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Les anciens ne terrastbient pas toujoursleurs murailles ; & M. de Folard prétendqu’ils en ufoient ainsi pour se mettre àl’abri de Y escalade. Car l’ennemi étant par-venu au haut de la muraille, n’étoit paspour cela dans la place ; il lui falloir deséchelles pour y descendre ; & pendant cettelongue opération, ceux qui étoient dansla ville pouvoient s’astèmbler pour les re-pousser. Cependant Vitruve remarque qu’iln’y a rien qui rende les remparts plus fer-mes que quand les murs font soutenus parde la terre; & du tems de Végece on lesterrassoit. On pratiquoit vers le haut uneespece de petit terre-plein de trois ou qua-tre pieds de largeur, duquel on tiroir furl’ennemi par les crenaux du parapet. Lestours dominoient fur ce terre-plein, &par-là elles avoient l’avantage de découvrirune plus grande étendue de la campagne,& de pouvoir défendre les courtines, oules parties de l'enceinte qui étoient entreelles.
Pour défendre encore plus facilementces parties, on obfervoit en bâtistànt lesplaces, de couper le terre-plein en-dedansvis-à-vis les tours. On fubstituoit à cettecoupure une espece de petit pont de bois ,qu’on pouvoir ôter très-facilement dans lebesoin.
Telle étoit la fortification ordinaire dePenceinte des places chez les anciens.Cetteenceinte étoit environnée du côté de lacampagne, d’unsosie large & profond , quiretardoit l’approche des machines dont onfe servoit alors pour battre les places, &-qui rendoit Paccès du rempart plus difficile& moins propre à P escalade. Voye\ Es-calade.
Cette fortification a subsisté fans chan-gement considérable , jufqu’à l’ufage ducanon dans les sieges. II fallut abandon-ner alors les mâchicoulis, qui en étoientd’abord ruinés , & augmenter P épaisseurd u parapet. Comme on diminuoit par-làla capacité des tours, on songea à lesagrandir; mais leur partie extérieuren’étantplus défendue des mâchicoulis, donnoitau pied un lieu fur à P ennemi , pour tra-vailler à ruiner la tour, & àla faire sauterpar lamine. Voy. Mine. En effet, P épais-seur du parapet de cette partie extérieure
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empêchoit que les soldats qui y étoientplacés, ne pussent en découvrir le pied ;& à P égard des flancs des tours voisines ,ils ne pouvoient voir que les extrémitésde ce même côté extérieur des tours quar-rées , devant lequel il restoit un espacetriangulaire qui n’étoit pas vu de la place,Cet espace étoit plus petit dans les toursrondes que dans les tours quarrées, mais ilétoit toujours plus que suffisant pour yattacher un mineur qui pouvoir y travaillertranquillement. Cet inconvénient fit pen-ser à renfermer dans les tours Pespacequ’elles laistòient fans défense. On les ter-mina pour cela par deux lignes droites,formant ensemble un angle saillant vers lacampagne. Par cette correction les toursfurent composées de quatre lignes, savoir,de deux faces & de deux flancs. Voye\Face & Flanc ;& elles prirent alors lenom de bafiions triangulaires , ou simple-ment de bastions. Voye\ BASTION.
11 n’est pas aise de fixer P époque précisede Pinvention des bastions , mais l’ufageparoît s’en être établi à peu près vers Pan1500. Quelques auteurs en attribuent Phon-neur à Zisca, chez des hussites en Boheme,& ils prétendent qu’il s’en servit à la forti-fication de Tabor. M. le chevalier de Fo-lard eroit que le premier qui s’en servit,fut Achmet Bastà , qui ayant pris Otranteen 1480 , fit fortifier cette ville avec lesbastions qu’on y voit encore aujourd’hui.Mais M. le marquis Maffey , dans fa Ve-rona illuftrata , en donne la gloire à uningénieur de Vérone , nomme San-Mi-cheli , qui fortifia cette ville avec des bas-tions triangulaires , à la place des toursrondes & quarrées qui étoient alors enusage. Comme cet ingénieur n’est connupar aucun ouvrage de sa façon , M. Maffeyallégué deux raisons qui le portent à luiattribuer Pinvention de nos bastions. Lapremiere, c’est l’autorité de George Va-sari, qui dans ses Vitœ excellentium archi-teclorum , imprimées en italien à Florenceen 1597 , dit en termes formels qu’avantSan-Micheli, on faisoit les bastions ronds,& que ce fut lui qui les construisit trian-gulaires. L’autre raison est tirée des bas-tions qu’on voit à Vérone , & qu’on croitles plus anciens. On voit fur ces bastions