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Tome XV.
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FOU

* FOTTES, s. f. plur. (Comm.) toiledecoton à carreaux, qui vient des Indes orien-tales , & íur-tout de Bengale. Lapiece a uneaune & demie de long, fur sept à huit delarge.

FOU , adj. pris subst. V~oye\ P articleFolie.

Fou , ( Hifl. mod. ) société des fous.Voyez Mere-folle.

Fou , s. m. oiseau de mer des Antilles ,qui ressemble pour la figure du corps à ungrand corbeau - , il a le dessus du dos gris-brun, le ventre blanc , & les pieds commeles canes. II vit de poislòn. La chair a ungoût de marécage. On l’appelle fou , parcequ’il va se poser sur les vaisseaux , & qu’ilse laisse quelquefois prendre à la main. II y aaussi dans les Antilles d’aucres oiseaux aux-quels òn donne le même nom , quoiqu’ilssoient plus défians ; ils font un peu plus grosque celui dont il vient d’être tait mention ,& blancs comme des ciguës: on les voitle long des terres. Histoire nat. des An-tilles par le P. du Tertre, tom. II , page2 - 75 - <J )

* Fou , (Jeu.) aux échets. II y a deuxpieces qu’on appelle de ce nom, presqueégales aux chevaliers, mais de meilleur ser-vice à la fin du jeu qu’au commencement.Les fous sont toujours placés immédiate-ment après le roi à droite, & après la dameà gauche. L efou qui occupe la case noire ,ne marche qu’obliquement, & toujours surles cases noires. Celui qui est fur les blan-ches , y marche toujours austi de biais. Lesfous vont tous deux aussi loin qu ils peuventaller, c’est-à-dire, tant qu’ils rencontrentdes cases vuides. S’il se trouve une pieceennemie sur leur chemin, ils peuvent laprendre ; alors ils se mettent à la place dela piece prise.

FOUAGE ou AFFOUAGEMENT,(. Jurifprud .) appellé dans la basse latinitéfoagium & focagium , étoit un droit dû auroi par chaque te u ou ménage. Ce droitest encore dû à quelques seigneurs.

L’étymologie de fouage ou feu ne vientpas a feudo , comme quelqu’un Pa pré-tendu , mais du latin focus , feu, d’où l’ona lait focagium , & par corruption foa-gium , & en François fouage.

En quelques endroits ce même droit est

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appellé fournage , à cause du fourneau oucheminée qui doit l’imposition ; pourquoion Pa austi appellé fumariitm tributum.Spelman l’appelle tributum ex foco , &dit qu’en Angleterre il est appellé chemi-nagium.

Au pays de Forez, on leve un droit sem-blable appellé, blande.

En quelques endroits on l’appelle droità’hoftelage ou á’ofiife.

L’origine du fouage ou imposition quise leve sur chaque feu ou chef de famille,est fort ancienne. Cedrenus & Zonare enfont mention dans l’histoire de Nicéphore,où ils appellent ce droit fumarium tribu-tum; & Landulphe, lib. 24, dit que cetempereur exigeoit un tribut fur chaqusfeu , per fingulos focos cenfus exigebat.

Dans une constitution de Manuel Com-nene , il est parlé de la description des feuxen ces termes , deferibere focos ; ce quiest appellé focularia par Frédéric II, roide Naples & de Sicile. Lib. I , tit. ult.

Ce droit est aussi fort ancien en France;on en levoit au profit du roi dès le teinsde la premiere race , fous les rois de la se-conde , & encore pendant long-tems fousla troisième race.

Le fouage eut d’abord lieu principale-ment en Normandie ; il appartenois au roicomme duc de Normandie ; on le lui payoittous les trois ans, ce qui est constaté parl’ancienne coutume de Normandie, part. I,ch. 15. Voye\ MonnéAGE. II est parlédu fouage dans la charte commune deRouen , de l’an 1207 , & dans une chroni-que de la même ville, del’an 1227.

Cette imposition par feux fut aussi établiedans plusieurs autres provinces , tant auprofit du roi que de divers seigneurs par-ticuliers qui s’attribuerent ce droit. Lesprivilèges manuscrits de Saint-Didier enChampagne , de 1 an 1228 , font mentionque chaque personne mariée, ou qui l’avoitete, payoit au seigneur cinq fous pour lefouage.

Une charte d’Alphonse comte de Poitou,de 1 an 1269 , justifie qu’on lui payoit tous■ les ans un droit de fouage.

On en paya austi en 1304 pour la guerrede Flandres, suivant un compte du bailli

de Bourges, de l’an 1306.