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Tome XV.
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& de n’étre pas scrupuleux sur le clroixdes routes qui peuvent y conduire. Ondemandoit à Newton comment il avoitpu trouver le système du monde : c’efl,disoit ce grand philosophe , pour y avoirpensé sans cesse. A plus forte raison réus-sira- t-on par cette opiniâtreté dans desentreprises moins difficiles, sur-tout quandon sera résolu d’employer toutes sortes devoies. L’esprit d’intrigue & de manegeest donc bien méprisable, puisque c’est? esprit de tous ceux qui voudront lavoir,& de ceux qui n’en ont point d’autre. IIne faut d’autre talent pour faire fortune ,que la résolution bien déterminée de lafaire, de la patience, & de l’audace. Disonsplus : les moyens honnêtes de s’enrichir ,quoiqu’ils supposent quelques difficultésréelles à vaincre , n’en présentent pas tou-jours autant qu’on pourroit le penser. Onsait l’histoire de ce philosophe, à qui sesennemis reprochoient de ne mépriser lesrichesses, que pour n’avoir pas l’espritd’enacquérir. Il se mit dans le commerce , s’yenrichit en un an , distribua son gain àses amis, & se remit ensuite à philoso-pher. (Q)

Fortune , ( Mythol. Littér.) fille deJupiter, divinité aveugle, bisarre , & fan-tasque , qui dans le système du paganismeprésidoit à tous les événemens, & dif-tribuoit les biens & les maux selon son

caprice.

, F n’y en eut jamais de plus révérée ,ni qui ait été adorée fous tant de diffé-rentes formes. Elle n’est pas cependant dela premiere antiquité dans le monde. Ho-mère ne l’a pas connue , du moins il n’enparle point dans ses deux poèmes (a ), &l’on a remarqué que le mot ne s’ytrouve pas une feule fois. Hésiode n’enfsfs, P as davantage , quoiqu’il nous aitlaisse^ une liste très-exacte des dieux , desdeeslès, & de leurs généalogies. (b)

(a) Homere, dit Paufanias dans son Voyage i ila Mejsme, eft le premier poète qui ait parlé de r J x „,11 en tait mention dans une hymne en l’honneur di

^, r ,w; 0r r^ e S le mot dont sc servent les Grecs

pour iigniher la Fortune.

(b) On peut voir dans le chapitre XV des Com-^s' ta, r. ei s^f^msur HéjìoAe , qu’Hésiode a parléde la deesse dont parle Horace dans l’odc : O dìvcçpatum qiuc régis Antium.

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Les Romains reçurent des Grecs le cultede la Fortune, fous le régné de ServiusTullius, qui lui dédia le premier temple aumarché public; & fa statue de bois resta ,dit-on, toute entiere, après un incendiequi brûla l’édifice. Dans la fuite, la For-tune devint à Rome la déesse la plus fêtée :car elle eut à elle sçule plus de temples queles autres divinités réunies. Tek font ceuxde Fortune favorable, Fortune primigénie ,bonne Fortune , Fortune virile, Fortuneféminine , Fortune publique , Fortuneprivée , Fortune libre , Fortune forte ,Fortune affermie, Fortune équestre , For-tune de retour ou réduce , redux ; For-tune aux mamelles, mammosa , Fortunestable, manens ; Fortune nouvelle, grande& petite Fortune ; Fortune douteuse; &jusqu’à la mauvaise Fortune. La Fortunevirile, virilis , étoit honorée par les hom-mes ; & la Fortune féminine, muliebris ,l’étoit par les femmes.

II ne faut pas s’étonner de ce grand nom-bre de temples consacrés à la Fortune fousdivers attributs, chez un peuple qui la regar-doit comme la dispensatrice des biens &des maux.

Néron lui fit bâtir un temple. Elle enavoit un autre à Antium, patrie de cetempereur, aujourd’hui Anzo-Rovinato,petite place maritime auprès de Capod’Antio , à J lieues d’Ostie vers l’orientd’hiver, & a environ une demi-lieue deNettuno. On appelloit ce temple , le tem-ple des Fortunes , ou des sœurs Antia-tines. L’églife de sainte Marie Egyptienneà Rome, étoit un des temples de la Fortunevirile, dont Palladio a donné la description& les desseins.

Mais le temple de la Fortune le plusrenommé dans l’antiquité , étoit à Prac-neste, la froide Prsenested'Horace, aujour-d’hui Palestrine, à 18 milles de Rome. IIne reste plus de ce fameux temple , quirendoit cette ville si célébré , que le seulpremier mur inférieur, bâti de briques,où on voit une grande quantité de nichesposées les unes fur les autres en deux lignes.Ce temple occupoit toute la partie de lamontagne , dont les différentes terraslèsétoient ornées de différens bâtimens àl’usage des prêtres & des filles destinées auN ij