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Je poisson plat qui s’envafe: iîs prennentainsi des anguilles de mer & des congres.
Tuàfouanne s’appelle ailleurs bout de quie-yre , ou bouteux ; aux côtes de haute Nor-mandie, haveneau ou petit haveneau. Lebout du manche en est arrêté dans un demi-cercle de bois ou de fer. A chaque côtéde ce demi-cercle , joignant au manche,il y a un morceau de bois de dix-huit àvingt pouces de long. Cet assemblage sertà tenir l’instrument debout. Le pécheurlance cet instrument devant lui ; il prenddes chevrettes & d’autres poissons qui res-tent fur les fables dans la baííè marée, lorf-qu’il y a encore un peu d’eau.
Les anguilles fe prennent à hfouanne;les pêcheurs font dans de petits bateaux ouengins de bois qu’ils nomment tignolles.Un seul homme peut porter la tignolle furfes épaules, & elle n’en peut tenir que deux.Ce font trois planches liées ; celle du fondest la plus large ; les deux autres font aveccelle-ci une efpece de navette, de la formedes margotats qu’on voit fur la Seine.
Ils vont dans ces tignolles à basse eau &:à mi-marée ; ils dardent leurs fouannessnhasard. Les branches de cet instrument onttreize à quatorze pouces de long, & fontau nombre de six ou sept ; elles vont en fereun stànt à une douille de fer, qui reçoitun manche de dix ou douze pieds de long.
Iîs cessent la pêche aussi-tót que le flotcommence à fe faire sentir. Le tems favo-rable est depuis le commencement de dé-cembre jufqu’â la fin de février.
II y a une autre maniéré de pêcher l’an-guille de mer, qui différé peu de la pêcheà la fouanne. Quand il y a basse eau, lepêcheur fe déshabille ; il entre dans lesvases ; il a un bâton à la main ; il cherchede l’œil les trous où l’anguille s’est retirée.Ces trous font en entonnoir. Quand il enapperçoit, il ébranle la vase avec ses pieds ;l’anguille fort, & il l'astbmme avec sonbâton : fi elle résiste à sortir ou qu’elle soitpeu enfoncée, il la tire avec la main, l’étour-dit & la tue. Cette pêche est abondante,sur tout fi les vases de la côte font étendues.Voyez Descriptions des arts & métiers ,édition in-4 0 , tome V, page Ç02.
FOUDRE, ( Grammaire & physique.)matière enflamméequi fort d’u n nuageTome Xy.
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avec bruit & violence. Ce mot est masculin& féminin : on dit frappé de la foudre , &le foudre vengeur. Cependant on ne l'em-ploie guere qu’au féminin dans les livres dephysique : on dit la matière de la foudre.Foudre au pluriel n’est guere que masculin :on dit les foudres vengeurs , plutôt que lesfoudres vengeresses.
Foudre différé de tonnerre , 1 *. en ce quele premier t»e se dit guere que de la matièreenflammée qui s’échappe des nues ; au lieuque le second fe dit auffi de cette mêmematière, en tant qu’elle roule avec bruitau-dedans des nuages : ainsi on dit f ai en-tendu plufieurs coups de tonnerre , plutôtque f ai entendu plufieurs coups de foudre.2. Foudre s’emploie souvent au figuré, &tonnerre toujours au propre : on dit unfoudre de guerre , un foudre d’éloquence ,les foudres de lise , &c.
La matière foudre & celle du ton-nerre font donc la même chose : ainsi nousrenvoyons au morToNNERRE ce que nousavons à dire fur ce sujet. Nous nous con-tenterons de faire ici quelques observa-tions.
La matière de l.a foudre paroît être lamême que celle de l’électricité ; fur quoivoyelles articles COUP FOUDROYANT,
Electricité , Feu électrique.
II y a eu quelques physiciens avant M.Franklin, qui ont eu fur ce sujet des soup-çons bien fondés. M. Gray est le premiera qui la foudre & les éclairs aient paru tenirbeaucoup de la nature du feu &deîa lumièreélectrique. Cette premiere opinion a étéplus approfondie par MM. Hales, l’abbéNollet&Barberet. Iîs ont trouvé une ana-logie surprenante entre les effets de !a fou-dre & ceux de l’électricité : mais tout ceque les autres en ont dit n’étoit encorequ’une conjecture; il falloit des observa-tions suivies, des expériences certaines ;tout cela fe trouve dans les lettres du doc-teur Franklin. Nous allons d’abord rappor-ter les observations qu’il a faites ; nous ver-rons ensuite les conséquences qu’il en tire& les expériences qu’il a imaginées pour lesprouver.
i°. II observe d’abord que les éclairsqu’on apperçoit vont ordinairement en zig-zag dans l’air. 11 en est toujours de même,