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Tome XV.
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dit-il, de l’étincelle électrique, quand on latire d’un corps irrégulier à quelque distance.11 auroit dû ajouter, quand on la tire avecun corps irrégulier, ou à travers un espacedans lequel les meilleurs conducteurs fontdisposés d’une façon irréguliere; c’est ceque l’on peut très-bien faire voir avec uncarreau de verre couvert de feuilles de mé-tal. Au reste le mouvement de l’éclair n’estpas toujours si irrégulier, comme M. Wil-ckel’a souvent remarqué. II distingue troiscas qu’il a souvent observés ; l’éclair partquelquefois d’un nuage qui se trouve entredeux autres ; quelques éclairs passent sou-vent à travers un nuage; d’autres enfin di-rigent leur cours directement contre laterre. Les premiers qui partent entre deuxnuages, paraissent y aller d’abord en lignedroite ; mais dès qu’ils les ont atteints, onles voit se répandre sur ces nuages & les par-courir d’une maniéré tout-à-fait irréguliere;la même chose arrive dans le scond cas ;quant au troisième, où la foudre va frapperla terre, elle y va toujours en ligne droite,à moins qu’elle ne rencontre dans fa routede bons conducteurs ; alors elle se détournepour les suivre.

2 °. La foudre frappe les objets les plusélevés & les plus pointus qui se rencontrenten son chemin , préférablement aux autres,comme les hautes montagnes, les arbres,les tours, les mâts de vaifîèaux, &c. Demême tous les corps pointus poussent &attirent le fluide électrique plus volon-tiers que ceux qui font terminés par dessurfaces planes.

3 °. On remarque que la foudre fuit tou-jours le meilleur conducteur & le plus à faportée. Le fluide électrique en fait de mêmedans la décharge de la bouteille de Leyde.M. Franklin suppose par cette raison, quedes habits mouillés íeroient un bon préser-vatif contre la foudre ; mais cela est tortdouteux, parce que le corps humain est aussibon conducteur que l’eau ; & ainsi lors-qu’elle frapperait quelqu’un à la tête, ellesuivrait la route la plus courte en passant àtravers le corps. On pourrait peut-êtremieux garantir le corps, si on tenoit à lamain une verge de fer un peu plus haute quen’est un homme.

4°. La foudre met le feu, ainsi fait la

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matière électrique. Voye^ Coup fou-droyant.

5°. La foudre fond quelquefois les mé-taux. On fait la même chose avec l’électri-cité : cependant le docteur Franklin s’esttrompé en imaginant que c’étoit par unefusion froide ; mais il n’est pas douteux qu’iln’ait reconnu dans la fuite son erreur. Cequi l’avoit engagé à embrasser cette opi-nion , c’est la méthode qu’il employoit pourfondre des feuilles de métal, qu’il mettoitentre deux plaques de verre. Cet ingénieuxphysicien voulant s’assurer si la matièreélectrique qui passoit à travers un fil d’ar-chal, pouvoir tellement diminuer la cohé-sion de ses parties constituantes, que lepoids que l’on pendrait à l’une des extré-mités , pût produire une séparation, pro-posa à M. Kinnersley de faire cette expé-rience. Celui-ci prit un fil de laiton d’en-viron vingt-quatre pouces de longueur, ille suspendit quelque part, & il chargea lebout inférieur du poids d’une livre. II dé-chargea ensuite au travers une caistè debouteilles, contenant plus de trente piedsquartés de verre garni, & il découvrit cequ’il appelle une nouvelle méthode de tirerdufil ; le fil fut rougi, bien recuit dans toutefa longueur, & de plus d’un pouce pluslong qu’auparavant. Une seconde déchargele fondit de maniéré qu’il se sépara vers lamilieu , & se trouva avoir, quand les deuxbouts furent rapprochés, quatre pouces deplus long qu’il n’avoit d’abord. Ni l’un nil’autro ne s’attendoient à ce résultat ; maiscette expérience prouve bien clairementque le fluide électrique en mouvement,produit une véritable chaleur dans les corpsqu’il traverse, & que s’il en fond quelques-uns , c’est par une fusion chaude. Le mêmephysicien a allumé de la poudre & de l’ama-don qui touchoient le fil de laiton, auíli

bien qu’onles auroit allumésavecunfer rou-ge ; & il conclut de tout cela que la foudrene fond point le métal par une fusion froi-de , comme le docteur Franklin &lui-mêmel’avoient supposé d’abord.

Quant à ces fusions froides que l’on ditavoir été produites par la foudre , savoir td’une épée dans son fourreau, & celle del’argent dans un sac, sans que le fourreauni le laçaient été endommagés,, il est bon