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Tome XV.
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voye\ P.ersokTME & Nombre. Danstous, Pidée principale est celle de Factionde chanter présentement : telle est encorePidée de Faction de chanter , attribuée à lapremiere personne, à la personne qui parle ;laquelle idée est toujours la même dansk signification des mots cano, canam ,canebam , canerem , cecini , cecineram ,cecinero , cecirtijjem; tous ces mots nediffèrent entr’eux que par les idées acces-soires destems. Foye\ T CMS.

Telle est enfin Tidée de chanteur de pro-fession, qui se retrouve la mêmedans les motscantator 3 cantatoris , cantatori 3 cantato-rem , cantatore 3 cantatores , cantatorumcantatorilus ; lesquels ne diffèrent entreeux que par les idées accessoires des cas& des nombres. Voye\ Cas & NOMBRE.

De cette différence d’idées accessoiresnaiffènt deux sortes de dérivation ; Tuneque Ton peut appeller philosophique ,parce qu’elle sert à l’expreffìon des idéesaccessoires propres à la nature de l’idée 'primitive , & que la nature des idées est duressort de la philosophie ; l’autre, que l’onpeut nommer grammaticale , parce qu’ellesert à l’expreffion des points de vue exigéspar Tordre de Ténonciation, & que cespoints de vue font du ressort de la gram-maire.

La dérivation philosophique est donc lamaniéré de faire prendre à un mot, aumoyen de ses diverses inflexions, les for-mes établies par l’uíàge pour exprimer lesidées accessoires qui peuvent modifier enelle-même l’idée primitive, fans rapport àTordre de Ténonciation : ainsi cantare 3cantitare , canturire , font dérivés philo-sophiquement de canere; parce que l’idéeprimitive exprimée par canere y est modi-fiée en elle-même, & sans aucun rapport àTordre de Ténonciation. Felicior tkfeli-cijsimus font auffi dérivés philosophique-ment de felix , pour les mêmes raisons.

La dérivation grammaticale est la ma-niéré de faire prendre à un mot, au moyende ses diverses inflexions , les formes éta-blies par l’usage pour exprimer les idées ac-cessoires qui peuvent présenter Tidée prin-cipale , sous différons points de vue relatifsà Tordre de Ténonciation : ainsi canis , ca-nit } cammus , canitis , cannnt , caneham ,

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canebas , &c. font dérivés grammaticale-ment de cano parce que Tidée principaleexprimée par cano y est modifiée par diffé-rons rapports à Tordre de Ténonciation,rapports de nombres, rapports de tems,rapports de personnes : cantatoris , canta-tori , cantatorem , cantatores , cantato-rum, &c. font auffi dérivés grammaticale-ment de cantator 3 pour des raisons toutespareilles.

Pour la facilité du commerce des idées,& des services mutuels entre les hommes,il seroit à desirer qu’ils parlassent tous unemême langue, & que dans cette langue ,la composition &c la dérivation, soit phi-losophique, soit grammaticale, fussentassujetties à des réglés invariables & uni-verselles : l’étude de cette langue se rédui-re! t alors à celle d’un petit nombre de radi-caux , des Ioix de la formation , & des ré-glés de la syntaxe. Mais les diverses languesdes habitans de la terre font bien éloi-gnées de cette utile régularité : il y en acependant qui en approchent plus que lesautres.

Les langues grecque &: latine, par exem-ple , ont un système de formation plus mé-thodique & plus fécond que la langue fran-çoise, qui forme ses dérivés d’une maniéréplus coupée, plus embarrassée , plus irré-guliere, & qui tire de son propre fondsmoins de mots composés, que de celui deslangues grecque & latine. Quoi qu’il en soit,ceux qui désirent faire quelque progrès dansl’étude des langues, doivent donner uneattention singulière aux formations desmots ; c’est le seul moyen d’en connoître lajuste valeur, de découvrir Tanalogie phi-losophique des termes , de pénétrer jufqu’àla métaphysique des langues, & d’en démê-ler le caractère & le génie ; connoiflàncesbien plus solides & bien plus précieusesque le stérile avantage d’en posséder le purmatériel, même d’une maniéré imper-turbable. Pour faire sentir la vérité de cequ’on avance ici, nous nous contenteronsde jeter un simple coup-d’œil fur Tanalogiedes formations latines ; & nous sommessûrs que c’est plus qu’il n’en faut, non-feu-lement pour convaincre les bons esprits defutilité de ce genre d’étude, mais encorepour leur en indiquer en quelque forte le