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plusieurs connoislànces très-utiles, ou dontil est au moins honteux de manquer :rien n’est si ordinaire cependant que devoir des médecins de la plus haute répu-tation , commettre les fautes les plus gros-sières en ce genre ; fautes qui à la véritéfont ignorées du public , mais qui exposentl’art à la dérision des garçons apothicaires,& très-fouvent les malades à ne point éprou-ver le bien que le médecin avoit en vue,& même à essuyer de nouveaux maux.
Pour Phonneur de Part donc , & mêmepour le salut des malades , le médecin pra-ticien doit être en état de formuler selontoutes les réglés , auxquelles il n’est dis-pensé de fe conformer scrupuleusement,que quand il est en état de bien discernerce qui est d’appareil & d’élégance, d’avecce qui est de nécessité absolue.
M. Jeróme David Gaubius, protestentde Leyde , a donné fur Part de dresserdes formules , un ouvrage qui peut êtreregardé comme achevé. Les gens de Partdoivent Pétudier tout entier. Le lecteurnon médecin fera très-fuffifamment ins-truit sur cette matière , par la connois-sance-abrégée que nous allons lui en don-ner ici.
On doit avoir deux vues générales dansla prescription des remedes ; de soulagerle malade , & de lui épargner le désagré-ment du remede autant qu’il est possible.Le premier objet est en partie entre lesmains de la nature ; le second est entière-ment en nos mains.
On doit, pour remplir lapremiere vue,pourvoir à la guérison du malade par leremede le plus simple qu’il est possible.l,es formules très-chargées de divers ma-tériaux , font le plus souvent des produc-tions de la charlatanerie on de la routine :le dessein d’ajouter à la drogue qui fait labase du remede, un adjuvant & un diri-geant, selon Pidéedes anciens, ce dessein ,dis-je est absolument chimérique. Nousavons dit ailleurs ce qu’il falloir penser del’emploi des correctifs, qui étoit encoreun des ingridiens essentiels des composi-tions pharmaceutiques anciennes. Celui desmatériaux que Gaubius appelle confìituans ,est le mime que notre excipient. Voye\Excipient. Mais si, par les considéra- I
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fions que nous avons exposées nu mot COM-POSITION , on fe détermine à prescriredes remedes magistraux composés, il fautque les divers ingrédiens de ces remedesn’agisllnt pas les uns fur les autres, qu’ilsne fe décomposent pas , ou qu’ils ne se com-binent pas diversement, contrel’intentiondu médecin , & même qu’ils ne fe déparentpoint réciproquement, ou n’acquierent pasun goût désagréable par leur mélange.C’est ainsi qu’il ne faut point mêler lessels ammoniacaux avec les alkalis fixes , oules terres absorbantes ; les acides avec lesalkalis, en comptant fur la vertu médici-nale de chacune de ces substances : carces corps font absolument dénaturés par lacombinaison , ou par la précipitation. Voy.
Menstrue & Précipitation. Les al-térations de ce genre produilent austi deschangemens considérables dans les odeurs& dans les saveurs. Le vinaigre mêlé aufoie de soufre , produit une odeur détes-table , dont chacun des réactifs étoitexempt ; les huiles par expression , mêléesou plutôt confondues avec des corps doux ,comme le miel-ou la manne, ont une fa-veur très-défagréable, &c.
Une attention moins essentielle , maisqu’il ne faut pas négliger dans les formulescomposées, c’est de prescrire ensemble lesdrogues de la même efpece , les racinesavec les racines , les feuilles avec lesfeuilles , & de les arranger dans le
même ordre que i’apothicaire doit les em-ployer.
11 faut connoitre nécessairement les rap-ports des différentes substances qu’on veutemployer , entre elles & avec l’excipientqu’on veut leur donner, aussi bien que laconsistance de chacun de ces ingrédiens ,afin qu’on ne s’avise pas de vouloir dis-soudre un sel avec de l’huile, ou un baumeavec de l’eau, & de vouloir faire unepoudreavec six grains d’un sel lixivíel & huitgouttes d’une huile estentielle, comme jeme souviens de savoir vu ordonner unefois.
II faut encore savoir les différens nomsque porte quelquefois dans les boutiques unemême drogue simple, ou une même prépa-ration , afin de ne pas risquer d’ordonnerI plusieurs fois dans la même formule , la