font autrechose qu’une chaux absolue d’antimoine ;Sc la troisième , qu’on ne lave point cettemême chaux d’antimoine privée des der-nieres parties régulines qui pouvoient n’êtrepas encore décomposées, quoiqu’on la re-garde communément comme chaux abso-lue , après la seconde détonation, Sc del’alkali fixe , ou nitre alkalisé , 5 c peut-êtredu nitre ; à moins que la calcination n’aiíété très-longtems soutenue. L’eíprit-de-vindigéré dessus ne peut donner qu’une tein-ture de tartre qu’on décompose en le brû-lant (voyer^ TEINTURE DE TaRTRE ) , &cn calcinant la matière. Cette poudre miledans un lieu frais, n’est susceptible de dé-faillance que par Ion alkali fixe, qui doit
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être en petite quantité : c’est cette liqueurseule qu’on prend pour évaporer. Il restedonc après tant de travaux un peu d’alkalifixe mêlé d’une petite quantité de terre pro-venant de ses débris , Sc d’une moindrequantité encore de la chaux la plus subtilede l’antimoine , qu’il a pu tenir suspendue& entraîner avec lui , quoique l’acide del'esprit-de-vin ait pu en précipiter une par-tie. Voyei_ MATIERE PERLÉE. Aussi ne faut-if pas s’étonner que Basile Valentin ait at-tribué des vertus miraculeuses à fa poudreblanche : nous en ferons grâce au lecteur.Il est bon de remarquer que c’est la pré-paration que les anciens chimistes appe-loient céruse d‘ antimoine.
Le compilateur Libavius n’entend pasmieux la préparation d’antimoine diapho-rétique , qu’il décrit aussi mal. Calcinez ,dit- il, de l’antimoine crud & du nitre,jufqu’à ce qu’ils ne donnent plus de va-peurs : fûtes bouillir cette chaux dans plu-sieurs eaux ferrées ; macérez la pendant unmois dans de l’esprit-de-vitrioi, que vouschangerez toutes les semaines : fiiites-tarougir plusieurs fois dans un creuset, Sc1 éteignez dans du vinaigre à chaque fois :enfin mettez-la digérer dans de l’esprit-de-vin ou de l’eau de chardon-bénit. Il fautavouer cependant qu’il en résulte vraimentde l’antimoine diaphorétique , où il y aurapeut-être un atome de fer qu'y aura portél’eau ferrée, qui a dû emporter l’alkalifixe, ce nitre, Sc le tartre vitriolé. L’es-prir-de-vitriol digéré sur la matière ; levinaigre , en supposant qu’on ait employéallez de nitre pour la réduire en une chauxabsolue; l’esprit-de vin , Sc l’eau de char-don-bénit , 11’y font ni bien ni mal : Sc fila préparation lui coûte plus de temps Scautant de peines à-peu-près que celle deBasile Valentin , au moins rien perd-ilpas les fruits , comme ce moine qui réduittout à rien. Libavius , lib. II. alchem.t rail. ij. de extraci. pp. 188. 1606.
Lemery , Boerhaave , Monder , Sc Geof-froy , employénr également trois partiesde nitre. L e premier taille calciner la ma-tière pendant deux heures ; le second,pendant un quarr-d’heure, Sc repro.he àBai le Valentin qu’il se donne bien despeines pour dépouiller son antimoine dia-