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«n grand feu jusqu’à ce qu’elles rougis-sent ; & étant calcinées de cette maniéré ,elles se réduisent facilement en poudre.
Personne n’ignore qu’on emploie les cen-dres de fougere à la place de nitre , quel’on jette ces cendres fur les cailloux pour lesfondre & les réduire en verre de couleurverte ;c’est-Ià ce qu’on nomme verres de fou-gere , si communs en Europe. V. Verre.
Les cendres de la fougere femelle com-mune présentent un autre phénomène biensingulier, quand on en tire le sel suivant laméthode ordinaire , à la quantité de quel-ques livres. La plus grande partie de ce selétant séchée, & le reste qui est plus hu-mide étant exposé à l’air, pour en recevoirí’humidité, il devient promptement fluide,ou une huile , comme on l’appelle impro-prement , par défaillance : ensuite le rested u lixivium qui est très-pesant & d’unrouge plus. ou moins foncé, étant mis à partdan, un vaisseau de verre qu’on tient dé-bouché pendant cinq ou six mois, laissetomber au fond de la liqueur une assezgrande quantité de sel précipité , jusqu’à I’é-paisseur d’environ deux pouces au fonddu vaisseau. La partie inférieure de la li-queur est pleine de saletés, mais la partiedu haut est blanche & limpide. Sur la sur-face de cette partie se forment des cristal-lisations de sel d’une figure régulière , sem-blable d plusieurs plantes de fougere com-mune , qui jeteroient un grand nombre defeuilles de chaque côté de la tige : ces ra-mifications salines subsistent plusieurs se-maines dans leur état, si l’on ne remue pointle vaisseau ; mais elles sont si tendres , quele moindre mouvement les détruit, & alorselles ne se reforment jamais. Voyez lesTran facl. philos. rí\ ios.
Enfin, les Chinois se servent, dans leursmanufactures de porcelaine, d’une especede vernis qu’ils font avec de la fougere &de la chaux ; ils y parviennent si aisément,qu’il ne seroitpas ridicule de l’essayer dansnos manufactures de porcelaine. Voici leprocédé & la maniéré.
Us prennent une quantité de fougere bien,séchée, qu’ils répandent par lits fur un ter-rein suffisant à la quantité de vernis dont ilsOnt besoin. Sur cette'fougere ils font uneaotre couche, de pierres de chaux fraiche-
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ment calcinées, fur laquelle ifs jettent aveola main une petite quantité d’eau suffisantepour l’éteindre ou la délayer. Ils couvrentcette couche de chaux d’une troisième cou-che de fougere , & multiplient toujours al-ternativement ces couches jusqu’à la hau-teur de huit ou dix pieds ; alors ils mettentle feu à la fougere qui se brûle en peu dé-tours , & qui laisse un mélange de chaux &de cendres. Ce mélange est porté de la mémemaniéré fur d’autres couches de fougerequ’on brûle de même. Cette opération estrépétée cinq ou six fois.
Quand la derniere calcination est finie ,ce mélange de chaux & de cendres est soi-gneusement rassemblé & jeté dans de grandsvaisseaux pleins d’eau ; & fur chaque quintalde poids, ils y mettent une livre de ktkio.Ils remuent le tout ensemble ; & quand la,partie la plus grossière est tombée au fond ,ils enlèvent la plus fine qui surnage au-destusen forme de crème , qu’ils mettent dans unautre vaisseau d’eau ; ils la laissent tomberau fond par le séjour ; alors ils versent l’eaudu vaisseau, & y laissent le résidu en forme.-d’une huile épaisse.
Ils mêlent cette liqueur avec de l'huisede cailloux préparée , en pulvérisant & enblanchissent de la même maniéré une forteparticulière de pierre à caillou, & ils en,,couvrent tous les vaisseaux qu’iL ont in-tention de vernisser.. Ces deux huiles ,comme on les nomme, font toujours mê-lées ensemble , & ils les font soigneusementde la même épaisseur, parce qu’autrementla vernisíùre ne seroit point égale. Les cen-dres de fougere ont une grande part dans-l'avantage que cette huile a au-dessus de nosvernis communs. On dit que la manufacturede Bristol est parvenue à attraper la beauté,d u vernis qu’elle possede , par l’imitationdes deux huiles dont les Chinois vernissentleurs porcelaines. ( D. J.)
F ou GERE, forte d’agrémens dont les fem-mes ornent leurs ajustemens & leurs habits.
FOUGERES , ( Geogr. ) Filgerium -,FìliceriiX , ville de Bretagne fur le Ranson.Longit. 1 6. 22. latit. 48. 20. désignée dans.les itinéraires romains, par le nom adfinesrelatif à son voisinage des côtes , ou à se,situation limitrophe 'ses provinces òe Bre-tagne, du Maine & de Normi; dse j &