54 ..FOR
formules ,• mais malheureusement ses for-' mules générales étoient presque toujoursprivées de l’avantage dont nous parlons ; &dans ce cas une formule générale n’estqu’une puérilité ou une charlatanerie.M. Bernoulli, ou un autre géomètre, résol-voit-il un problème difficile : M. Varignonauffi-tót le généralisoit, de maniéré quel’énoncé plus général renfermoit en appa-rence plus de difficultés , mais en effet n’enavoit aucune de plus, & n’exigeoit pasqu’on ajoutât la moindre chose à la mé-thode particulière : auffi M. Bernoulli dí-soit-il quelquefois, après avoir résolu unproblème, qu’z'Z le laillòit à généraliser àM. Varignon. (O)
Formule , ( Hifl. rom. ) réglé pres-crite par les loix de Rome, dans des affairespubliques & particulières.
La république romaine avoit établi pourl’administration des affaires, certaines for-mules dont il n’étoit pas permis de s’écarter.Les stipulations, les contrats, les testa-mens, les divorces , se faisoient par desformules prescrites, &touioursen certainstermes dictés par la loi, aont la moindreomiffion ou addition étoit capable d’an-nuller les actes les plus importans. La mêmechose avoit lieu pour les affaires publiquesreligieuses & civiles : les expiations, les dé-clarations de guerre, les dévouemens, &c.avoient leurs formules particulières, quel’histoire nous a conservées. Enfin , il yavoit dans quelques conjonctures éclatantes,certaines formules auxquelles on attachoitdes idées beaucoup plus vastes que lestermes de ces formules ne sembloient dé-signer. Ainsi, quand le sénat ordonnoit parun décret que les consuls eussent à pour-voir qu’il n’arrivât point de dommage àla république, ne quid refpablica detri-menti caperet, c’étoit une formule des plusgraves, par laquelle les magistrats de Romerecevoient le pouvoir le plus étendu , &qu’on ne leur confioit que dans les plusgrands périls de l’état. (D. J.')
Formules des actions ou For-mules ROMAINES , ( Turífp. ) legis ac-tiones c’étoit la maniéré d’agir en con-séquence de la loi, & pour profiter du bé-néfice de la loi ; c’étoit un style dont lestermes dévoient être suivis ícrupuleuse-
F O R
ment & à la rigueur. C’étoit proprementla mème chose que les formalités établiesparmi nous par les ordonnances Lt l’u-sage , pour le style des actes & la procé-dure.
Ce qui donna lieu à introduire cesformules , fut que les loix romaines faitesjusqu’au tems des premiers consuls , ayantseulement fait des réglemens fans rien pres-crire pour la maniéré de les mettre en pra-tique, il parut nécessaire d’établir àts for-mules fixes pour les actes & les actions,afin que la maniéré de procéder ne f fi t pasarbitraire & incertaine. 11 paroît que cefut Appius Claudius Caecus ,de Tordre déspatriciens , & qui fut consul Tan de Rome446 , qui fut choisi par les patriciens & parles pontifes, pour rédiger les formules &en composer un corps de pratique. Cesformules furent appellées legis aaiones ,comme qui diroit la maniéré d’agir sui-vant la loi ; elles fervoient principalementpour les contrats , affranchissemens, éman-cipations , cessions , adoptions , & danspresque tous les cas où il s’agissoit de fairequelque stipulation, ou d'intenter uneaction.
L'effet de ces formules èto\t , i°. commeon Ta dit, de fixer le style & la maniéréde procéder ; z°. que par ce moyen toutse faisoit juridiquement & avecsolemnité,tellement que le défaut d’obfervation deces formules emportoit la nullité des actes ;& Tomission de quelques-uns des termesessentiels de ces formules , faisoit perdreirrévocablement la cause à celui qui le«omettoit ; au lieu que parmi nous on peuten certains cas revenir par nouvelle action.3°. Elles ne dépendoient d’aucun jour nid’aucune condition ; c’est-à-dire , qu’ellesavoient lieu indistinctement tous les jours,même dans ceux que Ton appelloit diesfefios , & elles ne changeoient point sui-vant les conventions des parties. 4 0 . Cha-cune de ces formules ne pouvoít s’em-ployer qu’une fois dans chaque acte ou con-testation. Enfin il falloit les employer ouprononcer foi - même, & non par pro-cureur.
Les patriciens & les pontifes qui étoientdépositaires de ces formules , de même quedes fastes, en faisoient un mystère pour le