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d’ecclésiastiques refuse encore d’adhérer ,est une des principales causes des troublesdont Péglise de France est affligée depuiscent ans. La postérité aura-t-elle pour lesauteurs de ces troubles, de la pitié ou del’indignation , quand elle saura qu’une dis-sension si acharnée se réduit à savoir, siles cinq propositions expriment ou non ladoctrine de sévêque d’Ypres ? car touss’accordent à condamner ces propositionsen elles-mêmes. On appelle très-impro-prement jansénijles , ceux qui refusentde signer que Jansénius ait enseigné cespropositions. Ceux-ci de leur côté quali-fient, non moins ridiculement, leurs ad-versaires de moliniftes , quoique le moli-nisme n’ait rien de commun avec le for-mulaire ; & ils appellent athées les hom-mes sages qui rient de ces vaines Contesta-tions. Que les opinions de Luther & deCalvin aient agité & divisé l’Europe , celaest triste fans doute ; mais du moins cesopinions erronées rouloient fur des objetsréels & importans à la religion. Mais queL’églíse & Pétât aient été bouleversés poursavoir si cinq propositions inintelligiblesfont dans un livre que personne ne lit ; quedes hommes, tels qu’Arnauld, qui auroientpu éclairer le genre humain par leurs écrits,aient consacré leur vie & sacrifié leur re-pos à ces querelles frivoles • que l’on aitporté la démence jusqu’à s’imaginer quel’Etre suprême ait décidé par des miraclesd’une controverse si digne des teins bar-bares : c’est, il faut l’avouer , le comblede l’humiliation pour notre siecle. Le seulbien que ces disputes aient produit, c’estd’avoir été l’occasion des Provinciales ,modele de bonne plaisanterie dans unematière qui en paroistòit bien peu suscepti-ble. 11 ne manqueroit rien à cet immor-tel ouvrage , si les fanatiques (a) desdoux partis y étoient également tournésen ridicule : mais Pascal n’a lancé sestraits que fur l’un des deux , fur celui quiavoit le plus de pouvoir, & qii’iî croyoitmériter íèul d’être immolé à la risée pu-blique. M. de Voltaire, dans son chapitredu jansénisme , qui fait partie du Siecle deLouis XIV , a su faire de la plaisanterie
(a ) Nous disons les fanatiques ; car en toutgenre le fanatisme seul est condamnable.
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un usage plus impartial & plus utile ; elleest distribuée à droite & à gauche, avecune finesse Lc une légéreté qui doit cou-vrir tous ces hommes départi d’unméprisineffaçable. Peut-être aucun ouvrage n’est-il plus propre à faire sentir combien le gou-vernement a montré de lumières & de sa-gesse , en ordonnant enfin le silence sur cesmatières, & combien il eût été à desirerqu’une guerre aussi insensée eût été étouf-fée dèssa naissance. Mais Je cardinal Maza-rin qui gouvernent alors, pouvoit-il pré-voir que des hommes raisonnables s’achar-neroient pendant plus de cent ans les unscontre les autres pour un pareil objet? Lafaute que ce grand ministre fit en cetteoccasion, apprend à ceux qui ont l’auto-rité en main, que les querelles de religion,même les plus futiles , ne font jamais à mé-priser ; qu’il faut bien se garder de les ai-grir par la persécution ; que le ridicule donton peut les couvrir dès leur origine, est lemoyen le plus fur de les anéantir de bonneheure ; qu’on ne fauroit sur-tout trop favo-riser les progrès de l’esprit philosophique,qui, en inspirant aux hommes l’indiffe-rence pour ces frivoles disputes , est le plusferme appui de la paix dans la religion &dans l’état, & le fondement le plus sûr dubonheur des hommes. ( O jFORMULE , f. f. ( Algèbre.') est un ré-sultat général tiré d’un calcul algébrique ,& renfermant une infinité de cas j enfortequ’on n’a plus à substituer que des nombresparticuliers aux lettres, pour trouver le ré-sultat particulier dans quelque cas proposéque ce soit. Une formule est donc une mé-thode facile pour opérer ; & si l’on peut larendre absolument générale, c’est le plusgrand avantage qu’on puisse lui procurer ;c’est souvent réduire à une seule ligne routeu ire science. Mais pour qu’une formule gé-nérale soit vraiment utile, & qu’il y ait dumérite à savoir trouvée, il faut que la for-mule générale soit plus difficile à trouverque la formule particulière ; c’est-à-dire ,que le problème énoncé généralement ren-ferme des difficultés plus grandes que leproblème particulier qui a donné occasionde chercher la méthode générale. FeuM. Varignon, géomètre de í’académie dessciences, aimoit à généraliser ainsi des