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Tome XV.
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leurs : on peut encore employer le mer-cure , qui est un poison pour ces in-sectes.

On prend aussi des bouteilles à moitiépleines d’eau miellée ; on en frotte un peules goulots pour y attirer les fourmisquand il y en a beaucoup de prises , onles noie , & on répete le piege jufqu’à cequ’on les ait détruites : d’autres frottentde miel, des feuilles de papier qu’ils éten-dent aux environs du passage des fourmis ;elles couvrent bientôt ces papiers qu’onleve par les quatre coins , &. qu’on jettedans quelque baquet d’eau , où elles péris-sent. Quelques-unsfont un mélange de miel& d’arfenic en poudre dans des boîtes per-cées de petits trous de la grosseur d’unefourmi ; & ce moyen en détruit un grandnombre : mais il faut éviter de faire cestrous assez grands pour que les abeilles ypuissent passer ; car elles y entreroientavec les fourmis , & alors elles pour-roient par hasard , avant que de mourir , jporter de ce miel empoisonné dans leursruches.

Quelques jardiniers n’ayant pas le temsde s’occuper de ces minuties, prennent leparti d’entourer le bas des tiges de leursarbres précieux , de rouleaux de laine debrebis nouvellement tondues : d’autres en-duisent ces tiges de goudron ; cependantcomme le goudron nuit d’ordinaire auxarbres , je ne puis recommander cette der-niere pratique. Mais un des bons moyensde chaílèr bientôt ou de faire périr lesfourmis , est d’arrofer fréquemment 1erpieds d’arbres & tous les endroits où ellespeuvent aborder , parce qu’il n’est rienquelles craignent plus que l’eau. Si partous ces divers stratagèmes, & autres sem-blables , on ne détruit pas ces insectes, dumoins on en éclaircit beaucoup le nombre ,ou on les éloigne des arbres dont la conser-vation est importante. (Z). J.)

FoURMI, {œifç de) Hifl. natur. c’estle nom populaire qu’on donne à ces petitesboules blanches qu’on trouve dans les nids& cellules de fourmis , & qu’on supposecommunément être les œufs de cet insecte ,faute d’avoir considéré que ces œufs fontplus gros que l’animal même qui leur au-roit donné naissance.

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Cette idée vulgaire n’est donc qu’uneerreur grossière. Aussi les naturalistes mo-dernes ont démontré que ce ne font pas !àde purs & simples œuls d e fourmis , maisles jeunes fourmis même emmaillotées dansleur premier état d’accroiísèment ; ou plutôtce sont tout autant de petits vers envelop-pés dans une coque très-mince, composéed’une espece de soie que les fourmis tirentde leurs corps, comme font les vers à foie& les chenilles.

Ces vermistèaux semblent à peine re-muer dans ce premier état ; mais au boutde peu de jours, ils montrent de foiblesmouvemens de flexion & d’extension : alorsils commencent à paraître comme autantde tìls jaunâtres, & croissent fous cetteapparence, jusqu’à ce qu’ils aient atteint lagrosseur naturelle de la fourmi : ensuiteIorsqu’ils ont subi leur métamorphose, ilsse présentent sous la forme de fourmis yavec une petite tache noire près de l’anus.j Lbuwenhoek croit que cette tache estl’excrément que l’infecte a rendu par cettepartie.

Le docteur King a ouvert plusieurs deces prétendus œufs ; & tantôt il a vu le ver-misseau dans fa premiere origine, & tantôtil a trouvé que ce vermisseau avoit déjàcommencé de reVêtir la forme d’une four-mi , montrant fur la tête deux petites ta-ches jaunes à l’endroit des yeux, & quel-quefois ayant déjà ses yeux aussi noirs quedu jayet. Enfin il a souvent trouvé sousl’enveloppe transparente les fourmis par-venues à leur état de perfection, & cou-rant immédiatement après au milieu desautres fourmis.

Les œufs dont nous venons de faire l’his-toixe, sont portés par les fourmis chaquematin en été au haut de leurs fourmillieres ,où les meres les laistent pendant la chaleurdu jour à l’exposition du soleil : mais dansles nuits fraîches, ou lorsqu’elles craignentla pluie , elles les tranlportent au fond dela fòurmilliere, & 11 avant, qu’on peutcreuser jusqu’à la profondeur d’un piedsans les rencontrer. Quand on renverse cesfourmillieres , on voit toutes les fourmisoccupées à pourvoir à la sûreté des œufsqui renferment leurs petits ; elles les em-portent en terre hors de la vue, & recom-mencent