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i’une ou par l’autre de ces passions iles motsamoureusement , amicalement, fervent àmodifier la signification d’un autre mot,par l'idée de cette qualification. Amant &ami font des noms concrets ; amour & ami-tié , des noms abstraits ; amoureux & ami-cal font des; adjectifs ; amoureusement &amicalement font des adverbes.
La syllabe génératrice commune à tousees mots, est la syllabe am , qui se retrouveîa même dans les mots latins amator, amor ,amatorius , amatorie, &c... arnicas , ami-ce, amicitia , &c. & qui vient probable-ment du mot grec u/m* , una ,fimul ; racinequi exprime assez bien l’affinité de deuxcœurs réunis par une bienveillance mu-tuelle.
Les mots ennemi , inimitié , font desmots composés, qui ont pour racines élé-mentaires les mots ami & amitié y assezpeu altérés pour y être reconnoissabíes, &îe petit mot in ou en, qui dans la composi-tion marque souvent opposition, voye\Préposition. Ainsi ennemi signifie l’op-posé A'ami ; inimitié exprime le sentimentopposé à Y amitié.
II en est de même & dans toute autrelangue, de tout mot radical qui, par ses di-verses inflexions, ou par son union à d’au-tres radicaux, sert à exprimer les diversescombinaisons de Pidée fondamentale dontil est le signe, avec les différentes idéesaccessoires qui peuvent la modifier ou luiêtre associées. II y a dans ce procédé com-mun à toutes les langues un art singulier,qui est peut-être la preuve la plus complétéqu’elles descendent toutes d’une même lan-gue, qui est la souche originelle : cette sou-che aproduitdespremieres branches, d’oùd’autres font sorties & se sont étendues en-suite par de nombreuses ramifications. Cequ’il y a de différent d’une langue à l’autre,vient de leur division même, de leur dis-tinction , de leur diversité : mais ce qu’ontrouve de commun dans leurs procédés gé-néraux , prouve l’unité de leur premiereorigine. J’en dis autant des racines, soitgénératrices, soit élémentaires, que Pon re-trouve les mêmes dans quantité de langues,qui semblent d’ailleurs avoir entr’elles peud’analogie. Tout le monde fait à cet égardce que les langues grecque, latine, teutone,
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& celtique, ont lourm aux langues mo-dernes de PEurope, ëc ce que cctles - ciont mutuellement emprunté les unes desautres; & il est ccníson' que l’on tsouvedans la langue des Tartares, dans celle desPerses & des Turcs,& dans l’allemandmoderne , plusieurs radicaux communs.
Quoi qu’il en soit, il résulte de ce quivient d’étre dit, qu’il y a deux especes gé-nérales de formations qui embrassent toutle système de la génération des mots ; cesont la composition & la dérivation.
La composition est la maniéré de faire,prendre à un mot, au moyen de son unionavec quelqu’autre, les formes établies parl’ufage, pour exprimer les idées particuliè-res qui peuvent s’astòcier à celle dont il estle type.
La dérivation est la maniéré de faireprendre à un mot, au moyen de ses diver-ses inflexions, les formes établies par Tubagepour exprimer les idées accessoires qui peu-vent modifier celle dont il est le type.
Or deux sortes d’idées accessoire^ peu-vent modifier une idée primitive : les ures,prises dans la chose même, influent telle-ment sur celle qui leur sert en quelque sortede base, qu’elles en font une tout autreidée ; & c’est à l’égard de cette nouvelleespece d’idce, que la premiere prend lenom de primitive ; telle est l'idée expriméepar canere , à l’égard de celles expriméespar cantate , camitare , canturire : canercprésente faction de chanter, dépouilléede foute autre idée accessoire; cantarel’offre avec idée d’augmentation ; canti-tare avec une idée de répétition ; & cantu-rire présente cette action comme l’objetd’un désir vif.
Les autres idées accessoires qui peuventmodifier l’idée primitive, viennent non dela chose même, mais des différons pointsde vue qu’envisage l’ordre de renonciation ;ensorte que la premiere idée demeure aufond toujours la même : elle prend alors, àl’égard de ces idées accessoires, le nomS idée principale : telle est l’idée expriméepar canere, qui demeure la même dans la.signification des mots cano y canis, canit,canimus , canids , canunt : tous ces motsne diffèrent entr’eux que par les idées ac-cessoires des personnes & des nombres;