F O u
envois de nouvelles fougères à une grandedistance. Quand cette plante pullule dansles pacages ,1a meilleure maniéré de la fairepérir est de faucher l’herbe trois fois Tan-née , au commencement du printems , enmai, & en août. Les moutons que Tonmet dans un endroit bù il y a beaucoup defougere, la détruisent assez promptement;en partie par leur fumier & leur urine , &en partie en marchant dessus. Mais h fou-gere qu’on coupe quand elle est en feve, &qu’on laisse ensuite pourrir fur la terre, estune bonne marne pour lui servir de fu-mier , & pour Tengraisiêr considérable-ment. Les arbres plantés dans les lieux où\a.fougere croît, réussissent très-bien, mê-me dans un fable chaud ; la raison est, quela fougere sert d’abri aux racines , & lesconserve humides & fraîches. Enfin onrépand de la cendre de fougere fur les ter-res pour les rendre plus fertiles. ( D. J .)
Fougere. (Matière médicale , &Pharmacie. ) On distingue chez les apo-thicaires deux efpecesde fougere , Tune ap-pellée fougere mâle y Tautre 'fougere femel-le ; il y en a encore une troisième qui est lafougere fleurie ou Y ofmonde'. mais on em-ploie fort rarement cette derniere. Quantaux deux autres, on les confond allez sou-vent , & Ton prend fans scrupule Tune pourT autre ; c’est-à-dire , que Ton emploie cellequ’on peut se procurer le plus facilement.Les auteurs font pourtant partagés au fui etde leurs vertus ; les uns donnent la préfé-rence à \afougere mâle, d’autres à la femelle.
. II est fort peu important d'accorder cesdiverses opinions, parce que cette plantequi étoit très-usitée chez les anciens , n’estpresque plus employée dans la pratique mo-derne ; peut-être par le dégoût qu’en ontpris les malades, selon l’idée de M. Geoffroi ;peut-être par celui qu’en ont pris les mé-decins , après savoir employée inutilement;peut-être aussi parce que nous avons res-treint à un très-petit nombre de plantes nosremedes contre les maladies chroniques.Ce n’est presque plus que comme vermi-fuge que nous employons aujourd’hui cetteracine dont nous saisons prendre la décoc-tion , & plus ordinairement encore & avecplus de succès la poudre au poids d’un grosou de deux. Cette poudre passé poqr un fpé-Tome XV.
FOU r 4 ç
cifique contre les vers plats ; & c'est là leprincipal secret des charlatans qui entre-prennent la guérison de ce mal. (b)
Mais si les charlatans ont quelque succèsdans ce cas , c’est qu’alors ils joignent adroi-tement & en cachette à la racine d efougereréduite en poudre, le mercure, Tacthiops mi-néral , ou quelqu’autre préparation mercu-rielle, qui font seules le vrai poison des vers.
Les vertus de la fougere dépendent, lesunes de son huile, les autres de son sel es-sentiel , qui est tartareux , austere, accom-pagné d’un sel neutre, lequel ne s’alkâlisepoint. Elle agit en dissolvant les humeursépaisses par l'on sel essentiel, & en resser-rant les fibres solides par lès particules ter-reuses astringentes. On peut donc la pres-crire utilement pour base des boisions apé-ritives & désobstruantes dans les maladiesspléniques & hypocondriaques , pourvuque les malades soient capables d’en conti-nuer Tissage quelque tems, fans le dégoûtordinaire, très-difficile à surmonter.
Le suc des racines de fougere mêlé avecde Teau-rose, ou autre semblable, est unasiez bon remede pour bassiner les partieslégèrement brûlées, à cause du suc visqueux& mucilagineux dont cette plante est em-preinte. (D. J.)
Fougere. {Arts.) On tire un grandparti de la fougere dans les arts. II est mêmearrivé quelquefois, dans la diserts de vivres,qu’on a fait du pain de la racine àe fougere.M. Tournefort raconte qu’il en a vu à Parisen 1693 , que Ton avoit apporté d’Auver-gne ; mais ce pain étoit fort mauvais , decouleur rousse , presque semblable auxmottes d’écorce de chêne , qui font d’issagepour tanner le cuir, & qu’on appelle mottes-à-brûler.
On emploie la fougere dans le comté deSaxe pour chauffer les fours & pour cuire lachaux, parce que la flamme en est fort vio-lente & très-propre à cet emploi.
Le pauvre peuple, en plusieurs parties dunord de TAngleterre , se sert de cendres defougere au lieu de savon pour blanchir lelinge. Ils coupent la plante verte , la rédui-sent en cendres, & forment des balles avecde l’eau, les font sécher au soleil , & lesconservent ainsi pour leurs besoins. Avantque d’en faire usage, Us les jettent dans
T