F o R
des inscriptions qui portent i Ç 2.3 > 1 î i 9 >& les années suivantes. Les murs en fonttrès-f'olidement bâris. Ils ont 24 pieds d’é-paisseur , & ils font encore en bon état,quoiqu’ils aient plus de 200 ans de cons-truction. M. le marquis Maffey prétend queles premiers livres qui ont parlé des bas-tions , n’ont paru que depuis l’an 1500 euItalie , & depuis 1600 dans les autres paysde l’Europe : ce qui n’est pas entièrementexact ; car Daniel Specle , ingénieur de laville de Strasbourg, qui mourut en 1589,publia avant fa mort un livre de fortifica-tion qu’on estime encore aujourd’hui, danslequel il se regarde comme le premierAllemand qui ait écrit des bastions trian-gulaires. Le premier qui ait écrit en Francesur cçttefortification, est Errard de Bar-le-Duc, ingénieur du roi Henri IV. Son ou-vrage est postérieur à ceux de plusieurs Ita-liens , & à celui de Specle. On trouvera faméthode de fortifier à la fuite de cet ar-ticle , avec celle des principaux auteursqui ont écrit fur la fortification, moderne,ou avec des bastions.
Cette fortification est toujours com-posée d’un rempart avec son parapet, d’unsosie, & d’un chemin - couvert. V'oye^ces mots aux articles qui leur convien-nent.
Les maximes ou préceptes qui serventde base à la fortification } peuvent fe ré-duire aux quatre fuivans :
i°. Qu’il n’y ait aucune partie de I’en-ceinte d’une placequi ne soit vue & dé-fendue de quelqu’autre partie.
2 0 . Que les parties de l’enceinte qui fontdétendues par d’autres parties de la mêmeenceinte , n’en soient éloignées que de laportée dufúsil, c’est-à-dire d’environ 120toiles. Voye\ LIGNE DE DÉFENSE.
3°. Que les parapets soient à l’épreuvedu canon. Voye\ PARAPET.
4°. Que le rempart commande dans lacampagne tout autour de la place, à laportée du canon. Voye% COMMANDE-MENT.
Outre ces quatre principes généraux, ily en a d’autres qui en font comme les ac-cessoires , & auxquels on doit avoir égardautant qu’il est possible. Tels font ceux-ci :J. Que la défense soit la plus directe
F O K 69
qu’il est possible ; c’est-à-dire, que les flancssoient disposés de maniéré que les soldatsplacés desius puissent défendre les faces desbastions fans se mettre obliquement ; parceque l’expérience a fait remarquer que dansl’attaque, le soldat tire vis-à-vis de lui, fansprendre la peine de chercher à découvrirî’ennemi. Suivant cette maxime, l’angledu flanc doit être un peu obtus. On peutle régler à 98 ou 100 degrés.
2. Que les parties qui défendent les cen-tres , comme par exemple les flancs, nesoient pas trop exposées aux coups de l’en-nemi.
3. Que la place soit également forte par-tout ; car il est évident que si elle a un en-droit foible, ce fera celui que l’ennemi at-taquera ; & qu’ainsi les autres parties plusexactement fortifiées,, ne procureront au-cun avantagé pour la défense de la ville.
4. Que les bastions soient grands & ca-pables de contenir un nombre suffisant desoldats, pour soutenir long-tems les effortsde l’ennemi.
Errard prétendoit qu’un bastion étoitaster grand lorsqu’i! pouvoit contenir deuxcents hommes : mais ce nombre se trouve-roit trop foible aujourd’hui pour soute-nir un astàut ; il faut au moins cinq ou sixcents hommes. Au reste la fixation exactede la grandeur de toutes les parties du bas-tion n’est ni fort aisée ni fort importante;parce que quelques toises de plus ou demoins ne peuvent produire aucun esisetsensible sur la force ou la bonté du bas-tion. Voye\ Bastion.
La fortification se divise ordinairement,en régulière & irréguliei-e , & en fortifi-cation durable & passagère.
La fortification régulière est celle danslaquelle tous les bastions font égaux, &qui appartient à une figure ou un polygonerégulier. Voy. Polygone. Elle a toutes,ses parties semblables , égales entr’elles,& qui forment les mêmes angles; c’est-à-dire, par exemple, que dans \a fortifica-tion régulière les faces des bastions fontégales entr’elles, les flancs aussi égaux en-tr’eux, les angles du flanc de même nom-bre de degrés, S’c.
La fortification irréguliere est celle dans.laquelle les parties semblables de chaque'